Arno Bertina notes de séminaires
notes prises papier crayon – ont vocation à être analysées peut-être mais surtout additionnées au long du cycle (une douzaine de séances – les deux premières manquées – celle du 13/3 hypothétiques – en mai on part, donc…) les vendredis printemps/été : les allées et venues se multiplient –
06 03 2026 Séminaire Arno Bertina (AB) (une quarantaine d’auditeurices (pas compté mais sans doute plus de femmes) – jeunes et âgé.es
Vendredi 6 mars 2026 : Un moment de bascule : l’an 2000. Patrick Modiano, Emmanuel Carrère, François Bon
Invité : Laurent Demanze (Université Grenoble Alpes), auteur notamment de « Un nouvel âge de l’enquête » (Corti 2019).
séminaire 3 : Patrick Modiano (Dora Bruder); Emmanuel Carrère (L’adversaire); François Bon (Rolling Stones)
avec Laurent Demanze (LD)
présentation : (prof Grenoble) (thèse sur une critique d’Hérodote – dont il est lecteur assidu) – auteur de monographies (Pierre Michon, Pierre Bergounioux…) etc. ici pour son ouvrage le nouvel âge de l’enquête
fictions encyclopédiques – amené là par Rimbaud le fils (Pierre Michon) (avec les conseils et/ou appuis théoriques) de Dominique Viart et Dominique Rabaté
autre synthèse le numéro de la revue Romantisme dirigé par Dominique Kalifa
et aussi mot mana (vocabulaire plus ou moins tahitien – caractère sacré des choses etc.) -vers la non fiction l’enquête l’enquêteur le détective etc.
(AB) perspectives historiques (séminaires 1&2) négociations conflictuelles – le sem 3 posera des jalons contemporains l’enquêteur l’arpenteur le lien avec le monde
(LD) une figure apparaissant sur les cendres (ou les ruines – ndc) d’un autre monde (le contemporain après le surréalisme,les diverses revues tel quel etc le nouveau roman…) les caractères de l’avant-garde – le travail consistant en un déchiffrement de textes reçus, la réception et ses effets sur la non fiction (et vice versa) plutôt étazunienne – par (contre)exemple ici Michel Leiris dans les années 30 – aujourd’hui années 2000 les éditions du sous-sol, cristallisation du tournant documentaire (Hal Foster)
Penser aussi aux écrits réalisés avec les concours des écritures publiques (les résidences etc) influent sur la vie du livre, sur l’histoire même de la littérature, qui viennent en soutien de ces activités ( voir Gisèle Sapiro) – les écrivain.es deviennent acteurices du monde social; des formes différentes de littérature sont encouragées soutenues intensifiées réactualisées
(AB) Georges Perec ? depuis 30 ans très en vogue (ndc)
(LD) la littérature transitive comprise comme une basse continue – GP au premier rang de cet aspect ce dispositif ce protocole- reste contemporain, cardinal capital sursollicité (Claude Burgelin : une figure fraternelle qui nous invite – diversité des champs d’action (littéraires) – s’en réclament par exemple Hélène Gaudy Jean-Christophe Bailly Isabelle Borgi (?) (thèse sur les dispositifs et protocoles adoptés sans doute par GP)
(AB) s’intéresser à sa propre anthropologie – Apparaître dans le champ de la caméra
(LD) relation à l’omniscience (connaissance de la transparence des cœurs – au 20° s et 21° s le champ est restreint (Aurélie Adler chorale) – années 30 du 20°Michel Leiris il n’y a pas de subjectivité/objectivité – le paradigme inquisitorial – lepouvoir de l’auteurice
3 cas donc
Modiano : Dora Bruder comme franchissement d’un seuil, narration allant plus vers l’historien – la sienne spectrale fantomatique parler de sfumato – la recherche entreprise dans le roman : les fugues et les troubles de Dora
(AB) respecter la fiction incandescente et troublante
(LD) les disparitions dans l’œuvre de Modiano – (Dominique Rabaté) – mise en scène de l’horizon désiré mais dans lequel on se perd – hors d’atteinte (caché inaccessible) – le narrateur cherche autre chose _ dissociation de la littérature et de la politique policière (inaccomplissement)
(AB) une grammaire du récit documentaire – pas de mystère tout va être donné – mais la polémique avec Serge Klarsfeld qui a aidé à la documentation mais n’est pas cité dans le roman – Modiano l’auteur ne cite pas ses sources « on m’a donné trois photos » etc.
(LD) occultation – un dialogue contrarié avec l’histoire – compliqué – un autre régime de savoir – un désir de transparence (vertu inaccomplie…) -l’appropriation oblige à négociation discussions co-autorialité
(AB) le sfumato de Modiano – les liens avec l’actualité défigureraient la page (une espèce de vulgarité)
discussion sur Emmanuel Carrère – la lettre qu’il envoie à Roman (jean-claude) – la posture victimaire (j’ai fait des conneries) mais narcissique au plus haut point – c’est une façon de faire ndc) – une présence permanente dans le roman – volonté « assumée » de la place inconfortable mais aussi mobile tout au long du roman
Bon : Rolling Stone bio ou imaginaire ? en tout cas l’explicitation d’une histoire d’un groupe (chorale de tout l’heure ndc) qui permet de mettre au devant Keith Richards plutôt que Mick Jagger – il parle de la croûte du monde – son dispositif est le roman lui-même – référence au rhapsode qui s’organise par petite touches (impressionniste ndc) – pour le cas présent : brouiller les pistes de la réalité – (écrire c’est faire advenir ndc)
(AB) quelles intentions esthétiques ? Quel pacte autobiographique ? – manifeste personnel pour François Bon le geste artistique va à KR
Vendredi 13 mars 2026 : Que fait la littérature au témoignage ? Comment elle le trahit, comment elle l’augmente ou comment elle le modifie ?
Invitée : Catherine Coquio (Université Paris-Diderot). Pour évoquer notamment l’œuvre de Charlotte Delbo (« Auschwitz et après I, II, III et IV ») mais aussi « Je suis ma liberté » de Nasser Abou Srour.
le programme :
[EHESS 1/2]
J’aurais du faire ce post il y a quinze jours mais voilà, bon, bref.
J’occupe depuis l’année dernière la chaire de création artistique imaginée par l’EHESS. Un des deux séminaires que j’anime ce semestre porte sur les récits documentaires en littérature (c’est l’UE885). Je publie ici le programme complet puisque l’une des vertus de cette école est d’accepter, à bras ouverts, les auditrices et auditeurs libres, c’est-à-dire vous, vous et vous

Le lieu : campus Condorcet, à Aubervilliers. Station de métro « Front Populaire ». Bâtiment des colloques (à 20m de la sortie du métro). Salle 3.06. Tous les vendredis, de 12h30 à 14h30.
Présentation rapide de l’enjeu :
Si le roman a été la forme hégémonique au XXe siècle, en Occident, force est de constater que se sont multipliés, à compter de l’an 2000, les récits documentaires dont l’ambition est littéraire plus que journalistique. Suspectée d’être une spéculation gratuite, la fiction est même dite en perte de vitesse. En prise avec le réel, l’enquête littéraire serait au contraire plus sérieuse ou plus utile ? Dans ce séminaire on s’interrogera sur une quinzaine d’œuvres récentes, publiées dans la sphère francophone, en nous demandant ce que ces œuvres bousculent de nos représentations et de notre rapport à la littérature. En nous demandant aussi et surtout ce que cette littérature apporte à des terrains ou des sujets souvent déjà quadrillés par les sciences sociales. En nous demandant enfin ce que ces terrains perturbent des conventions et des formes littéraires héritées.
Une question « Que fait la littérature avec » qu’on peut entendre aussi comme ça : « Que fait la littérature à » Que fait la littérature au fait divers, que fait-elle à l’idéologie, etc. Que fait-elle des réalités sociales mais donc aussi que fait-elle (la littérature) aux réalités sociales ? La réalité de la prison, par exemple, oblige-t-elle la littérature à se réinventer, et la littérature bouscule-t-elle quelque chose de la société carcérale ou policière ?
Vendredi 20 février 2026 : Perspectives historiques
Vendredi 27 février 2026 : Perspectives historiques (suite)
Vendredi 6 mars 2026 : Un moment de bascule : l’an 2000. Patrick Modiano, Emmanuel Carrère, François Bon
Invité : Laurent Demanze (Université Grenoble Alpes), auteur notamment de « Un nouvel âge de l’enquête » (Corti 2019).
Vendredi 13 mars 2026 : Que fait la littérature au témoignage ? Comment elle le trahit, comment elle l’augmente ou comment elle le modifie ?
Invitée : Catherine Coquio (Université Paris-Diderot). Pour évoquer notamment l’œuvre de Charlotte Delbo (« Auschwitz et après I, II, III et IV ») mais aussi « Je suis ma liberté » de Nasser Abou Srour.
Vendredi 20 mars 2026 : La figure du témoin qui nomme difficilement ce dont il est le contemporain. Les mutations du monde du travail bousculent la littérature.
Des œuvres : Jean-Paul Goux (« Mémoires de l’enclave », Mazarine 1986 ; collection Babel 2003), François Bon, « Sortie d’usine » (Minuit 1981) et « Temps machine » (Verdier 1993).
Invité : Yves Pagès (« Petites natures mortes au travail », Verticales 2000 ; « Portraits crachés », Verticales 2003).
Vendredi 27 mars 2026 : La figure de l’enquêteur. Comment recueillir les témoignages ? Que fait la littérature aux voix recueillies ?
Une œuvre, celle de Jean Hatzfeld : « Dans le nu de la vie », Le Seuil 2000, « Une saison de machettes », Le Seuil 2003, « La Stratégie des antilopes », Le Seuil 2007, « Englebert des Collines », Gallimard 2014.
Vendredi 3 avril 2026 :
Première heure : La figure de l’enquêteur masqué : Nellie Bly (« Dix jours dans un asile », Points-Seuil 2016), Jack London (« Le peuple de l’abime »), Florence Aubenas (« Le quai de Ouistreham », L’Olivier 2010 et Points-Seuil 2021)
Deuxième heure : le fait divers, avec les livres « Si petite », de Frédéric Boyer (Gallimard 2024) et « A bout portant », Versailles 1972 de Philippe Artières (Verticales 2024).
Vendredi 10 avril 2026 : Témoigner/militer
Première heure : La question du militantisme. Ou celle des limites de l’empathie. La question du régime de vérité : la critique de « Hommage à la Catalogne » (Georges Orwell) par Claude Simon dans « Les Géorgiques ».
Deuxième heure : Écrire la prison.
Invitée : Jane Sautière, pour « Fragmentation d’un lieu commun », Verticales 2003.
Vendredi 17 avril 2026 : La figure de l’arpenteur. Que voit-il ? Cherche-t-il quelque chose de précis ?
Deux livres : « Le Dépaysement » de Jean-Christophe Bailly (Seuil 2011 et Points-Seuil 2012) et « Soixante-dix fantômes (choses vues) » de Nathalie Quintane (La Fabrique éditions, 2025)
Vendredi 22 mai 2026 : Style (ou proposition formelle) et démarche documentaire : Sophie Divry, « Cinq mains coupées » (Seuil, 2020), Perrine Le Querrec, « Le prénom a été modifié » (La Contre-allée 2022 – première édition 2014) et Lucie Taïeb, « La Mer intérieure » (Flammarion 2024).
Vendredi 29 mai 2026 : Le théâtre documentaire aujourd’hui. Invitée : Delphine Edy (université de Strasbourg). De Peter Weiss (« L’Instruction », L’Arche éditeur 2000) au théâtre de François Hien (auteur de « La peur » notamment).
Vendredi 5 juin 2026 : Deux exposés :
– comparer « Témoin » (La Contre-allée 2016) de Sophie G. Lucas, et « Le témoin » (Flammarion 2024 et collection J’ai lu 2025) de Joy Sorman.
– comparer « La Folie océan » (Seuil, 2025) de Vincent Message, avec « Les dernières écritures » (POL 2025) d’Hélène Zimmer.
[…] L’employé aux écritures en rendra compte, questions de méthode (sous ce lien, bientôt) (c’est là) – on s’en va deux heures plus tard passant […]