Pendant le weekend

Carnet de voyage(s) #1

C’est partir le matin, tôt, après le taxi (50) l’autoroute A1, personne mais du monde sur la route.

C’est partir, et présenter ses papiers.

Les valises, les yeux embués, les habits et les lunettes de soleil, parce qu’on va au soleil.

On l’espère.

On attend les vacances, tout au long de l’année, parce que on travaille aussi tout à ce long, ou alors on a arrêté, on s’est arrêté, on attend la pension ou on la sait venir, on ne part plus, on attend ou alors à d’autres moments, les enfants ne sont plus à l’école les vacances et les sorties, les rentrées, les choses du monde, on attend et le temps passe alors comme un léger nuage, comme les villes qui s’en vont et qu’on ne reverra plus, loin dans le paysage, loin la cabine pressurisée, on sert du café, un petit paquet de trois biscuits au beurre, les directives et les mimes du personnel naviguant, le masque qui descend si la pression, sous les sièges quelques minutes d’attention le commandant de bord est heureux de vous recevoir vous arriverez dans une heure trente, il fera beau et chaud, il fera le temps qu’il faudra, il faudra alors reprendre les petites valises glissées dans les compartiments prévus à cet usage, remettre sa veste mais il ne fait plus froid, prendre ses lunettes de soleil car il sera grand jour, on posera un pied sur la passerelle, Turin, aéroport international, il fait beau, il fait chaud, les vacances

un peu partout, des drapeaux vert-blanc-rouge, l’unité de l’Italie il y a cent cinquante ans, Garibaldi et les « Camicie rosse » (les chemises rouges), une autre histoire, un  autre pays, Turin et la FIAT, les Agnelli et les « Brigate Rosse » (rouges encore ces brigades), c’est un pays qu’on aime, transalpin dit-on, péninsule, botte, Rome unique objet, et tout qui file avec cet autobus qui vient en ville, la gare de Turin, Porta Susa et

puis Porta Nuova, les trains, attendre un moment, aller boire un café, quelque part sur le corso Victor Emmanuel

des jeunes gens qui finissent leur nuit, des agents de police, on parle, la terrasse,

ils s’en vont et nous iront prendre le train. Je n’ai pas pris mes lunettes de soleil, j’en achète une paire sous les arcades, près de la gare, cinq euros.

 

 

 

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2 Comments

    Turin, belle ville…

    J’ai toujours aimé que La Repubblica s’écrive avec deux « b » (je n’oublie jamais d’acheter, dans ce pays, le journal du même nom, très épais, par rapport à nos feuilles de cigarettes françaises).

    Tu es allé en avion, nous avons pris la voiture pour Parme (nous étions basés à Ferrare), Mantoue, Ravenne, Vérone, Bologne… Trop de tunnels du côté de Gênes, quand même, et des autoroutes étroites.

    Mais beaucoup d’arcades (comme à Turin), de petites places et à Ferrare les souvenirs du film de Vittorio de Sica, « Le Jardin des Finzi Contini », entièrement tourné dans la ville de Giorgio Bassani (l’immeuble aux fenêtres à grandes grilles est toujours là, et les petits pavés ronds aussi).

  • @le Tourne-à-gauche : oui, on aime l’Italie par ici aussi (même si on agonit le minuscule qui y fait office de président), et Ferrare est aussi la ville où naquit Michelangelo Antonioni…

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