Pendant le weekend

Oublier Paris #33

Il y a d’abord eu cet article qui m’a intimidé. On pourrait voir dans ce billet une manière de réponse. Ce n’est pas tant que l’université m’intimide, mais l’érudition assez quand même. Malgré tout, après mes (un peu moins de quelque) douze lustres, à force de lire, probablement, et d’écrire un peu, d’écouter la radio, le journal me dire des annonces et de regarder cette ville, la mienne, défiler sous mes yeux, du métro  : ici, Nation-Etoile par Belleville,

Un des chantiers du Xème arrondissement, place de la Bataille de Stalingrad, pris depuis la rame

ou LIlas Châtelet, ou d’autres – mais les numéros, très peu pour moi : quand je pense qu’il a fallu des années et des années à des gens fort bien formés pour parvenir à convaincre certains édiles d’adopter cette numérotation des lignes, en toute bonne foi probablement puisque Paris est la ville « la plus visitée du monde » tout comme la France est la « première destination du monde », je me dis qu’il y a quelque chose de pourri dans ce monde dans cette ville et dans sa régie des transports… Evidemment, on n’abandonnera pas (certainement pas, pensez) le nom des terminus, mais on simplifiera avec des chiffres (et on s’en servira pour des campagnes de communication- on appelle cela ainsi parce que la « publicité » commence à avoir mauvaise presse) : on finira bien par oublier que celle-ci c’est Clignancourt-Orléans, et celle-là Balard-Créteil…
Enfin, pour ma part, ce sera non je n’oublierai pas.

Mais il y a eu cet article. Je suis, que je le veuille ou pas, que je l’accepte ou non, que je le revendique ou m’en défie, je suis un bloggueur (par ailleurs, l’orthographe de l’idiome n’est pas avérée, si ?). Dieu merci (comme disait ma grand-mère) (je l’aime toujours, celle-ci) je ne suis pas que cela, mais voilà, c’est mon cas (j’aime aussi mon père et ma mère, mais c’est une autre histoire). On n’ignore sans doute plus que l’un des participants de pendant le week-end (moi en l’occurrence) est sociologue dans la vie (on aurait tendance à vouloir la qualifier de « vraie » mais enfin, elle l’est). C’est mon métier et je l’use pour gagner ma vie. Ici (je suis l’heureux propriétaire du nom de domaine depuis quelques jours), c’est une sorte de danseuse (assez peu onéreuse, quelques dizaines d’euros l’an quand même, mais en effet). J’y pose des photos que je ne prends qu’avec mon téléphone portable (c’est mon appareil photo qui me sert à téléphoner et pas l’inverse).

Je passe ici

Un autre chantier, du XIXème : la devanture d’une maison d’habitation sise dans un magasin dont on a conservé la vitrine

et je prends une photo. Je (ne) sais (pas) qu’elle prendra place ici, et je m’en fiche. Je continue à marcher (un moment : c’était la nuit, à présent, c’est le jour…) : je monte la rue, je découvre cette plaque

j’ai acheté le livre écrit par ce bottier,publié chez l’Harmattan.(On voit, d’après le soin porté à la numérotation des immeubles, le travail de la municipalité – et surtout qu’elle ne s’en saisisse pas : Paris, ville lumière, mais pas pour tout le monde, évidemment). Je redescends cette rue, puis prends le faubourg. Au coin de celle de la Fontaine au Roi (côté XIème), voilà une autre histoire :

Paris, ville lumière (et comme j’aime le cinéma…).

Je travaille (je vais répondre à l’appel d’offre pour un baromètre des publics au centre Pompidou de Metz) mais je pose des photos et des propos. De la littérature, lorsque les vases communiquent. Et d’autres choses quand le coeur m’en dit.

  Ici l’enseigne d’un bar à vin espagnol (coin Louis Bonnet/Orillon) qui a fermé dans le quartier à cause de la chèreté des loyers (j’aime l’âne qui boit au fond)

Je ne compte pas sur le nombre de personnes qui viendront voir ce blog. Je ne compte pas non plus qu’on évalue (mais ça existe évidemment) la valeur de ce nom de domaine. Ce n’est pas un passe-temps, ce n’est pas un violon d’Ingres. C’est juste une façon de vivre avec ce que le monde propose et dégrade, dévalue et fait briller. J’aime de nombreux blogs que je lis, je commente, j’aime ma ville, j’aime le ciné et la musique. Je pourrais mettre une blogroll sur la droite de ce texte, un nuage de titres, sans doute bien des choses que je ne fais pas (j’ai un peu quelques difficultés avec la technique) mais j’aime voir ma ville, la parcourir et la photographier.

Cette photo dédiée à  Ruelles avec qui j’échange en janvier 

Qui lira ? Certainement des amis, que je connais ou pas. Qui commentera ? On ne sait jamais.

Quelques bloggueurs pensent que les commentaires sont inutiles sinon obscènes : je ne sais pas pourquoi. C’est égal, je fais ce que je veux. J’écris pour me battre contre la bêtise de ce monde que je connais, que je ne découvre pas, que je vois agissante dans la « vraie » vie. Je pose quelques mots pour informer de ce que je lis, de ce que je vais aller voir; ou ai vu; ce sera tout. On ne me rémunérera pas pour cela et le ferait-on que je le refuserai (c’est facile, ça n’est jamais arrivé…) : mais lorsque je lis l’article et que je découvre, encore à nouveau, le cynisme écoeurant de ce qu’on ne nommera plus, bientôt, les « grands médias » vis à vis d’autres personnes qu’ils osent dire « héberger » (je me souviens, du Chasse-Clou « hébergé » par Le Monde.fr), j’ai comme une sorte de haut-le-coeur. Quand j’entends d’autres personnes  par exemple ce matin, en voiture dans le poste, je ne sais pas qui disait que « comprendre Internet est une question de génération« , j’ai envie de pleurer ou de rire : connerie crasse d’un type d’une trentaine d’années probablement (c’était sur france inter, hier lundi un peu avant neuf heures – pouah), qui guigne la place d’autres plus vieux que lui : « nous entrerons dans la carrière, disait l’ami Léo, quand nous aurons cassé la gueule à nos aînés » . Ce qu’ils ne comprendront pas, c’est ce que cette pratique est inscrite pour une grande part en dehors de leur commerce, de leur forme de commerce (avariée), voilà tout.

Cette comédie, la (ma) ville qui se transforme et change, les expositions ou les films, et alors, quoi de neuf ?

Prescription(s) ? Beurk.

« Eléments de langage » ? A vomir.

Rien. Un bouquet de fleurs.

 

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9 Comments

    oh le joli billet se dit-elle après lecture trop rapide (bien ma chance le jour où suis pressée, mais j’y reviendrai)

  • Les amis lisent, oui, et commentent pour dire comme tout ce monde sensible est aussi le leur

  • Merci pour ce superbe mur ! (et surtout sa porte) (et le reste). Bien que peu versée dans l’art du commentaire, je me délecte toujours de vos déambulations. A bientôt

  • @brigetoun : toujours bienvenue ici Brigitte, et merci pour le boulot des vases…
    @ l’Employée aux Gâteaux au chocolat : on aime à partager avec vous
    @ Ruelles : rendez-vous dès l’année prochaine (la porte est bien, le cadre qu’on voit est pété, mais à l’intérieur, une photo satellite du bassin d’Arcachon)

  • Sur la première photo, j’ai reconnu la tête du type avec la croix au-dessus : Stalingrad, comme un cimetière de la mémoire et ses arceaux métalliques toujours vibrants.

    Je commente uniquement quand j’en ai envie, je bloggue (avec deux « g », ça fait plus d’origine) et merci de rappeler Le Chasse-clou, complètement effacé (à moins que…) de la circulation désormais, donc plus de référence à retrouver, cette vidéo de Jérôme Peignot chez lui, etc.).

    Oui, l’envie de remplir l’écran de notations, de photos, le plaisir quotidien ou hebdomadaire, dans ton cas, d’une excursion, incursion ou discu(r)ssion en dehors des chemins battus.

    J’enrage parce que mon appareil photo n’a plus de son pour les vidéos : retour au film muet façon Buster Keaton ? A creuser sur la pellicule, comme Kaurismäki le fait avec ce « havre » où il s’est amarré comme un ami finlandais mais proche.

  • j’y mets deux « g » alors… bonne année Dominique !

  • pierre, balade en tes lignes vôtres, amie qui lit, qui aime, qui goûte à ton paris écrit photos, qui se souvient des beaux échanges, de la rencontre en paris 14°porte d’orléans, alésia , de nos pères en balades aussi dans nos lignes d’écriture et de souvenirs vasescommunicants / à bien tôt presque tout à l’heure

  • Merci pour cette promenade photographique à la fois pleine de sensibilité et de sobriété, ce récit déambulatoire haut en couleurs dont le personnage principal est la ville. Pour des photos prises avec un téléphone portable, elles sont vraiment très réussies.

  • @maryse : oui à bientôt (pour les vases, on recommence quand tu veux)
    @sabine huynh : merci de votre passage…
    A toutes et tous, mes voeux

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