Pendant le weekend

Journal des frontières #9.2 (de la qualité des verts)

 

 

C’est vers trois heures qu’on est parti, il faisait doux il faisait soleil (F. prit le volant pour n’être pas malade, si j’ai bien compris) : la chance, le Centre social en ses déambulations, cette fois automobile, (bientôt, le 13 février, à pied comme le 12 mars), on reviendrait trois heures plus tard à la nuit, trois étapes plus tard (Ville-Saint-Jacques, Villecerf, Nonville), trois bibliothèques tout aussi charmantes l’une que les autres, on partait à travers champ

Montigny 16 cieux 3

on part, on sait que quand on arrivera il y aura vernissage, direction donc le sud-est

MOntigny 16 Cieux 2

au loin vibraient les horizons

Montigny 15 cieux

(c’est ma préférée, mais c’est que, aussi, j’aime la nuit), au vrai il faisait beau, il faisait doux, on allait retrouver dans ces bibliothèques, de petites pièces dont certaines dédiées aux enfants, ici, à Ville-Saint-Jacques (bulle cassée, une boule factice, un morceau de bois peint

Montigny 13 boule factice 1

qui ne se laisse pas prendre si facilement -au fond l’entrée de la bibliothèque – mais tourne le vent

Montigny 14 boule factice 2

et nous étions neuf), là les bibliothécaires nous attendaient (merci pour l’accueil), j’y présentai les travaux de l’aiR Nu, informai sur les tenants et les aboutissants de ces travaux, sur notre résidence placée sous le signe et l’égide du livre, du numérique, de l’art (n’avoir pas peur des mots, et garder aux sens sa propre sincérité), expliquer, parler, j’avais écrit un texte à dire tout à l’heure, au PMU bar tabac piles mais je ne l’ai pas dit, il y avait là deux amis qui suivent depuis son ouverture les actions du Centre social, il y avait là d’autres personnes, venant de Thomery, de Champagne, de Nanteau (sur Lunain), on écouta ma « distribution » sans que ne bougent les images (mes excuses…), visite des salles, les lieux pour les enfants, les lieux pour les adolescents, les livres et ce qu’ils trimbalent avec eux, les livres, la gentillesse des sourires et puis on s’en alla

Montigny 12 porte bibliothèque

croisant (Noël n’est pas loin) une sorte de sapin en forme de potelet (ou l’inverse)

Montigny 11 potelet

à Villecerf, une autre bibliothèque, au dessus de la salle du conseil municipal réuni, on entre, une conteuse nous parlait, son bâton de pluie « cric? » disait-elle, « crac! » répondions-nous, il y avait là les bibliothécaires, il y avait là le maire (merci pour l’accueil à nouveau), nous étions assis écoutant là une histoire de pauvre et de riche, puis d’autres, ouvrant grand les yeux (eyes wide open), il y avait  la jouxtant la mairie l’église (comme il se doit)

montigny 6 église Villecerf

un oloé semble-t-il (tout au moins pour A.), les arbres et le ciel, le soir qui pointe presque

Montigny 10 route 4

partir à travers routes, ce qui compte c’est la qualité des verts

Montigny 9 route 3

celle des ombres et celle des futaies

Montigny 7 route1

la route tourne au soleil encore

Montigny 8 route 2

on attendait le soir, il est arrivé tôt

montigny 5 soir

tout comme nous à Nonville

montigny 4 arbre

dans l’escalier, les oloé des enfants de la classe, par la fenêtre on voit la cour, je me souvins de l’école primaire (rue Delpech comme le Michel disparu, je me souvins de la règle d’acier sur laquelle on avait à s’agenouiller, les choses ne s’oublient pas – je ne balance pas, mais le nom du type m’est revenu aussi – je me souvenais des yeux un peu larmoyants de cet instituteur de huitième (on dit CM un aujourd’hui), de sa Dauphine noire, je me suis souvenu alors de la cantine, du boeuf en daube et de la bière sur la table, je me souvins de cette prime jeunesse  difficile et froide -je suis né à l’étranger, il y fait plus chaud qu’ici, je me souvins aussi de l’ignominie de ce qui nous est promis être voté en congrès, cette déchéance abjecte et me vint à l’esprit cette chanson qui fait « on a profité de mon enfance pour me faire croire à des conneries » qui est de Maxime le Forestier – une certaine aigreur, vient-elle de ces barbaries ou de l’alibi qu’elles suscitent ?), une bibliothèque ici, à Nonville, les oloé collés au mur (magnifiques), des enfants qui parlent et qui lisent (il y avait cette maxime lue dimanche sur ce qu’on nomme réseau social qui disait « vous pensez que la culture est trop onéreuse ? Essayez l’ignorance« ), il y avait cette bienveillance du bénévolat « mais lorsque je serais partie, me disait la bibliothécaire, qui prendra la suite ?« on ne sait, mais on maintient quand même, on continue à faire en sorte que les livres (ce sont pour la plupart ici des dons) soient disponibles, on en donne, on les lit, (on réfléchit et on pense), on regarde dehors la nuit est tombée, reprendre l’auto, discuter parler photographier, on repasse par la cour, devant la mairie

Montigny 3 sapin lumières

c’est que Noël n’est pas si loin, on repense à ce qui nous est arrivé, l’année dernière, le calme tranquille de la petite ville, la nuit sereine, reprendre la route, je ne sais plus pourquoi on a parlé du lieu dit des baignades à la Genevraye, on arrivait à Montigny, on passait le pont du Loing, on garait l’auto en face du petit muret, il était six heures passées, on atteignait la mairie et la bibliothèque qui la jouxte, au premier étage le vernissage de l’exposition

Montigny 2 Joachim

les oeuvres de Mathilde Roux admirées par les (autres) membres du Collectif (de dos, c’est Joachim Séné) mais aussi par tous (merci pour l’accueil à nouveau, de rien du sandwich), ce ne seront que des images glanées ici ou là, ce ne seront que des mots posés ici, journal, billet, frontières tant et tant de fois remises sur le métier, ouvroir de littérature passagère, on franchit ici les limites de la commune, du billet, de la journée, on reste sur les bords des souvenirs, le fil de l’arme blanche, on avance encore sur le chemin continu de la résidence, ici des arbres, ici des ciels et des promenades…

 

 

Rendez-vous au 23 janvier, festival l’AiR Nu à Veneux en sa bibliothèque, où l’aiR Nu accueille : 

Virginie Gautier,

Olivier Hodasava,

Benoît Vincent et

Lucien Suel

qui liront des textes pour l’occasion : entrée libre, gratuite et bienvenue à toutes et à tous.

Sur la page facebook de l’aiR Nu, on mettra en place des covoiturages pour rallier ce si accueillant sud de la Seine-et-Marne. 

 

 

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