Pendant le weekend

Mille trois cents – samedi quatre deux mille vingt

 

 

c’est le temps, c’est un peu l’hiver, c’est un peu la douceur – on ne sait pas bien comment se fringuer – on attend de voir – hier chich tawouk (l’orthographe est maison) rue de l’Ourcq (12 euros) et derrière nous, deux ou trois types aux rires gras (ils l’étaient d’ailleurs de taille : il y avait le patron, il y avait deux autres rigolos plus maigres – mais ça ne fait rien) l’un d’eux qui laisse vagir un « en tout cas il la leur bien mise aux japonais » et de rire – ils parlaient de Carlos Guyancourt (je ne sais plus combien de morts par suicide dans le centre de recherche de l’Alliance des Yvelines on doit décompter par la grâce de ce chef d’entreprise au dessus des lois – il faut dire que la justice est mondialisée, certes) – il n’est pas question d’oublier – le type était sous les verrous le lundi suivant le premier samedi « gilets jaunes » (ça aide, mnémotechniquement) (19 novembre 19) (travail en cours sur C2G) mais enfin il a payé sa rançon, voilà – avant ça

une image collée sur un mur (qu’est-ce ? un regard camera escort girl ? une demande d’emploi pour casting ? une affiche religieuse ? révolutionnaire ? qui peut savoir ?) je suis passé à la banque faire un virement international, j’ai demandé au barbalakon/lunettes carrées/chaussures pointues qui ne se lève même pas pour accueillir un pauvre connard de client de merde qui se pointe pour le faire chier encore alors qu’il faisait un solitaire à l’écran s’il pouvait pratiquer l’opération (sécurité sociale à trois cent cinquante euros d’un compte à l’autre, tu vois le boulot ?) « si je le fais moi, on vous facture 5 euros cinquante » : comme dirait l’autre « elle est pas belle la vie ? »

le mur reste propre (pendant les travaux de la ligne Lilas Châtelet : lorsqu’ils seront finis, on verra) – j’ai beaucoup marché, pensant au départ de A&G – pensant aux travaux en cours (à propos, le « Nos 27 septembre » est terminé, tout beau, tout propre – on peut télécharger gratuitement) pensant au travail qui s’efface – pensant encore aux écritures à venir (le parc, ma mère, F. et d’autres encore qui se traînent un peu sur le coin d’une mémoire oublieuse)

(cette image est un morceau d’une salle de cinéma) au cinéma justement (la grève – qu’on soutient évidemment de toutes nos pauvres forces – oblige à fréquenter ces salles où se déversent les tombereaux d’ordures – compter une vingtaine de minutes d’abjection lardées de films-annonce avant projection) Séjour dans les monts Fuchun (première époque) (Gu Xiaogang, 2019) tellement loin en culture tellement proche en sentiments/humanités etc. (cent cinquante minutes quand même) (vraiment bien, lent comme on aime, plan séquence d’une nage d’un point à l’autre : magique…) (en clôture de la Semaine internationale de la critique, Cannes 19)

et sortant du ciné marchant toujours (neuf heures et demie du soir, et encore un pied devant l’autre etc.) lumières municipales

on ne la voit pas très bien, mais si on s’approche, sous le sens interdit, sur la place seule avec son caddy, celle-ci (qui ? d’où vient-elle ? où va-t-elle ? il n’est pas si tard, allons…)

 

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4 Comments

    Belle photo de cinéma : on ne voit pas assez de films « abstraits » !!! 🙂

  • J’ai téléchargé et commencé à lire les 27 septembre : épatée, quel boulot vous avez fait !

  • @l’Employée aux écritures : on essaye de valoriser – mais c’est pas facile : il y a encore pas mal de bourdes…- heureusement on est nombreux… Merci à vous, Employée.

  • @Dominique Hasselmann : merci camarade !

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