Pendant le weekend

Dix huit cinq cent cinq

 

 

c’est qu’à l’évidence il n’y a pas de sot métier (ce sont les évidences qu’on a à mettre en question) dans la rue vers 9 heures hier soir (il fait encore bien jour, pas vrai)

on doit à la vérité de dire qu’on l’avait vu entrer (le code de l’immeuble inscrit sur son écran), il avait attaché son instrument de travail au poteau (cet instrument de travail qui lui appartient et qu’il le met au service de son emploi) ( ce type d’emploi est rarement occupé par des femmes)

je ne sais pas exactement ce qui m’est le plus insupportable dans cet état des choses du monde moderne : ce recours systématique au système d’internet

plateformes-startuper-vocabulaire nauséeux et encouragements du pouvoir en place (« tout le monde veut être milliardaire », « travailler plus pour vous payer un costume », « des gens qui réussissent d’autres qui ne sont rien », toute cette vulgate immonde) ou l’excessif volume que cet homme porte sur son dos ou encore

le recours à ces services (comme on dit : il n’y a pas loin du service à l’esclavage, la force du corps pour parvenir à gagner quelques euros, louer et son corps et ses outils, la jeunesse nécessaire à cet état de choses) pour rester chez soi, se faire livrer à domicile un repas qu’on nomme « junk food » ou « bio »; le sens supplémentaire de la livraison en vélo (on dirait un pousse-pousse) – ça ne pollue pas, sinon que le type est évidemment la proie et de son travail, et des conditions de circulation : qui respire les miasmes ? (il n’a qu’à mettre un masque ? on n’a qu’à livrer par drones ?) : ainsi, gagner le temps nécessaire au visionnage « binje » de sa « série » préférée – émaillée de pub abjectes pour ce type de « services » sans doute. Typiquement urbain, en tout les cas.

Sans doute vaut-il mieux cesser.

Tout à l’heure, on ira travailler aussi, louer son corps et son esprit, gagner sa vie pour ne pas la perdre, faire ce qu’il faut. Non, pas de sot métier, sans doute. Au ciel, une hirondelle…

en lecture « La maladie de Sachs » (Martin Winckler 1998) adaptation cinématographique par Michel Deville.

en dvd « Before the devil knows you’re dead » (Avant que le diable sache que tu es mort) en français « 7h58 ce samedi-là (Sidney Lumet, 2007« ) parricide/matricide plus infanticide (deux fils tuent leur mère, le père finit par tuer/achever l’aîné) , on est dans le tragique – tout ça pour quelques dollars… Dur dur.

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1 Comment

    éviter d’avoir recours à cela, parce que se sentir coupable chaque fois (et en même temps c’est un travail… est-ce mieux que rien ?)

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