Pendant le weekend

au 30 quai de la Marne

 

 

Le clic sur B2TS ici propose une quinzaine d’articles qui recense les diverses représentations croisées par les rues de Paris de ces photographies ceintes sous un plastique transparent et dur et épais (un demi-centimètre peut-être) et collées au ciment sur des murs  de la ville, ici à Paris : la chance qu’on a de vivre dans cette ville est indicible mais le hasard le veut aussi un peu – et le désir d’y rester, d’y vivre et d’y travailler (toutes choses fort difficiles à mettre en place mais qui dépendent surtout de là d’où on vient : je ne suis chez moi nulle part, comme partout). Plusieurs fois (vers l’hôpital Saint-Louis et son mur d’enceinte; vers la place de la bataille de Stalingrad, et le mur d’enceinte d’un des bras du canal Saint-Martin; au coin Belleville/Pyrénées/Simon Bolivar; ici, vers le 30 du quai de la Marne, sous le pont du chemin de fer de la petite ceinture) il s’agit de compositions : une dizaine, une trentaine, une soixantaine de photographies sont collées (

ici un repentir) (ou un larcin : il paraît qu’il s’en vole pas mal…) en passant, comme un soir sur le quai sur cette rive du canal, comme aujourd’hui en revenant du parc (je vais au parc parfois, je marche, je regarde et j’imagine ce que c’était du temps où je ne vivais pas ici : parfois aussi, je me retrouve de l’autre côté du rond-point pour y travailler). J’ai pris cette habitude cet été à la faveur de l’atelier de François Bon (le pont du chemin de fer, le canal, la centrale qui n’existe plus

mais le pont oui même si l’Orient express n’y passe plus – y est-il d’ailleurs jamais passé…) : je n’ai pas pris de photo de l’entièreté de la présentation (il y a une trentaine de clichés contrecollés) mais une de chacun. Deux épisodes dominicaux vont donc voir à nouveau ces images ces portraits magnifiques, sur des fonds colorés comme on aime.

J’y suis repassé ce matin ai pris l’image de la présentation :

Par chance ou par hasard, je suis passé de l’autre côté de la pile, et il y avait là ce brave garçon souriant

j’en suis (j’en fus) (et j’en reste) ravi (il y a quelque chose dans ces images-là qui me réconcilient avec mes contemporains) (on excusera s’il n’est pas d’ordre dans l’apparition des ces évocations).

Ici cette petite fille en trottinette, déjà croisée à l’hôpital (le reflet est magnifique, j’ai gardé). Il en est d’autres que je n’ai pas conservées (déjà vus ces deux hommes

). Mais non, passons aux clichés réussis : l’accord de la chemise et du passant du chapeau (peut-être aussi dans le ton des chaussures)

cet autre élégant

je le rapproche (on se soigne, on se coiffe, on s’apprête et on va danser…)

on capte un peu mieux ce qui nous plaît, ce sourire, cette espèce de foi en l’image – un portrait, quelque chose qui restera ou qu’on donne. (On peut remarquer aussi l’existence sur certaines reproductions de ce petit code barre (un flash-code même) mais comme je ne l’utilise pas ce type de salade, je m’en défie même pour tout dire, je n’essaye même pas d’y voir quelque chose – sinon la production à outrance de données numériques qui serviraient à se servir, user et abuser des nouvelles technologies : ce mercantilisme m’écoeure – mais peu importe).

Je me disais voyant ce cliché, qu’il s’agissait du faubourg Saint-Antoine (ça ne doit pas être ça), c’est un peu un jeu, c’est un amusement reconnaître le décor – ou simplement le projeter. Images

le plus doux des sourires, des visages, des regards : je ne sais pas, mais sentir cette humanité, cet amour qui les lie sans doute aussi

main à l’épaule, mais non, ce ne sont pas des gens riches. Mais non. Ceux-ci peut-être plus

ah ils sont flous

c’est mieux (?) – ils se trouvent rue de Rivoli, carrefour probablement de la rue Rouget-de-l’Isle j’imagine (je ne vois pas bien, le flou sans doute, mais le brillant des bottines de la femme indique aussi quelque chose de son train de vie) – mais c’est imaginer aussi qu’on aime

même s’il se trouve quelque chose de la pose, de l’inspontané (mais un portrait ? que faire? que dire ? de nos jours ?)

en voilà des acteurs – et le petit de dos, pieds nus : splendide…

 

La suite dimanche prochain.

 

B2TS (back to the street) une série pendant le week-end (le dimanche) de photos présentant des photos elles-mêmes collées sur un des murs qui ceint l’hôpital Saint-Louis, rue Bichat, ou ailleurs (il m’arrive d’ailleurs de le confondre avec l’hôpital Bichat) : ici sur le quai de la Marne, au delà du 30, sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture.

Précédemment, douze épisodes, (et maintenant  deux au moins de plus), furent regroupés à partir des cinquante trois clichés (bizarrement j’en avais compté un peu plus…) (il va falloir que je retourne y voir) collés sur un mur et qui embellissent la rue comme jamais (elle en a, d’ailleurs, bien besoin – tout au moins ce mur-là). Nos remerciements vont à B2TS, au Chasse-Clou qui nous a indiqué cette magnifique exposition, et à toutes celles et ceux qui ont suivi ce feuilleton.

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2 Comments

    une allégresse ou bonne humeur croissante en descendant le long des photos
    et un souvenir un peu nostalgique du plaisir que j’ai eu (à travers des difficultés, bien entendu) pendant près de cinquante ans d’être dans cette ville, de me sentir cette ville

  • Oui, les photos de la rue Bichat tiennent bien le coup et durent plus longtemps qu’une expo à Beaubourg !

    Je me demande si c’est dû au format ou au genre (on imagine mal des tableaux acryliques de 60 x 60 décorant ces murs et demeurant vierges de tous graffiti (avec ou sans « s »)…

    On pourrait aussi imaginer des guirlandes lumineuses (ce sera sans doute le cas pour la Nuit blanche…) restant allumées grâce au soleil (on trouve des ampoules photovoltaïques par cher chez Truffaut à Ivry (y compris sans doute chez le cinéaste). 🙂

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