Pendant le weekend

Vases Communicants #54

 

Grand plaisir de retrouver Brigitte Célérier pour ce Vase communicant où elle flâne pour un moment dans son ancien quartier de Paris, tandis qu’elle accueille sur son blog Piero Cohen-Hadria. Qu’elle en soit ici remerciée. Bonne année à toutes et tous.

 

 

Rue de la Roquette

 

vase janvier 1

le bus emboque,

estuaire discret, la rue

de la Roquette,

j’y goûte le temps perdu,

les piétons nous dépassent

un libraire en allé, une librairie neuve, restaurants chinois, japonais, thaïs, épiciers arabes, cafés, on arrive dans mon ancien domaine, je descends

2pour vase théâtre_Fotor

jour, trottoir vide,

devant théâtre, passants,

bouquiniste mort,

souvenirs s’entrechoquent,

attentes, écoutant, fumant

3ex terrain vague_Fotor

un coin vert serti

entres façades, vivant

mais sagement clos,

notre combat réussi

le vide sauvegardé

4Voltaire

la tête est restée.

Blum, sa rose dans le dos,

a déménagé

Sages tournent les autos

un nouveau rond-point très laid

5métro_Fotor

en août s’est vidée

la terrasse du Cadran

derrière métro.

Les cafés d’après marché

pauses dimanche matin

6pêche_Fotor

le poissonnier bleu

entre le bon fromager

et des légumes

y choisir un gros rouget

pour que mange mon père

7vase janvier 12

rose doux et vert

la façade qui se joue

de la symétrie,

jamais je ne comprendrai

le goût que j’ai pour elle

8St Honoré_Fotor

un bazar profond,

le gentil ridicule

de mon pâtissier ;

pâte un peu brûlée, crème,

les tartelettes aux fraises

je me souviens d’en avoir apporté, après une opération, aidée par la fille des patrons qui a dû prendre la suite maintenant, eux et moi avons vieilli ensemble, deux plateaux aux infirmières de la clinique proche

9vase janvier 14_Fotor

portail et pigeons,

les restes de la prison

ouvrent sur jardin

debout en partie haute

livre sur buisson, lire

10vase janvier 15

les arbres, trois bancs,

deux terrasses, et Ali

dont ne sais vrai nom,

Porte verte, une cour,

un escalier, mon taudis

quatrième étage, entre deux cours, près de quarante ans, souvenirs durs de la fin, partir par fenêtre ou au loin

 

Textes et photos : Brigitte Célérier.

 

 

Les autres échanges se trouvent ici réunis par Angèle Casanova, dont on loue la gentillesse et l’efficacité.

 

 

 

 

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8 Comments

    MERCI

  • souvenirs qui forment ces belles crêtes dans le présent…un endroit, un quartier et notre vie qui y prend ses racines de petit matin.

  • Blum s’est retrouvé sur la place qui porte son nom… Oui, les choses ont changé, c’est dans leur ordre.

    Le rétroviseur appartient aussi aux piétons…

  • belle promenade dans la densité du temps et des souvenirs…

  • Beau pan de mémoire ouverte, compacte mais touffue.

  • Au carrefour de la rue Saint-Sabin bifurquent mes propres souvenirs qui ensuite tournent à main gauche vers la rue Sedaine

  • C’est beau, et la finesse poignante des détails dont on ne sait rien mais qui affleurent tous avec les nôtres là-bas, les rues qui deviennent aussi un peu à nous, merci Brigitte

  • un très grand merci pour vos lectures de nos vases

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