Pendant le weekend

Carnet de voyage(s) #60

 

Jamais je n’aurai autant voyagé que cette année (onze sur douze, c’est presque fait). J’avais à l’idée, il était quatre heures trente du matin, au coin de la place du général Ingold (en or-c’est un des résistants de la première heure, comme on dit, au Tchad en quarante : sa place se trouve en bas de la rue de Belleville, côté 19), à l’idée cet incessant passage du temps dans le voyage, pour lui et pour rejoindre l’aéronef (j’aime ce mot) : nous étions dans le froid, le bus douze devait m’emmener à Châtelet, de là j’avais à prendre le quatorze de nuit (N14) puis à Denfert attraper le bus pour Orly. Le froid, le vent, les mains dans les poches, les gens qui sont là, nous étions quinze, il était cinq heures moins le quart, trois femmes, une dizaine de types, sept ou huit étaient noirs, parkas bonnets, se saluant les uns les autres, une main sur l’épaule, un bonjour ici, le bus, la descente du faubourg, en embarquer quelques uns encore au coin du théâtre en bas, les bonjour, la main sur l’épaule, les uns sortent, s’ignorent ou se saluent, cinq heures le quatorze qui passe devant sur l’avenue Victoria, on prendra le 22 tant pis, il faudra se dépêcher à Denfert, le lion y sera, le bus vers l’aéroport aussi, de justesse, j’y serai, il y aura sur le sol d’Orly-ouest ce carré blanc sur fond gris

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un reflet, l’avion décollera à son  heure, on prendra un autre bus pour le rejoindre

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les métiers de la nuit, du petit matin, on s’envolera, il fera doux comme dans un rêve tu sais quand on commence à éteindre les lumières, qu’ils vous balancent de la musique douce et que dehors, comme des perles de diamant orange

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au loin tournera la Terre, doucement on reprendra un peu d’espoir, le rêve, l’oubli, dormir, oui, doucement jusqu’à ce que le soleil apparaisse comme la mer, les vagues et les ondes

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c’est déjà la mer, il est temps, j’ai laissé mon livre « l’affaire Aldo Moro » ouvert vers la page cent,  un petit livre bleu, il y avait au ciel des nuages

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sur le sol qui venait de plus en plus vite des milliers de boites de toutes couleurs s’entassaient sur le quai, dans les porte-contenuers, venant d’ici allant là, les flux, les marchandises, les jouets pour noël tu sais

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on avait offert du café, on avait remporté les gobelets vides, on atterrissait, il était temps de reprendre où cela s’était arrêté (en bas de la place d’Espagne, les deux tours seront encore en travaux), le soleil et l’air doux, le tarmac et les hommes

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on les voit à peine, le hall de l’aérogare, l’avion qui s’approche, un café tout à l’heure, allons voir, la chambre ne sera prête que vers quinze heures, on s’en fout il fait beau, on s’en fiche pas mal, on marche, on croise quelques splendeurs

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j’aime la couleur des taxis, marcher dans la rue, rejoindre ce musée, descendre, le billet, aller voir, Camille et ses toiles (à photos interdites cadres bousculés), bords de Seine (on pense à Simenon, on pense à Michel Simon)

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les images, ce sont toujours des reflets (de l’âme ? de la lumière, verte ici), autoportrait aux taches vertes

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le chapeau, l’arrière plan d’immeubles parisiens (très probablement des immeubles de la place Dauphine), peut-être, sur celui-ci sûrement (dédiées à Brigitte Célerier, et à la vendeuse de violettes de la Comédie)

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les deux fontaines du Palais Royal, le café RUC Univers) (dire son nom et me souvenir de ma mère, au loin au coin de la rue du 29 juillet, son manteau beige, ses mocassins italiens, ses cheveux bouclés, et elle qui rit), il y avait cette autre vue en plongée des boulevards (Italiens, Bonne Nouvelle ?)

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se trouver si loin de Paris pour y revenir en peinture, paradoxe peut-être, ici ce sera Londres, plus loin Rouen

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la Reine d’Angleterre comme Johnny Hallyday (ça n’a rien à voir, non, mais ce ne sont qu’évocations, impressions, temps qui passent et souvenirs)

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un  jardin, des détails

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la Normandie certainement

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quelques points de lumière, j’ai tant aimé ce bleu

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les fumées des bateaux sur les rives de la Seine (c’est à Rouen, là)

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des merveilles, simplement signées

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comme il fait beau, sortir, marcher, couple à la canne

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on ne la voit peu mais elle est là (la canne)

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il porte une casquette de même marque que le catalan vu la fois dernière, le soleil sur les murs, l’homme travaille à installer fils électriques ou autre chose

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le soleil rase mais ici éclabousse

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continuer son chemin, les photos pour se souvenir, pour garder en mémoire, pour rétablir quelque chose qui ne serait pas la vérité ou la preuve qu’on y aurait été mais la seule idée que, là-bas, quelque chose vit, existe, brille comme ici, oui

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marcher, regarder, tombe le soir et passe la journée, prendre la grande avenue, descendre dans le métro, attendre, garder à l’esprit la réalité des choses et des souvenirs (j’ai vu ce type, j’ai pensé au film italien, qu’on avait vu cet été- comment dire, médiocre je crois…- , le héros se faisait appeler Jep)

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les images comme des limbes qui s’attachent encore à raconter encore autre chose, regarder le monde, regarder la nuit, immeuble grandiloquent au coin de l’avenue Gran VIa c’est quand même le moins, lumières statues l’autobus jaune l’air doux et au loin, en descendant c’est juste au bout, la mer

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2 Comments

    merci pour la ville, pour Pissaro, pour la place et la marchande de violettes

  • […] rues dont je ne connaissais même pas les noms, dans l’avenue la Rambla ou au coin de l’avenue Gran Via, et dans toutes ces couleurs plus belles qu’en vrai, je me suis dit cette fois, pour changer, je […]

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