Pendant le weekend

10 janvier 1047

 

 

 

un peu comme au notulographe (lequel note les livres lus par les voyageurs du train qu’il emprunte pour aller au chagrin) il arrive que le populaire laisse voir ses lectures au paparazzo (parfois ces livres sont recouverts d’une pellicule opaque, ou de cuir amovible, et cette pratique m’apparaît hypocrite et insensible) : ici un jeune homme qui lit (semble-t-il) un des brûlots de ce début d’année (jamais lu cet auteur, Dieu merci comme disait ma grand-mère maternelle – ah Malou…- il parait que son éditeur a mis en place quelques centaines de milliers d’exemplaires de ce nouvel opus – c’est du moins ce que m’a rapporté quelque borborygme d’égout – on dit beaucoup de choses, on invite aux matinales peut-être bien culturelles, on emballe le bébé, on le lange, on l’apprête – je lisais aussi le pedigree de son agent dans un quotidien : l’orchestre va bien, on sait faire et moi-même je me fais l’écho de ces turpitudes – ainsi va aujourd’hui le martèlement du monde industriel et culturel mais tout de même commercial – en un mot l’ordure)

c’était sept heures du soir en rentrant du taff, mon flash se mit à fonctionner mais la lecture de ce contemporain n’en fut très heureusement pas dérangée – mon appareil se livre parfois à ces facéties : il se mit tout à coup à fonctionner encore, ce qui donne ce bleu de jean assez textile tissé

tandis que la maire d’ici renonçait à la gratuité des transports en commun – preuve à nouveau d’un courage à toute épreuve car dit-elle « l’impact serait marginal sur la qualité de l’air » : on s’étoufferait de rire si ce n’était si tragique…- et qu’était jeté en prison le boxeur de la passerelle Léopold Sedar Senghor

(cliché (c)robot d’août 17) (en liberté – car il faut sans doute que force reste à la loi – heureux et fier de lui comme de sa hiérarchie – le gendarme commandeur de Toulon).

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2 Comments

    pour la lecture suis comme vous et je pensais comme votre grand-mère, commence à me dire que j’ai peut-être tort et que devrais essayer… mais ma foi il y a tant à lire

  • Un type lisant du Houellebecq dans le métro : voilà le « pitch » du prochain Houllebecq : retour au miroir « sans teint » (le concernant), soubresauts de l’œil au gré des cahotements du wagon, regard torve vers le prochain paragraphe au lieu de dévisager une jolie femme de cinquante ans (tout le monde ne s’appelle pas Moix !), sensation de la course mobile des lignes elles-mêmes au gré de « la tourne » des pages, bruit des roues du serpent souterrain dans les virages – surtout à l’approche de la Morgue, vers Austerlitz, y-a-t-il encore un conducteur en tête de la rame (on ne va pas vers la BnF, ce repaire d’intellectuels gauchistes), l’Irlande est loin mais le mariage avec une Asiatique rapproche celui qui a fait « découvrir » la sérotonine avec l’autre, plume acerbe et animateur retors de télé qui fait seulement des choix « exotiques ».

    J’espère que Houellebecq lit ce blog, je lui donne gratuitement quelques idées pour la suite concernant son compte en banque.

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