Pendant le weekend

Variations sur Variétés parisiennes (étayage)

 

Merci à l’Employée aux écritures de tenir un compte des faits de la rue (ici boulevard) qui nous importent : au bureau des Variétés Parisiennes, nous aimons à étayer ses dires (il vaut mieux, dans ces âpres combats que nous menons, ne pas s’embarquer sans biscuit). Or donc, la Poste (on doit à la vérité de reconnaître, cependant, que ces bureaux-là ne sont pas à proprement parler des officines où on aime aller – les vieilles lunes de l’interminable attente et de l’indisponibilité proverbiale des agents sont sans doute moins d’actualité, on le reconnaît aussi, mais les méthodes de management qui y ont cours déplaisent profondément (un exemple au hasard)) et ses boites sur la rue fut un service public (ces deux mots accolés dans la nouvelle disposition de l’Etat – à sa tête et bientôt dans l’une des chambres l’horreur libérale la plus éhontée – ont un goût fané, fade et indisposant : l’Etat s’emploie, donc, dans son indignité la plus crasse à dégraisser d’emplois ces services-là – pour la sécurité sociale, attendre quelques semaines).

Mais laissons la place à un peu d’histoire illustrée.

Ici, une des merveilles due à un de nos contemporains (l’objet fut traîtreusement remplacé, assez rapidement, puis ôté de la voie publique -coin quai de Seine-rue de Flandre, 19)

On a immortalisé le côté aussi

On a bien entendu que l’attachement s’exerçait plus au contenu qu’au contenant, aux yeux de l’Employée , mais avec sa permission, abandonnons les lettres, pour passer aux images automatiques.

Un échantillon en date d’avril 2008 (on peut noter la porte d’accès aux entrepôts ouverte, si on veut):

comme on voit alors elles étaient trois (peut-être même quatre…), le distributeur automatique (si seulement c’était vrai) de billets de banque est en service aussi (on s’éclipse

la dame a pris son argent); ces trois (ou quatre) boites perdurent un moment puisque

en février 2009, elles y sont toujours (on peut parier que le type chapeau sac mauve au dos bleue béquille attend que l’autre ait tiré du pèze pour tenter de lui en emprunter pour toujours, mais laissons-les à leurs occupations) les boites ont changé

en septembre 2010, elles ne sont plus que deux mais parviennent à troubler le robot (celui qui prend les images est, cependant, repéré par l’homme en costard sombre qui le montre à son ami costard tout autant) : des bouches, des yeux, des visages ? (porte fermée) (remplacement opéré sans la moindre pensée esthétique pour le mur de la ville…)

une seule, ou les deux (porte entr’ouverte)

ou alors innocentes mais de l’autre côté du boulevard (porte fermée)

elles sont bien là, l’enregistrement a lieu jusqu’en juillet 2016 date à laquelle on illustre par une espèce de feuilleton (sourions, car nous sommes épiés) :

voici cet homme en veste blanche et pantalon beige

qui s’intéresse à ces objets (dans ses mains deux plis, derrière lui un type sac à dos essaye de prendre des sous)

pourquoi celle de gauche ? sans doute une destination spéciale

voilà qui est fait (derrière lui, le type sac à dos patiente)

nous autres vaquons, l’opération se termine, on s’éloigne

et notre homme aussi (droite cadre, le type chargeait sa voiture de litres d’eau, il monte, il s’en va mais il n’est guère dans le feuilleton)

tandis que veste blanche pantalon beige en a fini, mais le jeune type non

on n’y voit plus bien, on distingue seulement, il attend son pèze, l’autre s’est tiré… et pendant ce temps-là, les boites en sourient encore (portes fermées)…

 

 

 

 

 

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2 Comments

    Merci à vous d’approfondir et d’imager la question et son historique !

  • superbe la première
    s’ajoute à cela : ici plus que deux bureaux et dans les deux beaucoup de place pour la banque et un petit guéridon haut sur jambes pour le reste devant lequel on s’agglutine sans pouvoir s’appuyer ni s’asseoir… plus la clim.. épreuve physique qui me fait redouter d’avoir à envoyer ou pire que quelqu’un m’offre quelque chose (en hiver ça va, le facteur repasse de lui-même.. ami)

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