Pendant le weekend

#5 Cahier 44-45

 

 

21 Mai Une patrouille nous apprend que Caperccini est occupé. Reprise de la progression. Nous dépassons des fortins : j’en visite un pour le fouiller : si je faisais mon prisonnier ? Ils ont de tout là-dedans, poêle, casseroles, boites biscuits et oh bonheur! Du tabac. Mais quelles fortifications !

Nous nous installons au monastère où le lieutenant Frizza a installé un observatoire. Mais les salauds en face nous ont vus : qu’est-ce qu’on reçoit ! le pauvre Feal est tué ainsi que le pauvre Dumoulin. Le lieutenant Léonard a un pied arraché. Le bataillon fond comme neige au soleil. J’apprends que le commandant adjoint a été blessé.

22 Mai. Nuit reposante sous un toit : nous tirons sur les boches que nous voyons mais les boches tirent sur nous : la vieille église tremble sur ses fondements.

la rive sud du Livi

Champ : Pontecorvo vu de la rive sud du Livi

23 Mai Aujourd’hui le drapeau Français flotte sur les maisons de Ponte Corvo (rive sud du Livi). Le lieutenant Emonel et Wicoubopff sont blessés par des tireurs isolés. Le commandant est touché par un éclat de mortier : il s’était enfoncé de plus de deux kilomètres dans les lignes boches. Le commandant Boucaud prend le commandement du bataillon. On reçoit l’ordre de se préparer pour un départ vers l’arrière.

24 Mai 5h du matin: contre ordre, nous ne descendons donc plus, nous allons aider la légion qui s’est fait durement contre attaquer dans la région de Monte Leucio. Nous avons encore des pertes (5°) mais les Canadiens avancent.

25 Mai: J’ai couché dans un plumard : je suis pourri de puces, heureusement vers midi nous redescendons à Ponte Corvo libéré; je me lave dans les eaux boueuses du Livi

la rive sud du livi 1

Contrechamp : Pontecorvo, la rive sud du Livi

28 mai: Départ de Ponte Corvo à 3h du matin en ordre de Bataille. Pico, Ceccano, Cartro del Voylee. Nous nous installons dans une maison.

Pontecorvo

Pour aller de Pontecorvo (rive sud du Livi) vers Pico

2 Pontecorvo

 

vers Pico

2 juin Départ de Cartro del Voyee : cette fois nous fonçons vers Rome, Frosinone Odevani Voyage de nuit il pleut mais bonne liaison Radio devant le convoi. A 6h du soiron nous annoncé que le 70 Chasseur Français est entré dans RomeNous nous arrêtons enfoin près d’Agosta.

3 Juin Nous voici en ligne : Objectif, la route n°5 qui va de Rome à Pescara. Bon travail Radio

4 Juin Avance jusqu’à Bagni di Tivoli, fort bombardement de katoutchkas. Je reçois des journaux. Objectif atteint.

 

En réalité, les faits historiques ne sont pas vraiment racontés, et d’ailleurs, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une narration. Cet homme de vingt ans, radio, caporal à ce qu’il semble, note sur ce cahier des dates quelques faits, quelques notions de géographie. Pour ma part, je tente de suivre la progression, je vois bien les divers points où le bataillon s’arrête, se bat peut-être. Ici, j’ai trouvé la route de Pontecorvo  à Pico, là-bas (demain) j’ai découvert la gare de Viterbo… Ce sont des illustrations qui ne datent que de de quelques années, le texte a soixante dix ans : entre ces deux moments, les lieux semblent stabilisés (ils l’étaient avant la guerre, ils le sont restés), les humains ont grandi, s’en sont allés, d’autres sont nés (il y a, assis sur la pile du pont qui permet de passer d’une rive à l’autre du Livi trois jeunes gens, à l’ombre.

les 3 sur la pile

Au deuxième plan, le jeune s’est détourné, les 3 ont continué à regardé passer le robot.

les 3 sur la pile 2

Ils sont, là, tous les 4.

les 3 sur la pile 3

A l’ombre. Sur la rive sud du Livi où, soixante dix ans plus tôt…

 

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5 Comments

    le monde alors n’était pas en couleur – ou délavées
    petit sourire – aime, pense à un oncle qui n’a rien laissé

  • On peut imaginer, puisque c’est la mode actuellement, que ces images ont été colorisées (comme pour celles de la guerre de 14-18) et datent de soixante-dix ans.

    Il faudrait juste changer les voitures, un peu trop modernes pour l’époque… Quant aux personnages, pas de problème avec le floutage !

  • Oui, c’est peut-être un effet aussi de la mémoire que de flouter les gens et les choses… Merci du passage

  • Merci de passer, Brigitte, et de vos recommandations sur Facerbook…

  • […] qui jouxte l’église et dans son ombre, ces deux mômes (comme on les voyait en Italie, sur le bord du Liri-rive gauche) […]

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