Pendant le weekend

Sur les pas (1) : un autre tour du monde

 

Dans la première livraison (qui en compte 4 aujourd’hui, le reste viendra) des textes écrits par Tanguy Viel et son comparse (à moins que ce ne soit l’inverse) (le comparse : Christian Garcin), j’ai, après un signalement sur facebook par François Bon, relevé cette phrase (hélas, on ne peut plus lire ces pages, elles ont été ôtées du site, je m’en aperçois aujourd’hui – 18 juillet 2018 – alors que le voyage se termine… bah):

« …

nous ne sommes peut-être pas autre chose que le regard arrière que nous produisons sur nous. »

La conjonction m’a plu (je pense la même chose, sans le « peut-être »), la mise en place d’une réflexivité (laquelle se mue en réflexion dans : « …certaines complexions, dont je suis, se réfugient plus volontiers de l’autre côté de la langue, je veux dire, à l’intérieur de soi, retournant la caméra qui nous sert de conscience sur les parois miroitantes de sa pensée.« ) se renouvelle donc, et je suis comme je suis (le bateau s’en est allé, Marseille, Barcelone, Valence (on n’entendit pas parler du rocher de Gibraltar – sans doute ne sont-ce pas des touristes) la traversée de l’Atlantique, puis New York (dans la brume))

La question de savoir s’il faut poser en italique les citations vient du fond de l’imprimerie et des âges (on prend, on s’empare, on fait sien).

C’est une manière, la mienne – peut-être pas exclusivement – de poser, dans les pas d’autres, les miens. Il ne m’en revient d’ailleurs rien, sinon une espèce de compagnonnage indifférent, désaffecté et trouble. Peu importe : faire et faire encore. Et donc, j’ai choisi pour ce nouveau feuilleton, de prendre un peu ici (chez mr.Viel, dont j’ai lu quelques ouvrages), ou là (chez mr. Garcin dont il ne me souvient pas d’avoir lu quelque chose) (ça ne m’en (dis)qualifie de rien, pour autant : les choses viendront dans leur temps, sans doute, l’homme publiant chez gallimard voit ses titres repris en folio et je ne déteste pas cette maison spéciale si pourtant je n’en goûte pas la mère), d’illustrer comme j’aime (street view – sur les eaux, ce sera moins aisé mais qui sait ce que je trouverai ?) et vogue la galère (cent jours, qu’est-ce sinon la durée de mon traitement des voies respiratoires ?).

Un peu à la manière du premier tour du monde de pendant le week-end (il en comptera désormais deux)

Vogue…

 

1. Marseille – 13 avril 2018 – le port, les pontons, un peu de soleil sur l’eau, la lumière aussi – on ne sait l’heure du départ, non plus que le contenu des conteneurs containers – je me souviens du notaire du havre et du cadre attendu comme on attendait celui qui venait de Carthage

sans doute devrais-je relire les mots des auteurs et analyser les conditions de production d’un tel voyage. Une feuille de route comme disent les ministres, quelque chose comme un programme, un besoin d’éclairer. Qu’est-ce qu’on mange ? (on sait qu’il y a deux salles à manger : qui prépare les repas ?). Un tel voyage, de loin, apercevoir, ne pas tenter de trop vouloir en dire ou faire, se borner et se contraindre à poser ici les questions qu’on se pose – à eux, peut-être – sans doute pas : n’attendre jamais – poser les choses ensemble.

 

2. Barcelone – 19 avril 2018 –

j’y fus par deux fois (en avion), pas vu ce port-là – seulement quelques avenues, Miro, au loin sans les voir, les îles. Partir loin, et les autres ? Le bruit des moteurs (on en parle), les éléments déchaînés, et puis les relations – il ne s’agira que de quelques jours. Repartir encore, ne faire au fond que ça.

 

3. Valence – 14 avril 2018 –

Il peut faire beau comme moche : cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer (c’est une chanson, mais qu’en est-il de ceux qu’on aime ?) (ici image recadrée de Toni Blanchi)

Je ne devrais pas, mais c’est toujours la même histoire (est-ce la mienne ? je ne devrais pas) je me demande dans quelle mesure je n’ai rien d’autre à faire. C’est mon travail, dis-je pour me rassurer.(celle-là de Jesus Romero)

Il tient au coeur de restituer à l’auteur de l’image son droit de propriété (mais que peut-on bien en avoir à faire ?) (châtier le langage) (ici José Antonio Cejudo)

On s’en va, déjà trois jours de mer, et la traversée de l’Atlantique, Gibraltar comme le surnom de l’ami de Georges Brassens, son rocher et sa famille royale (la sainte famille royale, protestante s’il en faut, STGME2 toute d’anis – c’est un vert un peu passé – vêtue, un petit plumeau dans un bleu profond à la tête, courbée par les ans, suivi de son philippe de mari prince consort, c’était hier, on ne s’intéresse pas, non, mais tout de même Meghan si souriante, son barbu d’harry de nouvellement mari au volant d’une décapotable bleue et elle métisse, on ne met guère de majuscule aux prénoms des hommes) et Valence est déjà loin.

Addenda de 8h24 : vue des Acores (l’une d’entre elles, Corvo) depuis le cratère : l’Atlantique nord (droite cadre Ilha das Flores) (Lorenzo Piazzi)

 

4. New York – 7 mai 2018 –

Il faudrait regarder où accoste le CGM CGA Puget – mais il y a longtemps que ce bateau (70 mille tonnes) a rejoint la Méditerranée – il est à présent, il me semble, à Livourne, passé par Malte, on sait des choses sur ces croiseurs : il bat, par exemple, pavillon portuguais) (il y a quelques mois, la rubrique interrompue JASQ j’aime savoir que) ( il y a quelques mois, le chapitre des centrales) ici le pont Verazano sur l’Hudson, et ce pêcheur, son vélo ses lignes

la terre ferme, comme on dit, et les autos…

Je regarde, je reviens. Et plutôt que Louif C. (cette ordure) ou Franz K. je préfère Christian B. et Georges P.

On est revenu sur un bateau, au fond de l’image (mais alors tout au fond), sans doute là où accosta le porte-containers/conteneurs/cadres (et il me souvient aussi de la CNC compagnie nationale des cadres, du quai de la Gare, filiale de la SCETA où, durant de nombreuses semaines, je repérais où et quand on posait cette caisse-là ici, cette autre là (le jeu d’échecs, qui comporte 64 cases, voit donc sa nomenclature cesser à la lettre H)) : le flambeau (et non l’épée, où ai-je lu l’épée ?) le selfie comme on dit, le tourisme, une jeune fille – tout le kit… – qui saura jamais qui elle est ?

A la prochaine.

(prime: doublette)

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1 Comment

    ainsi nous ferons le voyage trois fois (et pour une fois pouvons savoir qui dit quoi ce qui n’est pas toujours le cas avec les voyages de Christian Garcin)

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