Pendant le weekend

2. Hôtels Modiano

 

 

Il s’agit pourtant de littérature (aussi) : une liste pourrait se réduire à quelques items, et puis quelques photographies illustratives, mais est-ce, serait-ce tout ? Impossible : les lieux, quels qu’ils soient, remémorent quelque chose, on ne sait pas quoi, sans doute pour chacun-e est-ce différent, mais ils ont cette aura, la photo de l’entrée de la rue Bayard, par exemple (mais toutes les images provoquent de tels étonnements) cache peut-être les travaux de remise en état d’un hôtel ? (rue Lincoln, il ne se trouve point d’hôtel, mais un cinéma trois salles). De même pour le Chicago de la rue de Rome, qui sent un peu quelque chose de fabriqué (la longueur de la rue peut dissuader de l’explorer, mais on trouve quelques officines, qui changent de dénomination au cours des quelques années précédentes). Littérature, géographie, voilà qui fait penser au travail de Mathilde Roux, « L’usage du monde » dont on proposera ici une sorte d’avant goût, pour commencer.

L’usage du monde #1 (20/20) (c)Mathilde Roux

 

2. Castille rue Cambon, Paris (1)

(250 e la nuit, dans une rue qui voisine le palais de l’Elysée et les Trois Quartiers, grand mag de plus ou moins luxe sans doute devenu – s’il existe encore…- plus chic que l’ex-Samaritaine). Mais Paris, comme on le connaissait, comme on l’aimait aussi, ce Paris-là meurt sous les coups redoublés du commerce, du luxe, du tourisme et d’un embourgeoisement futile et avide…

Point de Chateaubriand rue du Cirque Paris 8 – pas rue du Cirque en tout cas ( en revanche, un palace La réserve au coin de la rue et de l’avenue Gabriel, 1200 e la nuit, excuse-moi du peu – photo, pas photo ? pfff… ce n’est pas qu’il se cache, mais enfin on ne fait pas dans le clinquant – zéro néon/chrome/buis/affiche/annonce d’étoiles etc…

le type au chapeau rond, (voiturier, groom, larbin…) qui regarde passer le robot

à moins que ce ne soit une future cliente ? Peu importe : voilà quelques années de cela, l’enseigne a changé de main : ici en 2008

puis en juin 2012

il y en eut pour un moment, puisqu’en juin 2014, on en était là

continuant, le satellite garde en mémoire une image datée de 2017 mais qui reste fausse (on distingue les nombreux artefacts du robot, c’est moche, mais ça donne une idée de l’ampleur du bazar et du retour sur investissement nécessaire)

pour qu’en juin 2015, on ouvre

c’est propre c’est modernisé spa et compagnie, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de clients, mais ils sont au balcon

ce doit être l’attitude du type, bras croisés qui fixe la camera qui ne m’inspire pas une clientèle mais plutôt quelque chose du service, du personnel, de la surveillance un peu comme cette image-ci

c’est le mois d’août 2015, on a laissé le chapeau melon sur le comptoir sans doute, mais on fait gaffe…)

 

Chicago rue de Rome, Paris 17 – disparu ou il n’en fut jamais, on dispose cependant d’un Champlain au delà du boulevard des Batignolles

(99 e la nuit) devenu Mercure à 120, tu comprends le service…

on a  viré les drapeaux, ça va comme ça, et plus haut sur la rue, au croisement du Pont Cardinet

un Villa Eugénie (à 189 e la nuit quand même…).

Plus loin, Lincoln rue Bayard, Paris 8 – disparu (une des plus belles photos de robot qu’on puisse avoir des « beaux quartiers », en travaux, éternellement car quand le bâtiment va, les affaires aussi tu comprends bien)

Puis auberge Robin des bois, Jouy-en-Josas

une auberge, ici, je ne sais trop pourquoi (il y en a une autre, plus loin : peut-être les personnages y dorment-ils, connaissant les propriétaires – ce qui arrive fréquemment) en tout cas, pour le menu

capturé sous le regard de l’arroseur, treize euros franchement ça va encore (apéritif maison offert le midi, saut le week-end) (dommage, ici c’est pendant le week-end), entrée plat, dessert plus verre de vin (uniquement le midi, certes, et pas le week-end non plus) (pas facile la vie de salarié, des fois hein).
Ensuite, de la Paix, à Vichy (un Hôtel de la Paix, à Gerardmer, situé au 6 de la rue de Vichy) (y’en a point) (y’a bien un célestins)  ça n’existe donc pas, il y a celui-ci (Aletti)

(123 e) bof. C’est compliqué cette histoire, les hôtels ne sont peut-être que des champignons : ils viennent quand il a plu, puis disparaissent ? Celui qui est Zaharoff, avenue Hoche Paris n’existe pas : sur cette avenue il est un établissement qui se présentait ainsi en 2008 (Royal monceau, 1224 euros : mais oui, rien sans rien)

 puis en 2009

en travaux (le prolo, noir, est en train de mettre au point ce qui permettra de multiplier les tarifs par) puis en 2014

type au chapeau en manteau long-redingote qui accueille le pékin fortuné, l’autre derrière genre groom à la pochette pour les bagages enfin le kit, qu’on retrouve assez proche une année plus tard

le monde change et bouge, les places restent immuables (tant que je me demande si les dates données par le robot ne sont pas quelque peu frelatées – ce qui n’aurait rien de d’étonnant venant de sa part) (encore que le possessif en cette occurrence soit assez excessif, il ne possède rien).

Du Mont Blanc, Megève (impossible à voir mais 534 e la nuit cependant -le robot n’a pas le loisir d’entrer dans le centre ville piétonnier de cette charmante bourgade – il me semble que ce premier ministre – ses chaussettes dégoulinantes surtout je me souviens –  y avait une  retraite quelque chose) (nausée, certes) (il avait aussi de la morgue et un menton tombant) (il semble exister en tout cas _ l’hôtel, pas l’ex-premier ministre).

Il semble aussi qu’on fasse du tourisme, on va ici, là, en banlieue… Lauberge du Fruit défendu, à Bougival

c’est là, puis de l’autre côté de la route, la Seine et l’extension

(par à Nanterre, par là-bas Bougival, en face un golf sur l’île, non mais quoi) puis la deuxième extension

si on y tient, il y a même des images intérieur, ici sans foyer accueillant et chaleureux – mais enfin il est prêt, il n’y manque qu’une allumette)

(on remarquera les verres à eau et à vin de forme différente qui impliquent une classe particulière, laquelle se répercute immédiatement sur les tarifs proposés, jte parle même pas des serviettes pliées coniques àlak ni du « puits de lumière ») pour la suivante, on a allumé le feu quand même (comme dirait Johnny, paroles Zazie – aka Isabelle Marie Anne de Tuchis de Varennes (je ne peux pas inventer des trucs pareils)

musique Obispo, j’en passe et des meilleures) (c’est mieux, avec le feu, avoue…)

Vient ensuite Alsina, avenue Junot Paris 18 : n’existe pas ou plus ou n’importe : on trouve quand même cette charmante propriété (photo non contractuelle, mais posée là sans doute par quelque âme charitable mais bucolique – en plein Paris, Montmartre d’accord mais quand même – tu te rends compte ???) (addenda : l’Alsina est retrouvé il se trouve en bas de l’avenue -il se trouvait – puisqu’il revient, on le verra -en l’état contemporain- dans le numéro 3 de la série)

(282 usd dit la chronique, une photo de la propriété : sinon le robot n’y va pas) (294 euros) .
Une sorte d’envie s’empare du chroniqueur, car enfin ces établissements, pour qui sont-ils mis en place, et entretenus ? Il ne le sait, il le sait trop, il veut s’en aller ailleurs. Non, termine. Ainsi le suivant, toujours détesté ce type de construction , le Royal, Deauville (commence à 212 finit à 2470) (appartient à un cabaretier reclassé en homme de casino)(le buis au premier plan, si bien coupé au cordeau cache, subrepticement, une piscine : l’eau de la mer est froide et loin et le vent et la plèbe)

celle-ci va mieux, avec les volatiles

qui veillent au ciel (le contrechamp c’est la Manche ou la mer du Nord, jamais su, ne veux pas savoir, déteste ce lieu – il y avait Marguerite aux Roches noires, je crois du même tonneau que ce truc, là) (je ne cherche pas).
Enfin, pour ce billet d’une longueur insolite et impossible (mais un prix Nobel, quand même) sans nom, coin Raspail Boissonade Paris 14 : il y en a deux, des coins le premier

la rue Boissonnade (le coin, un garage – il y avait aussi le garage Junot, j’ai oublié) est parallèle à celle dite Campagne-Première (ici l’autre coin

cette petite môme en blanc qui traverse, ça vous a quelque chose quand même…) dans la rue parallèle courait Bébel, Daniel Boulanger en inspecteur de police, lui tirait une balle dans le dos, il mourait, et Jean Seberg s’approchait, juste là, quarante mètres plus bas, en disant « mais qu’est-ce que c’est dégueulasse ? » (« A bout de souffle », Jean-Luc Godard, 1960)

 

Share

5 Comments

    est ce que j’ai rêvé d’y aller ? euh peut-être pas

  • @brigetoun : dans ces palaces ? il y a quelque chose à Paris, de l’ordre du luxe pour ces hôtels à prix faramineux, qui est assez nauséeux (qui fait penser à ce « caviar » dont une certaine gauche a été taxée) (celle-là même, j’en ai peur, de laquelle la municipalité se revendique – tour triangle porte de Versailles ou jeux olympiques, ce genre de fuite en avant assez inconsciente…)

  • Les Trois quartiers où je m’étais une fois acheté un sac (je vous parle de cela mais c’était il y a bien 40 ans) n’existent plus, à ma connaissance.

  • L’arroseur, je le préfère chez les Frères Lumière, quand il est arrosé : l’image est nette !

    (et attention à une possible indigestion d’hôtels, pour des restaurants, on comprendrait…)

  • @L’employée aux écritures : en passant un jour j’irai voir… Merci du passage (je n’ai pas commenté la photo de la pointe Cardinal aux angles droits et boisés, mais je suis allé voir le prospectus (« interactif ») du promoteur immobilier et ça vaut son pesant d’or – on n’y indique pas le prix du mètre-carré mais on peut subodorer la grosse blinde…)
    @Dominique Hasselmann : on sait ton peu de goût pour les images robotesques, mais l’indigestion possible se poursuit durant quatre ou cinq billets… un alka selzer(c), peut-être ?

Laisser un commentaire