Pendant le weekend

Oublier Paris #95 (RIP) (1707 samedi 13 février 2021)

 

 

 

une boutique de livres rares, dans ce quartier, ça avait quelque chose de courant normal évident bien sûr (ici en avril 2008)

des souvenirs historiques et littéraires – c’est inscrit dans le marbre gris (en février 2009)

(non, la qualité des images est ce qu’elle est (industrielle) : on fait des raccords pas toujours précis- au cinéma Godard par exemple les préfère quand ils sont faux) – c’était un quartier dans Babylone où ce type d’officine avait quelque chose de voisin, un ectoplasme du standard qu’était la librairie (septembre 2013)(des soldes en septembre ?) – la boutique n’en fait pas, non –

ce type avec sa chemise rose, là, par exemple, s’il continue vingt mètres, il passe devant Le Divan une librairie où on trouvait tout ce qui existait en poésie revues et autres types de publications (ça vend de la fringue aujourd’hui) (c’est juste un peu différent tu me diras : ici avril 2014, faire du propre) (la mieux de la série)

la bignole nettoie son pavé – on vend des lettres, des tableaux, des sculptures – dans toutes les boutiques du quartier, on fait aussi dans l’antique (c’est resté, ça) (on est en juillet de la même année 14 – les dates sont à prendre avec précaution quand même) (c’est qu’elles aussi sont industrielles)

(on voit réapparaître ce portrait craché et flouté dans la vitrine – pour entrer sonner (le petit carré blanc à gauche de la porte : on trouvera le même dispositif dans les joailleries – telle la gale, elles s’installent tout au tour de la place, autour de l’église – il y a quarante ans, il y avait là un disquaire ainsi que ce qu’on nommait drugstore) (juin 2015)

attention travaux (dans ce drugstore, un certain Carlos balança (en 1974) une grenade pour faire parler de lui : deux morts, une trentaine de blessés) en juin 2015, tu te souviens, c’est juste avant hier (mai 2016)

ce type veste bleue chaussures dans les jaunes on dirait, cartable de prof ou de quoi ? va vers les Beaux Arts – cette rue (tiens le tableau portrait est dans l’autre vitrine : août 2016)

(il n’y a pas un mois, un camion fonçait dans la foule de la promenade des Anglais – près d’une centaine de morts, plusieurs centaines de blessés) – Bonaparte, la boutique était au 27 –

un an plus tard (août 2017 : le cintré est entré dan son wtf palais du faubourg saint-ho) j’ai allongé la focale pour qu’on ne voie pas trop la voiture industrieuse – passent les jours et passent les semaines –  on peut s’amuser au jeu des sept erreurs (avril 2018)

ça ne se voit pas (d’ailleurs on ne voit jamais personne à l’intérieur de cette boutique) ça ne se voit pas mais on pense à vendre

voilà, c’st fait : c’est juin 2019 – on vend des colifichets de marque (très bon prix, zone de chalandise au top, luxes et fourrures, champagnes et étincelles) (la France lvmh ysl ou autre, ou est le problème ? ) – voici la rue (on a remarqué le petit truc merdique collé-là par le producteur d’image qui matérialise je ne sais quoi – sur cette photo de la rue, il y en a partout

comme ça tu sais où tu dois aller acheter) – je me rapproche de la vitrine (je cherche STGME2, elle n’y est pas) (je ne suis pas acheteur non plus)

on reconnaît ce malheureux petit journaliste à la houpette (en pantalons longs, quelle faute de goût) son clébard son capitaine sa castafiore floutée elle, certes, des trucs, des machins à vendre comme les autographes d’avant (on a gardé le marbre, ça fait vrai) – je suis un peu déçu – plus haut du côté du jardin, dans la rue Madame

chez un coiffeur, évidemment, en bleu (avec chapeau) et en jaune (en cheveux), voici la reine, il y a (si on distingue tout à droite encore ce Tintin – au milieu en marron c’est Einstein) oui, enfin non, il n’y a plus d’après – à Saint-Germain-des-Près…

Hein.

On remercie l’amie Employée aux écritures (son article « Vie (longue) et mort (récente) d’un commerce d’autographes » à lire sous le lien) grâce à qui la matérialité du changement de propriétaire de la boutique Autographes a permis l’écriture de ce billet

 

 

 

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5 Comments

    ici aussi j’ai vu dans mon quarter les deux libraires d’ancien et quatre antiquaires ou décorateurs céder la place à la fringue (et la fringue déstructurée à prix d’or)

  • Tournesol sous cloche : tout est normal !

  • @brigitte celerier : babylone est partout…
    @M.Lepiq : la fête des affaires…

  • Merci pour l’enquête visuelle qui confirme mon impression, la transformation aurait donc moins de trois ans.

  • Je me souviens avoir déchiffré à plusieurs reprises ou années d’intervalle les « autographes » en devanture (j’avais… phautographié cette boutique, mais de manière amateur).

    Eh oui, tout change (même les photos Google qui sont comme celles des annonces immobilières avec leur nom en plein milieu, des fois qu’on voudrait les utiliser)…

    Puisque les livres nagent dans l’Amazon, pourquoi s’embêter à aller en chercher dans les rares librairies survivantes ?

    La rue de Verneuil, avec la maison de Gainsbourg (transformée en musée ?), n’est pas loin. J’ai une chanson en tête. Et des 33 tours vinyles dans un placard. 😉

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