Pendant le weekend

Il m’en souvient

 

 

J’ai regardé dehors, il faisait gris, il y avait « le copain de mon père » dans le poste, « un jour on l’a plus revu, on se regarde on se perd, on se reperd de vue… « , j’ai reçu par la poste ce recueil de quatre cent quatre vingt morceaux de souvenirs, un peu comme lorsqu’une vitre se brise, ses morceaux au sol font une écriture tranchante, j’en ai trouvé une dizaine qui se parlaient, il en reste au livre tant, mais un petit billet, je n’ai pas de photo, je ne pose que quelques unes, ici, qui me font penser à cette Italie que je connais comme ma propre poche

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jaune, bleu, Jaurès

ça n’a rien à voir, le monde passe au travers des nuages, la pluie est devant la fenêtre, j’écoute les chansons de Leprest, je lis « la vie devant soi » en parallèle avec « 22/11/63 », ça ne fait rien, les gens proches qui s’en vont, le débarquement qui suit le départ de Tarente, j’ai réglé mon attention sur ce « il la croisait partout »,  ainsi se trouvent ces onze passages, je les pose, je les illustre (je ne pose pas de photo de Lucia Bosé ou de Sylvana Mangano, non, moi c’est d’Anna Magnani

anna magnani

qu’il me souvient, et un peu d’Annie Girardot qui, avec Delon chez Luchino Visconti, tu sais à cause de ce prénom qui est de mon oncle), enfin, je pose, à lire, j’illustre, à voir, tout en remerciant Christophe Grossi de ce si joli texte, cette fresque peut-être, ses « Ricordi » (dessins de Daniel Schlier, publié à l’Atelier contemporain), merci à eux aussi, donc .

Il la croisait partout : dans une voiture de sport, un camion, sur un vélo, un terrain de tennis, une piste d’athlétisme (23) 

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décapotable Lotus (spécial dédicace @Christine Jeanney) capturée rue Yves Toudic, Paris 10

Il la croisait partout : dans les rues, dans les supérettes, les gares, les trains, les bus et même une fois dans un avion (98) 

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 la gare du Nord, prise de la ligne du métro le soir en allant au cinéma

Il la croisait partout : dans un cinéma, une librairie, un salon de musique, sur papier glacé, sur pellicule, sur écran (114) 

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 un cinéma désaffecté à Trani (Pouilles)

Partout : postes, boucheries, bibliothèques, sur un chantier, une machine industrielle, un incendie (247) 

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 l’épiceeie libaririe vaisselle « Chez Monique », quelque part entre La Croix-Valmer et Mulhouse

Dans la page des faits divers, à la une d’un quotidien et même dans la rubrique nécrologique (282) 

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Un type qui lit son journal à la terrasse du café Tabac Jourdain la Civette (dédicace @Dita Kepler) 

Elle tenait un poste à souder, une trousse de secours bourrée à craquer, un balai hirsute (328) 

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Le poste de soudure à Vieste (presqu’île du Gargano, Italie)

En jupe, en blouse, en maillot de bain, avec baskets, chaussettes, bottes, jamais vraiment elle (348) 

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 là, près de lac de Bolzano, Italie, capturée par le robot

Cheveux longs et bruns avec reflets roux, cheveux teints en rouge, boucles dépassant d’un bonnet (369)

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Orly Bus, septembre 14 

Mi ricordi qu’il la croisait partout, quand il la croisait partout, jamais la même langue, la sienne pourtant reconnaissable entre mille (396)

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 sur le port d’Eretria (Grèce), poulpe, ouzo, olives rires et joies (dédicated @ A&E&GG&MC&J)

Quand il la croisait partout : des qui pleuraient, des qui posaient glamour, des qui montaient au créneau (438)

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montée au créneau du soir (plage de Malakonta, île d’Eubée, Grèce) 

 Je m’en souviens, quand il la croisait partout et qu’à chaque fois il se demandait combien de temps durerait encore ce cirque (459)

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Istanbul, en allant à l’aéroport

 

 

 

 

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2 Comments

    Merci Piero de t’être emparé des fragments et de les avoir prolongés !

    c’est cadeau quand les ricordi poussent à créer ainsi, à croiser et tisser
    c’est cadeau ta lecture, les morceaux (qui) au sol font une écriture tranchante », la « montée au créneau du soir », toutes ces images qui n’illustrent pas le texte mais croisent voyages à pied et ceux qu’on fait devant l’écran
    c’est cadeau la diva romaine face au soleil
    et le jaune-bleu-jaurès

    ch.

  • Entrelacs, entremêlement des souvenirs de l’un et de l’autre, oui, beau répons aux citations de Christophe: les lieux ou les photos peuvent être symboliques ou hyperboliques, ce n’est pas qu’une question de champ d’observation.

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