Pendant le weekend

#3 Cahier 44-45

Comme il était radio (comme il le dit un peu), il avait en charge cette petite machine donc de communication et il y avait nécessité pour lui à se retrouver dans des lieux élevés afin que passent les ondes. Le petit schéma que je poserai un de ces jours a sans doute quelque chose à voir avec cette radio. Je reprends la publication de ses notes qu’il a écrites à certains moments (il en parle peu, parfois certaines mentions comme on verra plus tard). J’ai résolu de choisir l’italique pour les citations (puisque c’est en Italie que ça se passe) (ahahah) et de garder la mise en page (tout se suit sans retour à la ligne ou quoi ou qu’est-ce, seules les dates sont soulignées comme on le voit. Je pose en photo une ligne de ce cahier, fond beige foncé encre bleu noire.

 

Le 18 mai Hier nous avons perdu à peu près 100 à 110 types.

le 18 mai

Après une nuit calme nous nous levons (3h). Nous n’avons aucune liaison radio (5h). Les mortiers tirent sur la route; rampé dans les fossés. 1 tirailleur blessé, toujours aucune liaison radio (10h). Nous partons dans la montagne à la recherche du commandant. Bain de soleil dans le thalveg. Nous restons là jusqu’à 5h30. Puis nous redescendonc. A 8h je remonte aux avants postes (mission) chercher une section qui doit faire un coup de main ce soir. Je les ramène après avoir eu plutôt chaud, encore ces putains de mimenwesfers. Je me couche éreinté. Le 19 mai triste réveil, le coup de main de la nuit dernière est tombé sur un bec: 3 morts. Le Lieutenant Viand, Richard et Conqueric et blessé le capitaine Tagger. Les 5 ou 6 autres ont eu une sacrée veine de s’en tirer. Je descends à la Bde pour chercher les 511. Le soir même je monte aux avants postes ainsi que tous les radios. Je n’emporte que ma capote, ma carabine, mon poste et ma musette. Me voici à la CA (5h) sur le sommet d’un piton rocailleux et chauve. On nous tire dessus : les traceuses trouent la nuit de leurs yeux rouges. Je couche entre deux rocs, c’est plus sûr. 20 mai à 7h du matin ordre d ‘attaque. Du haut de mon piton je vois tout: qu’est-ce qu’ils prennent les frisés. Puis voici l’attaque (2h). Nous descendons de notre piedestal et en descendant je vois les chars et les allemands qui avancent : crépitement des F.M. et mitrailleuses, miaulement rauques des antichars boches. Au bord du Rio de forma Quena 2 jeeps et deux chars ont brûlé: odeurs de chaire brûlée, sang, habits déchirés. Nous franchissons le gué qui nous coûte si cher et voici notre revanche : au bord de la route, 10 à 15 boches ont fini de croire en Hitler, ils sont déjà raides et complètement déchiquetés, à part 5 ou 6. Le capitaine récupère sur l’un d’eux du rhum; ça m’a fait rudement du bien, l’atmosphère est irrespirable. Emotion : j’ai beau appeler Galan, il ne me répond plus; enfin le voilà, ça vient de son poste qui était cassé. Nous continuons à avancer, encore des macchabés et du matériel en ruine. A nouveau les “katoutchka” hurlent. Nous sommes déjà à plus de 8 km de notre base de départ du 17. Nous voici dans la plaine. Installation dans une maison en rase campagne. Dès que nous mettons le nez dehors, les traceuses viennent s’écraser contre les murs, nombreux blessés. Vers 5 h du soir, je soigne un tirailleur qui a dans la cuisse un trou gros comme le poing. Mais il a de la chance, aucune artère n’est touchée : somme toute la bonne blessure. Pas de liaison pour l’instanrt avec le bataillon : plus de pile.

 

La suite sera peut-être le début d’autre chose, mais peut-être la suite de ceci (qui peut savoir ?) (la photo d’entrée de blog intitulée « carnet grèce » ne rend pas compte de la réalité du billet, mais je ne crois pas que ça ait de l’importance)

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4 Comments

    non cela n’en a pas, je crois

  • non, en effet… Merci du passage…

  • « les frisés »… un terme que l’on ne retrouve plus que dans les récits écrits sur le terrain.

    Je me suis toujours demandé comment, au milieu de la tourmente, on arrivait à prendre des notes. Et pourtant la rareté rapportée de ces instants tient à ce courage.

  • en réalité, je crois qu’il devait écrire à ses moments perdus (et il semble qu’il devait y en avoir de temps à autre : la prochaine fois, je pense mettre en ligne les attentes de ce bataillon sur la rive sud du Liri… A la prochaine fois…

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