Pendant le weekend

Jimmy’s Hall

 

 

jimmys hall 12En partant du Louxor, on passe au dessus des voies de chemin de fer de la gare du Nord, dont certains des trains vont à Londres (en jaune sur l’image)

 

Depuis que je le connais (probablement 1975 une première vision de Family life -1971) , j’admire cet homme, Ken Loach. Il y a quelques années, à Beaubourg on donnait les divers numéros d’une série de documentaires télévisés, « Cinéastes de notre temps« , produite par Jeannine Bazin et André S. Labarthe lequel vint présenter une ou deux projections. Je me souviens, les grandes lunettes, le sourire amical filmé dans le train, long travelling, c’est que j’aime le cinéma voilà tout, et que ce film, « Jimmy’s Hall » en est un des fleurons. Voilà tout.  Ecrire un billet à ce sujet, ne pas laisser les choses et les souvenirs s’en aller, continuer à essayer de comprendre et d’apprendre, de voir et de reconnaître les vraies idées comme il faut qu’elles nous soient transmises, par l’âme, le sentiment, la vérité des attitudes, la légitime indignation et la franchise : oublier les guerres, les haines, les déceptions recuites, continuer à danser et à écouter de la musique, telle est la seule morale de ce magnifique film.

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Revenir, quelques années après la guerre. retrouver sa vieille mère, retourner à la tourbe,  recommencer à oeuvrer pour les personnes qui vivent là, parce que du temps ancien où il fallut qu’il s’en aille, on a gardé, pour lui, pour cette salle polyvalente (comme on dit) une idée qui ne s’est pas affadie, malgré la guerre civile peut-être, malgré le temps qui s’en est allé. Recommencer, apprendre à danser, recommencer, se souvenir des cours de boxe, de ceux de dessin, chanter tandis qu’il pleut dehors. Rien : juste rester en dedans, rester et faire avancer les choses en parlant avec les amis, ne pas se fier à la parole des ennemis : le père qui dit ainsi que oui, il viendra si on donne à son église la propriété du terrain joue de cynisme et d’hypocrisie. Dans le même ordre d’idée, Jimmy ira au confessionnal, et déclarera à cet homme qui semble fait pour écouter ses semblables qu’il n’entend rien, qu’i n’écoute rien et que la volonté des choses (et donc de Dieu) c’est que chacun puisse danser (oui, danser), et apprendre et se laisser porter par ce qu’il aime, voilà tout. Apprendre à lire. Apprendre à chanter. La musique, la seule qui vaille, la vraie qu’elle soit de jazz ou de folklore, celle qui vient des âmes. Alors peu importe, on dansera, on chantera. Il faudra se battre, on se battra, mais tant pis, pour la musique, pour la danse, pour le charme qui se saisit du sacré de cette véritable envie de vivre, on courra et on s’enivrera.

jimmys hall 1Jimmy Garlton interprété par Barry Ward

Je ne veux plus trop prendre de photos des films que je vais voir (depuis « Sandra » (1965, Luchino Visconti) où un sale type m’a agoni d’insultes-bien sûr, j’exagère – pour la lumière émise par le portable).

jimmys hall 2L’amie de Jimmy, OOnagh, interprétée par Simone Kirby

Nous étions au premier balcon du Louxor, j’avais ma veste sur mon genou, je cachais l’appareil j’en cachais la lumière, et j’appuyais sur l’écran pour déclencher la prise de vue. Les images sont ce qu’elles sont : c’est le générique du film, et le premier plan .

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jimmys hall 4 Francis Magee      Aisling Franciosi

Au loin s’avance une carriole tirée par un âne, un mulet ou un bourricot. Deux hommes y sont assis , Jimmy et son ami. La carriole vient vers nous.

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Des images de loin, et comme le cinéma tient surtout, je pense, par ses acteurs et ceux qui les dirigent, tout comme ceux qui les éclairent et les fixent, ceux qui les habillent et les maquillent, enfin tout ce beau monde qui travaille à l’édification d’une histoire, j’ai essayé de rendre quelque chose de ce spectacle formidable.

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Depuis des années, Ken Loach et Paul Laverty travaillent ensemble : un cinéma allégorique, une éthique juste, digne et  impressionnante, la vérité d’une époque (la leur, la notre).

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Il y avait peu de monde dans la salle, et c’est dommage. Le générique était en noir et blanc (le générique est une des principales parties d’un film), ici il est magnifique (coup de chance donc, mais surtout coup de chance d’avoir pu voir ce film). Lorsque Jimmy, à nouveau, sera banni, pour toujours cette fois, de cette Irlande, des jeun es gens en vélo viendront le saluer, et rire, encore, avec lui : et pour toujours, rire et en être heureux…

 

 

 

 

 

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2 Comments

    N’étant pas à Paris en ce moment, je n’ai pu encore voir ce film.

    Mais il est évident que sa projection au Louxor ne peut qu’ajouter cette « touche » particulière que ce cinéma semble décerner aux œuvres projetées, et vues aussi bien du rez-de-chaussée que du premier ou second balcon (salle Youssef Chahine)…

    Je ne suis pas un fan absolu de Ken Loach, parfois un peu démago sur les bords, mais Jimmy’s Hall semble atteindre ici une ambition sans concession.

  • @Dominique Hasselmann : ah non, les places du rez-de-chaussée comme celles du deuxième balcon de la salle Youssef Chahine au Louxor sont nettement moins confortables (et je ne suis pas d’accord non plus avec ton affaire de « bords » pour une démagogie de Ken Loach, mais ça ne fait rien) : merci du passage en tout cas…

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