Pendant le weekend

Allégorie

C’est pris du cinquième étage d’un immeuble de l’est parisien (l’est parisien est une notion à la mode qui s’étend jusqu’à Montreuil – sous Bois- dont la maire, on l’espère bien, s’en ira planter des pêches au printemps prochain, mais ailleurs) (ce que j’en dis, c’est juste comme ça, je sais bien pour qui je voterai- si je vote, commencent à me chauffer – ici). C’est le soir. La fin du mois de septembre, une sorte de début d’automne sympathique parce que chaud. Il y a bientôt deux semaines, nous étions au bord de la lagune (billets suivent). Tout à l’heure, un mail indiquait l’inutilité de tenir cette discipline b-logueuse, pour qui écrivez-vous ? Pour nos disparus, si ça n’indispose pas. C’est ainsi que se conçoit l’espace de l’écriture. Et aussi pour ceux qui restent. Si ça se pouvait : c’est tout de même pour eux que c’est le plus difficile…

Il y a au fronton de l’immeuble non loin d’ici sur le boulevard, un « aux quatre arrondissements ». Point central : le ciel. Aux ciels passent les aéronefs. Repenser au capitaine Nemo, repenser à Little Nemo (Ah Kirk Douglas et James Mason…). L’enfance, la chambre qui faisait le coin, la projection du film sur les derviches tourneurs, accompagnée d’un disque « Une nuit sur le Mont Chauve », (années soixante, A.) l’enfance, la Dauphine rouge garée sur l’avenue, ma mère et sa mère assise à l’avant, portes ouvertes et buvant du café (quarante à l’ombre minimum, juin soixante, Carthage), l’enfance, le ciel porte au souvenir mais l’avion était un DC4 peut-être

il faudra chercher peut-être parce que sur le métier, l’ouvrage est posé, il y a toujours au ciel ces trainées de soie, ces images qui viennent avec elles, c’était un avion à hélices, le souvenir de l’aéroport de Nice Côte d’Azur, (revu, vingt ans plus tard comme le plafond parut bas…), Antonio Zambujo passe au Cirque d’Hiver, je ne sais vers quelle porte se monte le Cirque Electrique, j’ai dans l’idée de reprendre le travail, les choses ne vont pas bien, les procédés sont de plus en plus contraints, on s’en fout c’est vrai mais il y a un contrôleur qui vient à la maison (au bureau pardon) le sept du mois prochain, c’est le ciel qui porte à l’avenir et à sa lecture

ce soir les nuages s’étaient ainsi regroupés et avançaient vers l’est, alors comme ça vous êtes au monde ?  ils passent et nous les regardons défiler, et le temps lui aussi file, le treize il y a eu cinq elle disparaissait, n’est-ce pas suffisant pour enfin faire quelque chose de cette vie ? Je me demande, je regarde le ciel, je regarde ces images qui défilent (vu « Jimmy P » que j’ai trouvé peut-être un peu creux) j’écoute quelques musiques (il y avait, je ne sais plus où cette vidéo de Georges Brassens et de Mireille, si c’est là) je lis ces histoires d’un substitut en Egypte, j’aime à lire cette série quotidienne, le plan de Paris est sur le bureau, la guitare portugaise et la voix, ce n’est pas que le monde soit si laid (si pourtant), mais parfois il peut arriver de ne plus avoir envie de lui donner quoi que ce soit de soi, parce que finalement, à qui profite le crime ?

Décider, voilà toute l’affaire, j’ai décidé donc, mélico est loin, tant pis pour eux, je vais tenter de faire quelque chose, je ne sais pas exactement si l’annonce ici, pendant le week-end, portera chance (tu vois, c’est justement parce que on en arrive à ce type de « chance » que les choses vont mal, comme si’l fallait à un sort se fier, quelle drôle d’idée), il y a bien quelques nuages au ciel

oui, il y a bien un soleil qui s’en va et les êtres chers qui ne nous reviendront plus, nous sommes là et ce n’est pas qu’il y ait des tours, des chances, des facilités mais parfois, tu vois, c’est tellement lourd, même si les nuages passent, parfois même si les enfants sont là et chantent et rient et pleurent dans nos bras, oui, même si le piano (je n’entends plus le violon) est là, même si au ciel il y a toujours cet espoir, même si les fleurs je les porte et qu’elle me dit « tu vois, tu as embelli ma vie », ou alors sa journée, son moment, les mains croisée derrière sa tête aux cheveux encore blonds, elle me questionne, comment va ta famille ?, elle entretient une sorte de conversation qui ne s’éteint jamais, je l’embrasse, elle m’est chère, oui

un peu d’air, un peu de vent, un peu de cette chaude après midi d’automne et puis ensuite, encore et encore, vouloir et avancer

Share

4 Comments

    un moment de jubilation au début (pas gentille) – et le plaisir ensuite de la beauté (le substitut en Egypte c’est celui de terres humaines ? un livre que j’ai traîné des années et perdu..
    Merci pour vos billets

  • Merci de vos passages surtout, et oui, il s’agit de Tewfik El Hakim (« Un substitut de campagne en Egypte » dans la collection Terre Humaine chez Plon)

  • Normal que l’on se pose, périodiquement, la question du pourquoi (ou de la finalité) du blog que l’on publie – et quand c’est quotidien, cela revient même encore plus souvent ! – ceci est consubstantiel (le mot est certes prétentieux) à ce type de mise en ligne.

    Oui, tout dépend aussi à qui l’on pense s’adresser : finalement, on découvre que l’on est « suivi » par quelques personnes (comme dans un film policier, en regardant un reflet dans une vitrine…) et ce n’est donc pas totalement perdu.

    J’ai l’impression de partager les mêmes nuages avec toi – il est vrai que notre éloignement géographique est tout petit ! – et tu as dû voir que Django Reinhardt, sur LTAG, résistait aux rodomontades du ministre Valls à mille temps de retard…

    Bientôt à nouveau Venise, alors ? Des cieux à la Canaletto…

  • Pour Django Reinhardt, oui j’ai vu… C’est là… Merci de ton passage

Laisser un commentaire