Pendant le weekend

1945 Jeudi 7 Octobre 2021

 

 

 

 

il y a quelques années déjà (avec cette saloperie ambiante dont profite hypocritement le petit cintré pour faire avancer ses amis laborantins et gafameurs de tous poils startuppeurs de startup néchionne j’en passe et de bien pires, on a un point de repère : c’était avant) j’avais dans la rue des Pyrénées acheté une veste d’un faiseur (l’amant de quelques années de la Moreau) (photo de stock) (Jeanne – Pierre)

ça ne pouvait pas être plus qu’une vingtaine d’euros (pauvreté n’est pas vice, comme on sait) – la doublure (bi-colore, signée tous les 5 centimètres) (l’homme avait un ego assez surdimensionné) s’en est effilochée au col un jour de ce printemps, puis un peu plus cet été – c’en est devenu une espèce de chiffon – mais elle me plaît je la portai au mariage de S. l’été précédent – j’ai pris la décision irrévocable de la faire changer, je suis donc allé

chez Fil Moïse (une assez bonne maison dont je ne connaissais que l’emplacement et le tenancier : il était absent)  j’ai laissé l’objet (je suppose que j’en aurais pour 30 e, jte dirais) (essayé d’appeler mais le téléphone ne répond pas) (j’y repasse taleur, t’inquiète #P4) et m’en suis allé

déjeuner à la Cantine (coin Morand/Fontaine) un plat curry de poulet riz petits pois cuisinés, une cuillère de piquant (« il est très fort » me dit une jeune femme assez accorte, tant mieux fis-je) 4,70 e – je m’installai sur une des chaises de jardin qu’il y a là sur le trottoir, devant une table de jardin et un soleil assez radieux (zeugme), des jeunes gens travaillaient au mur d’en face

on ne voit jamais ce qu’on cadre : avez-vous remarqué la main sur le rond blanc du potelet bord cadre à gauche vers le bas ? un peu plus tard (à peine) (elle n’y est plus) (j’aime l’arbre du coin droit, en haut cependant)

c’était bon – à côté de moi, un type en chapeau rouge plumes coquettes ou tyroliennes (qui peut savoir)  plus foulard dans les couleurs vives barbiche mangeait la même chose (boulgour en accompagnement certes) (on est ce qu’on mange, aussi) – il se trouvait être libraire de livres rares (il connaissait monsieur Poulet de la rue de Charenton – c’est dans le 12) je lisais un peu de Nocturne Indien (Antonio) qui ne me quitte guère (cependant je n’ai pas vu le film qu’en a tiré Alain Corneau – ça viendra peut-être – bien que le fait de donner un nom au héros soit une faute de goût majeure (surtout celui qu’il a choisi, même  si l’Antonio l’a nommé ainsi – en anglais certes – je soupçonne ce réalisateur de ce genre d’exaction) (j’aime bien, en revanche, Yves Angelo qui en a fait l’image) (son Série noire : non, pas trop – c’est que je n’aime pas Dewaere aussi, il faut dire, pour Anglade je n’ai pas encore de religion précise) – on a parlé boutique, il m’a dit « la prochaine fois qu’on se voie je vous offre un livre de Tabucchi » – trop gentil le mec – ça c’est Paris ? certes – on s’est échangé nos numéros de téléphone et prénoms et noms – je m’en suis retourné vers mes ennuis (fiscaux, administratifs, sociaux, ménagers etc.) (vestimentaires ? non pas) en passant sur le boulevard ces 3 armoires

sur celle de gauche, vue de Paris, métro Passy (on pense aussitôt au dernier tango – à Paris certes – et à Maria Schneider  – pour les autres, notamment mâles, ni oubli ni pardon)

allez je vais reprendre un café

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4 Comments

    coup de nostalgie en vous voyant parler d’un libraire d’ancien… les deux devant lesquels je rêvais dans mon quartier avignonnais sont devenus des vendeurs de fringues déstructurées à prix d’or… (tous mes voeux pour la veste)

  • « Nocturne indien » : beau film d’atmosphère.
    Patrick Dewaere : acteur sur le coup (de feu).

    Mur en peinture : belle escalade. 🙂

  • @Dominique Hasselmann : merci à toi

  • @brigitte celerier: un métier en péril en effet… merci à vous

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