Pendant le weekend

#25 Sur le bureau

Ce billet est dédiée à A. puisque, ce jour, la voilà licenciée TB…

 

 

Le dossier compte 2202 fichiers, j’en tire un tous les 100, je reformate la photo, tire sur les couleurs si besoin, et je vous les présente l’une après l’autre dans l’ordre de leur apparition (alphabétique dans le rangement du dossier). Je les pose dans un dossier (#25) que je rangerais plus tard, dans le dossier des texte PDlWE (comptant 163 éléments, dossiers et documents : parfois, je cherche à ranger, je n’y parviens pas; lorsque je vois les jours avancer, passer, se tenir dans la file une seule tête et que je sais l’âge avancer, celui de la machine, et le mien, je me dis qu’il faudrait sauvegarder). J’ouvre, je regarde les vingt deux photographies et je suis content.

Parce qu’elles traitent du cinéma

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Deux jours une nuit (les Dardenne, 2014) Christelle Cornil et Marion Cotillard

le film des frères Dardenne reparti de Cannes sans y avoir été honorés (je me demande bien pourquoi et la raison, à Cannes, c’est toujours-très souvent toujours- la personnalité de la présidence du jury, là Jane Campion, tant pis pour elle), un film magnifique sur le travail ou comment le garder : SE BATTRE.

Beaucoup aimé. Deux autres jeunes femmes suivent.

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V. et A. au bureau

Je continue, j’ai du travail, il en reste vingt. Des travaux, oui

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Chantier du boulevard

Ce n’est pas qu’il faille à toute force les poser là, mais je remarque cette composante locale

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la Villette, le bassin, la fontaine et le bar fréquenté en fin d’après midi, si empli de jeunes gens, voilà il y a eu Cannes, il y a eu des films et j’en retrouve ici certains

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j’étais dans le train, je me souviens que j’allais retrouver C. et ses enfants, on avait le projet de faire quelque chose sur son mari, le train allait et rarement je fais des photos avec un horizon trituré, c’est rare que je joue du cadre, rarement j’emploie ce type d’effets (ce doit être une photo prise sans la vouloir et que j’ai gardée cependant) je préfère ceux de la couleur

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et aussi beaucoup de gens dans le métro,  cette femme qui me rappelle les années soixante et la guerre du Vietnam, je continue et il y a ça ici

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la primaire, j’oublie, je m’en fous, un quart des votants à vomir, il faut donc les haïr ? Qui nous manipule, qui nous occupe, qui s’empare de notre esprit, pour croire qu’il serait possible, en foutant dehors d’autres que nous on y arrivera mieux ? C’est tellement l’incompréhension, tellement, la difficulté de vivre de se battre, de vouloir faire en sorte de devenir quelqu’un, hier il y avait un type qui racontait que, quand il était petit, on lui avait demandé ce qu’il voudrait être plus tard, et lui avait répondu « heureux »

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Chantier du faubourg

toujours en travaux, oui, voilà, j’écoute dans le poste en écrivant les entretiens d’Anouk Aimée, femme formidable, je ne trouve aucune image d’autres villes que j’aime mais n’importe, je continue

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cet immeuble en travaux alors n’a pas changé, il est fini à présent toujours aussi horrible, il s’agit d’un immeuble destiné à des étudiants, l’incompréhension, oui, l’abject

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ici dans le changement de Stal, cet homme avec ses six ou huit sacs

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tu vois, la musique dans le métro (cette série que je poursuis toujours, des musiciens dans le métro, ce que j’ai été mais jamais dans les voitures, alors les voir, tenter de les capturer), la musique est une raison d’espérer, oui, et toujours se poser la question de savoir ce qu’on pose ici et pourquoi

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hier devant la rue il y avait une Cadillac, il y avait des voitures et le travail de mon père, cette usine, le taureau et le cheval cabré, la jeunesse et les lions (on en est à 260)

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quelque chose qui me déplaît complètement, singulièrement, dans cette photo la détestation, oui mais tant pis j’appuie

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ici l’installation dans la rue de la caméra de vidéo-surveillance comme ils osent aimer le dire, on surveille et on punit sans doute (les photos du tueur de Bruxelles ces temps-ci, celles de ceux de Londres et de Boston, comment veux-tu qu’on puisse seulement simplement être contre ?)

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mais c’est cette horreur-là aussi, les tons sur ton, les publicités la tête de cette femme dix fois plus grosse que celle de cet homme, elle blanche lui noir, ce sac de sport, ces marques, cette ignoble façon de se servir de son propre corps pour quoi, au fait ?

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tu vois ça, sur le faubourg, c’est en hiver, c’est le bazar de Paris

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cette vitrine, rue Rampal où il manque le « bo » de « bourdon », que me montrera l’occupant un jour, et qui disparaitra parce que la boutique sera reprise par sa propriétaire, disparu je ne sais plus

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c’est cette statue kidnapée par l’ignoble tous les premier mai, l’hôtel où dans les années vingt et trente descendait mon grand père, ne vis-je donc que de souvenirs ?

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là une photo de ce restaurant tout proche de Port Royal, où je suis allé justement la semaine dernière, citrons confits et variantes plus les olives (les sandwichs tunisiens rapportés par ma mère quand elle revenait de Paris,  ceux de Tunis  faits dans un camion Citroën gris tube le thon les olives les pommes de terre bouillies les oeufs durs l’harissa, intermède de cuisine)

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et puis Paris, Zeppelin et Sacré Coeur le tout vu 5° étage de Beaubourg

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et pour finir cinéma (au dessus un plan de « The Best Offer » (Guiseppe Tornotaore, 2013)), cinéma, cinéma

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ici un autre plan de « Vincere » (Marco Bellochio, 2009) et donc un peu d’Italie (qui avec la Grèce, ce week-end, sont les deux pays de cette Europe qui ne nous font pas honte d’être ce que nous sommes).

 

 

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1 Comment

    Beau patchwork… in progress !
    Bien aimé le raccord sur Lamborghini et le blouson.

    Les photos granuleuses ont du charme, « The Best offer », excellent, et « Vincere », unique…

    La fille Le Pen se gonfle comme un crapaud, il faut dire que ça grenouille fort dans la mare.

    Pas vu encore le film des frères Dardenne (mais « Maps to The Stars » » va assez loin).

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