Pendant le weekend

Carnet de voyage(s) #14

C’est l’occasion qui a été à l’oeuvre pour Londres, le week end suivant, mais pour celui-ci, il n’y avait que l’envie de voir autre chose, un soir si on y allait, un soir pourquoi pas, des années bien des années plus tard, et écrire les circonstances, les lieux les décrire, écrire et décrire pourquoi faire ?  Ce n’est pas tant qu’on se pose la question, mais simplement qu’elle est là et que garder quelque chose, une trace, un souvenir, une mémoire est une nécessité pour simplement continuer. Peut-être. En tout cas, le musée d’art moderne était fermé.

 

Seules quelques toiles, dont celle de Roman Opalka.

(les couleurs sont de l’auteur de la photo), on n’a pas songé à prendre ne serait-ce qu’un seul de ces chiffres qu’il aimait à écrire, jour après jour. Le musée d’art moderne, ce sera tout.

En son entrée (mais la part du musée moderne est fermée), on trouve la photo probablement de la Reine (je crois qu’elle se prénomme Paola) (j’en suis resté à Fabiola)

puis dans le grand Hall, la statue d’un de ses ancêtres (ou de celui de son mari, c’est la même chose)

Il y a dans cette enceinte le musée Magritte

dans lequel on entre par le troisième sous-sol, on remonte, on admire un peu (j’ai tellement pensé à Paul Delvaux, à Yves Montand , aux trains…), parfois une merveille (beaucoup de merveilles)

puis on remonte.

Une banquette en vis à vis

on tourne la tête, vers le hall à droite, de retour

on sort; on re-rentrera le lendemain, admirer « la Chute d’Icare »

d’autres encore

un assassinat (celui Marat représenté par David, publicité pour la Révolution)

ce qui fonctionne, c’est le reflet de la lumière sur l’uniforme fond noir du tableau

parfois un voile, une rue au loin

ou une autre perspective de la place Royale (certainement), ici tramée

là naturelle

un ciel clair et quelques nuages simples

croiser une fenêtre avant de s’en aller vers la ville

un hall, un escalier, le paysage, la perspective

une ville, au loin, l’Atomium

mais une ville sans fleuve (comme le disait le Tourne à gauche, alias Dominique Hasselmann, le rapportant de Baudelaire), mais oui, sans fleuve

un peu grise, froide et étendue

en descendant, sur la gauche, on croise la friterie de La Chappelle

(grand cornet 2,20 euros), le vent coupe les gestes, mais n’importe on marche, on croise la porte de Hal, on remonte vers Saint Gilles

une femme et son chien (sorti du cadre)

Ernest Blérot, rue Vanderschrick

au coin, une brasserie faussement d’époque, toilettes à l’étage où c’est Duchamp qui propose le menu

(l’homme a  de la lecture), redescendant on voit un couple manger un américain (c’est ainsi qu’ici est nommé le steak tartare)

même menu pour cet autre

et pour cet autre encore (il a fini…)

tous servis avec des frites, il fait frais, on  marche, et retournant vers le centre, un marché aux puces authentique

le soir viendra, retournant en ville donc, la grand place animée d’une présentation électrique, belge et mièvre, musiques absconses de publicités, adaptées à une sorte de goût du jour onctueusement démagogiqque

la police en deux langues, la grand place enlaidie de toc mais surveillée, la police à cheval aussi, les photos d’une lumière dégoulinante, on s’en va, on s’en va

d’un éclair, on a rejoint Paris.


 

 

 

Share

3 Comments

    Encore une nouvelle escapade : tu ne tiens pas en place (de Brouckère)?

    J’ai aimé revoir le musée Magritte et certaines de ses toiles (visité en février 2010 mais j’avais mis peu de photos de L’Irréductible d’alors), et puis la belle image tramée, les cieux… Ernest (!) Blérot qui a pris son envol dans les contorsions (ou les loopings) sculptés, l’allusion à Duchamp…

    Tu donnes envie de manger des frites avec une bonne Gueuse !

  • plaisir de suivre vos pas et vos yeux partout ou presque et de se souvenir avec diffrences

  • J’ai retrouvé la petite vidéo que j’avais mise en ligne sur L’Irréductible : à la fin on aperçoit quelques images de Magritte lui-même, dans le hall d’entrée du musée.

    Je me souviens avoir été suivi en permanence, durant la visite, par un gardien qui avait dû voir un moment que j’avais sorti mon appareil photo : tu as eu plus de chance que moi.

    Mais le tableau de la maison au lampadaire demeure toujours dans son énigmatique beauté.

Laisser un commentaire