Pendant le weekend

1. Hôtels Modiano

 

 

La liste (non publiée car en cours d’élaboration) (on l’aura demain après demain) des hôtels qui semblent apparaître dans ces romans recense pour son début des établissements hors de France. C’est un peu différent de ce à quoi on s’attend (?) . Par ailleurs, enfin je ne sait pas trop, mais la fréquentation de cet auteur ne m’est pas venue de ce livre (le cadeau vient de quelqu’un, (E), qui sait mon plaisir à lire les textes de celui qui se surnomme – ou qu’on a surnommé, j’en sais rien – Patoche : la plupart des exemplaires de ces livres dont je disposais – dont un « Rue de boutiques obscures » (prix Goncourt je crois bien) dans la collection dite « blanche » de cet éditeur offert par mon frère – je ne goûte pas spécialement ce type d’édition, mais n’importe, tout ça a disparu dans la maison brûlée). Et ce qui m’étonne et m’inquiète, très souvent lorsque j’y pense (je veux dire à ce type-là) c’est cette taille (il est grand pas loin de deux mètres). On s’en fout, c’est certain, mais c’est un trouble qui lui va bien, disons. Donc je partage la liste en billets de dix établissements, ou plutôt dix clichés, et advienne que pourra.

 

Après l’Aviz vient l’Adlon (ici son emplacement en ville)

là la façade qu’il présente aux personnes suffisamment argentées pour prétendre y séjourner (270 euros la nuit quand même stuveux)

Ca se passe à Berlin et sa porte de Brandebourg (dans mon sentiment, ma mémoire, mon souvenir il y a résonance avec le check point Charly ainsi qu’avec le « Allemagne années zéro » de Roberto Rossellini (1948)), ville depuis quelques temps réunie allemande (la chute du mur, celle de l’union soviétique, celle du siècle et du millénaire : ça ne nous rajeunit pas), mais toujours le temps est passé : on se trouve dans les années d’écriture allant de « Villa triste » (1975) à « Dora Bruder » (1997) et les choses vont comme elles vont, comme on voit, elles ont changé.

La recherche de ces hôtels est certainement vouée à l’échec, un peu comme un thème qui sublimerait les écrits dont on parle… Certains ont disparu, ont changé de noms, d’emplacement sans doute, de classement des nombres d’étoiles sûrement; parfois, l’auteur fait en sorte de perdre le lecteur, c’est aussi pour ça qu’on l’aime (je ne suis pas sûr que ce soit, d’ailleurs, quelque chose de recherché : je ne le vois pas comme un pervers, mais plus comme une sorte de rêveur)

La liste continue par l’Algonquin

(fait penser à l’atelier d’écriture d’été #9), ça se passe à New York, dans la quarante quatrième rue (186 euros – à peu près autant de dollars j’imagine) et rien ne fait plus penser à un hôtel qu’un autre. Les continents sont comme les choses, ce qu’ils sont, le Sémiramis se trouve au Caire, à la nuit

s’y croit-on ? (c’est un intercontinental – si  cette chaîne existe toujours – 147 euros, combien de livres égyptiennes, qu’en sais-je, nul doute qu’on règle en monnaie occidentale, carte bleue ou autre) (il existe d’autres hôtels Sémiramis ailleurs dans le monde, c’est une sorte de pli), je n’ai pas d’habitude de ces établissements, mais j’en agonis le service obséquieux et le personnel, échine courbée attendant le pourboire, propre sur lui qu’il m’arrive de croiser – parfois rue de Rivoli, devant l’hôtel Meurice vaque un voiturier en chapeau, si ce n’était si tragique ça prêterait à rire – : c’était le champ, là, de l’autre côté de la rue coule le Nil

le contrechamp, la nuit, le fleuve, l’Afrique, du Nord sans doute, puis on passe à Bruxelles

qu’ont donc ces immeubles, tous semblables (celui-ci n’a pas (trop) souffert des guerres, il me semble – mais qu’en sais-je ? rien – , place de Brouckère – 115 euros – et cette place, Brel et son ‘c’était au temps’ etc…) il m’apparaît maintenant que je commence à les connaître (je les cherche, je prépare mes prochains billets, je regarde, je m’égare, je découpe, je relis…) il me  semble qu’ils offrent une espèce de havre illusoire, on entre et le monde entier s’échappe dans un autre univers, c’est bien ça (des hôtels Métropole, il y en a une ribambelle, une foule, une chiée, je n’ai pas spécialement cherché mais celui-ci se trouve en Suisse :

Interlaken champ (116)

ici le contrechamp aux vaches (le lait, le chocolat, on a  échappé à la neige)

sans doute manque-t-il aussi de la musique (l’auteur a écrit des chansons, un scénario « Lacombe Lucien » (Louis Malle, 1974)) mais elle manque ici, on trouvera un Métropol (sans son « e » final) à Paris, rue de Maubeuge (9) (une chambre disponible aujourd’hui à 52 euros)

puis viendra le tour du Tunisia Palace de la Marsa (112) – c’est sans doute aussi par ici que la fiction me rattrape : je suis dans les souvenirs, tu comprends, j’ai établi une liste des cinquante souvenirs qui se sont déposés avant mon passage par l’aéroport de Nice-Côte-d’Azur, où j’ai failli me perdre, à l’escale, quatre heures de l’après midi, et tant de chose qui se retrouvent, se retrouveront : j’ai cherché à la Marsa – le terminus du TGM comme on sait (?) (T pour Tunis, G pour La goulette, M pour la Marsa)

les palmiers, la mer bleue oh Suzie, toute la vie, certes, et enfin à Nice, l’hôtel Gounod (62 ou 59e)

où il est normal, donc, que se termine ce premier compte-rendu.

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3 Comments

    belle façon de les faire (même pour désapprouver) un peu vôtres au fil de l’énumération

  • A l’Aviz, j’ai dormi (en promotion) comme je vous disais l’autre jour, à l’Adlon j’ai juste bu un verre de vin blanc : trop petits moyens… Et je crois bien que ce sera tout pour mon expérience hôtelière modianesque.

  • @brigetoun : on n’en a pas fini… j’espère que vous ne vous lasserez pas… Merci du passage
    @l’Employée aux écritures : j’ignorai ce détail de votre biographie, Employée, vous avez donc pu dire, ce jour-là, devant ce verre de vin blanc « Ich bin ein Berliner… » (mon allemand est penaud, et je ne connais pas le féminin -qui, certainement – existe, avec mes excuses). Pour le reste, vous verrez dans la liste de demain. Merci de vos commentaires et passages.

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