Pendant le weekend

Marcher

 

 

 

C’était en descendant le faubourg, nous allions à Beaubourg, ou ailleurs, encore, à traverser le fleuve, à marcher, à voir les gens

marcher 1sur le pont Royal 1

il s’agissait de Pâques peut-être, était-ce le lundi, dis-moi, non, nous avions été la veille au Jeu de Paume mais je n’avais pas pris de photo, ou alors seulement une, nous avions marché

marcher 2sur le pont Royal, 2

il y avait le printemps qui venait, c’était un jour, un soir le soleil qui donnait sur la Concorde, nous avions croisé S. nous avions regardé le jardin, les bassins et les touristes

marcher 3près du pont Royal, 1

tous se hâtaient

marcher 4sur le pont Royal, 3

ou n’était-ce que nous, je ne sais plus

marcher 5près du pont Royal, 2

il n’y avait pas grand monde ici

marcher 6près du pont Royal, 2 bis

plus ailleurs, ou alors nous avions marché depuis l’hôtel de ville, voilà, le Louvre, nous avions avancé, nous étions bien avancé, j’ai préféré les lieux où on ne va jamais dans l’exposition de Taryn Simon mais pas de photo (sinon celle-ci, les chaises des boulistes

marcher 83 chaises et 2 fauteuils au jardin, sacs et vêtements seuls

il y a dans le jardin des Tuileries et sa proximité des musées quelque chose qui est trop droit, le cordeau du jardinier, je ne sais pas, trop proche de chez ma mère sûrement, avançons, viens, c’était le lendemain, oui, le lendemain en descendant le faubourg, pour aller à Beaubourg

galerie des photosBeaubourg, intérieur jour

il y avait là aussi quelque chose, je ne sais comment j’en fus averti, peut-être un bruit quelque part la radio – la radio se tait, parfois souvent de la musique qui repose de toutes ces paroles, on entend six fois l’heure où on se trouve, j’aime ces moments différents, parfois un animateur, un producteur, un parleur pose son ton d’enterrement pour nous annoncer que non, décidément nous n’entendrons pas l’émission que nous attendions avec tant d’impatience mais non, nulle impatience, non, nous avons simplement besoin que cette lutte s’achève par la mise à la porte de cet olibrius au bureau à cent cinq mille, non, ce n’est pas lui qui a voté ces travaux de luxe, en effet, soyons juste il ne lâchera rien sinon qu’il lui faut virer  trois ou quatre cents seniors – qu’on ne touche pas, simplement, à ses émoluments, son break de fonction et ses chaussures pointues – le couturier Smalto est mort à quatre vingt sept balais en villégiature, m’a-t-on prévenu…

J’ai eu la surprise de trouver un cliché de chambre obscure

marcher 11bisVue de Boston,regardant au sud-est, dans la salle de conférences Abelardo Morell

elle est si belle que je la retourne

marcher 11La même, toute retournée (c’est l’ombre de l’opérateur que j’aime)

j’ai adoré, j’ai vu d’autres choses si belles, le regard de Juan Miro sur une boite d’allumettes contenant des clés des songes

miro regarde les clésBoite d’allumettes à clefs, Man Ray

une autre boîte dessinée par Man Ray

marcher 9Man Ray aussi

le début du siècle précédent, la guerre première mondiale, puis le surréalisme, puis sortant de ce lieu, accès gratuit au sous-sol de « la grande maison », vu ce portrait trouble de l’artiste et nette de Nini

marcher 10Nini et Ugo Mollas, Autoportrait, Vérification 13

vu que l’exposition était soutenue (on soutient les expositions, elles en ont besoin le ministère de la culture n’est plus que de communication) par le pari mutuel urbain (tout comme il me semble que certains films sont produits par les casinos de grattages) : il y a quelque chose, dans ces partenariats (c’est ainsi qu’on les nomme); il y a des gens dont c’est le métier de chercher des lieux où ces entreprises iront poser de l’argent afin qu’on l’entende, dans le bruit de la culture, et qu’on sache enfin que leur image n’est pas celle qu’on croit (échapper à l’impôt – pardon, optimiser sa fiscalité) (pardon, le mécénat, mes excuses les plus plates) (c’est plus joli, et ça veut bien dire ce que ça veut dire) mais qu’elle se targue, cette entreprise, d’aider à l’édification (culturelle) des masses.

cadreUn cadre verdâtre sur la chaussée, photo de l’auteur

Dans le même ordre d’idée, c’est notre monde qui agit ainsi, juste notre monde, j’ai ouï (mais il y a quelques mois) que le chauffeur du président (celui de l’endroit : les présidents ont des chauffeurs, des choses c’est la moindre) avait été rudoyé et foutu parce qu’il avait du retard sur l’horaire (je me souviens de ce président qui n’avait pas la barbe lorsqu’il servait le mari de la reine-mère des pièces jaunes – qui, elle aussi, se déplaçait avec une cour de quelques dizaines de personnes, rétribuées sans doute, de quelques pièces de cet acabit, on peut le supposer) et tout ça pour quelque photos dans un lieu en accès libre ? Cracher dans la soupe, hein…

gare 040415 Une vue de la gare du Nord, prise du métro allant de Barbès à la Chapelle

Non, pas vraiment, le lieu, le hall quelle merveille, en sortant, passer devant le mur où on a collé le poème zéro zéro trois cent soixante trois de Lucien Suel

poème à lucien rue saint martin 400363 au chien, rue Saitn Martin, Lucien Suel, photo de l’opérateur

remonter la rue, tourner à droite, marcher encore Turbigo, la « racine carrée » (un salon de coiffure, porté à l’Invent’hair par ma propre fille…), croiser les arts et les métiers, revenir à la nuit, ah Pâques si belle, si douce, et au dehors le monde

marcher 7les roses pour O. 

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5 Comments

    au coin du pont Royal et du quai côté Louvre, la plus belle (pour moi, même pressée marquais toujours un temps de pause) vue sur la Cité et le fleuve
    me suis précipitée pour vérifier, serai trois jours à Paris mais juste trop tard pour l’exposition (préfère celles là aux grandes machines, surtout l’actuelle) à Pompidou (agacement de ne plus avoir de coupe-file) comme sans doute pour l’affiche de Lucien Suel … mais n’aurais pas eu le temps je pense

  • J’avais vu la première expos de ce lieu en sous-sol (sur le photographe surréaliste J.-A. Boiffard, mais pas celle-ci, pourtant lu quelques machins dessus.

    Tu as eu de la chance (bonjour mystère !) de voir cette affiche de Lucien Suel !

  • @ brigetoun : cet endroit est magnifique, en effet… (j’aime beaucoup côté rive gauche aussi) bienvenue à Paris donc ! Merci du passage
    @ Dominique Hasselmann : la chance (Bienvenue, mister!!) pour l’homme au chien, oui (l’expo est splendide)…

  • J’ai refait la promenade, marché pendant le weekend, cliqué sur les liens.
    C’était agréable, distrayant, reposant (assis à ma table de travil, j’étais !)

  • @ Lucien Suel : bienvenue (aussi pendant la semaine, va…)

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