Pendant le weekend

Sur le bureau #13

Il y a cinq images sur le bureau.

La ville blanche

Bien plus, évidemment, je ne sais pas exactement où je vais les poser, parce que il y a des choses qui se travaillent. Il y a aussi des sons parfois, loin. Son rire. Il y avait aussi, dans le fond des tiroirs, des cartes postales un peu passées, l’emprise, il y avait aussi probablement un jardin, des fleurs, il y avait des animaux, le matin on se réveille et on voit que le jour est quand même revenu, c’est toujours le même, bien sûr, on est là les bras nous en tombent, bien sûr on les sent, ils sont là, les ans, et les vertèbres et la cinquième lombaire, le genou son ménisque, le pied gauche un champignon paraît-il, gratter, changer de position, se laver, se vêtir, le soleil dehors si brillant si loin, ce matin, il faisait beau et je me suis souvenu de cette chanson de Jacques Higelin, je crois que c’est une chanson pour sa fille, qui venait de naître quelque chose de ce genre, « peut-être ce qui m’attire en toi, tire en toi/ n’est rien que l’autre versant de moi, sang de moi » il y avait le brouillard léger de la fin du mois d’octobre, ce mois-là qui commence à faire apparaître l’été un peu loin, qui nous fait aborder l’automne ses feuilles sa nuit, il fait nuit hein, parfois il fait trop nuit, quand on perd une amie, c’est ainsi, le monde, « d’où, d’où viens-tu ? », je me suis mis au travail

un chantier du faubourg

j’ai des trucs à faire, je les fais, « ce qui me relie à toi, lie à toi, lie à toi/n’est autre que ce cordon de soie, don de soi, don de soi », une chanson pour son enfant, alors je regarde un peu dehors, les papiers, les entretiens, les observations, je classe, il y a le soleil qui s’est levé

Salammbô et la baie de Carthage

je lisais « la curée » hier soir, il était une heure et demie, elle s’est endormie, tu disais, hein, je regardais la nuit, oui, la nuit qui tombe aussi, en même temps que le jour se lève, il y avait de la fraîcheur dans le fond de l’air, j’avais rendez-vous, dermatologue, champignon mon pied gauche, celui du côté du ménisque, le côté que je ne vois pas, ce côté-là, la rue, le temps était au beau, on est au beau très bien, il fait beau, je suis retourné voir l’air qui passait sur le canal, au loin les tours de la place des Fêtes, au loin, les Buttes Chaumont, le ciel qui s’embrouillarde, le soleil qui l’illumine, il faisait beau peut-être même chaud, il y avait dans « ce qui m’attire en toi n’est autre que le sourire en moi, rire en toi, du petit esprit malicieux/ qui lance des étincelles dans les cieux de tes yeux », voilà tout, sa petite fille s’est endormie, il était presque trois heures, il y avait là, sur le bureau, ces photos de ces lieux que j’aime

La Salute

il y avait là, sur le bureau, le travail qu’il me reste à faire, il y avait aussi des rendez-vous, en janvier, le premier vendredi du mois, nous avions rendez-vous, oui, voilà, samedi vers Orsay, je crois, « viens » me disait-elle, mais je travaille, je travaille, c’est le début des vacances, la Toussaint tu sais, c’est un des moments où je  travaille comme un damné, les histoires d’animaux, les histoires de voitures, la quatre cent trois bleu nuit, trois phrases, « pour que de la terre au soleil/ des pluies de nos caresses naissent un bel arc en ciel » disait Jacques Higelin à sa fille, il y avait l’après-midi qui s’annonçait, j’avais des choses à faire, on a pris un café, je n’en savais rien encore, mais à présent, car de son monde, je faisais partie, le monde où on trouve que les choses sont belles, sans discussion, et même les mots,  le « petit esprit malicieux », le sourire et l’éclat de son rire, sa poésie, son amour des belles choses et de la lumière… Salut, l’amie

La lagune, et au loin

 

 

 

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6 Comments

    merci de le faire si bien

  • merci Pierre

  • merci aussi

  • Oui, un autre merci encore.

  • et un autre encore, pour ce ton juste, pour elle, pour notre tristesse

  • oui. mer. si.
    si. tant.
    tant mère de mes « si… » pour les accueillir et laisser grandir
    et que je les transforme.

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