Pendant le weekend

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C’était il n’y a que quatre ans. Comment se nommait ce village, je ne sais plus (la Ferté Vidame pourtant), il n’y pleuvait pas, il y avait des tentes sous lesquelles on parlait, je me souviens de bibliosurf peut-être, on parlait, des auteurs étaient réunis comme ces années suivantes, on avait été aux réunions de préparation, je me souviens de ce dimanche où brillait le soleil, des familles entières sous les arbres, le pique-nique, les jeux, les annonces, les tables rondes, rien n’est perdu, sous le ciel brille la paix, on peut bien écouter des chansons, parfois, durant ces deux derniers mois, un été de poésies en chanson, « le bal chez Temporel« , et d’autres, tant d’autres, « une nouvelle émission il n’y a qu’une chose de nouveau le titre ! », on sait bien d’où viennent ces airs-là, il y avait le petit conservatoire de Mireille, le Sacha Show et Guy Béart (né en 1930) qui faisait sont émission, je ne sais plus (ça s’appelait, paraît-il, « bienvenue chez Guy Béart »), il y a des choses qui s’éffacent et c’est tant mieux, il y a des choses qui restent et on les oubliera plus tard,  c’est que les mois d’été, ces mois qui sont dans la colonne de droite en haut du calendrier des postes me sont, parfois, lourds à porter

vingt juillet et treize septembre, je regarde passer la pluie

il y a aux ciels des nuages, tatouages de la chanson, Liban et Syrie, je regarde les bombes qui vont pleuvoir, mille neuf cent quarante huit et Exodus, Paul Newman et Otto Preminger,  j’ai des champignons sous les pieds, je me soigne mais je ne peux plus marcher, j’écoute de la musique, je regarde le soleil qui se couche, je traverse avec toi le pont

nous allons voir cette exposition, magique peut-être, mais nous sommes déjà des experts en public, en musées et en artistes, nous regardons la caissière qui nous inflige un « ici c’est le ministère des affaires étrangères qui gère » j’adore ça, dans la rue on déménage c’est début septembre, dehors le ciel est gai, dans dix jours nous irons sur la lagune, je prépare les billets, j’achète des chaussettes et des mouchoirs, il ne fait pas si moche, dehors un texto m’arrive « le téléphone est en panne appelle moi sur le portable merci de ta compréhension » l’ampoulage de la politesse feinte, détestable, les auditions pour le conservatoire battent leur plein, elles se sont levées aux aurores, comme si leurs vies en dépendaient (et c’est qu’elles en dépendent), il y a tous les jours, tous les jours des horreurs et des morts, il y a tous les jours, tous les jours des naissances et des joies, il y avait hier soir, sur l’écran de la salle numéro deux du marin karmitz deux du quai de seine un film où deux acteurs mimaient l’amour, devant les cheminées d’une centrale nucléaire, et pour ainsi dire, le couple maléfique aurait dû être intimement lié au diable, à l’atome c’est insuffisant, au diable oui si l’on y croit ? Alors j’ai repensé à cette histoire des jumelles, cette histoire m’est revenue, j’ai regardé la perspective de la rue de Rivoli quand on la double par celle des Pyramides, j’ai repensé à ceux qui ici m’ont précédé, il y avait ce lion qui avait cette tête

il y avait cette multitude de petites figurines

qu’on avait placées là, quelques endroits de l’exposition, une sorte d’amusement tellement palpable, vivant, intelligent et drôle, qui emporte tout

mais je n’ai vu de Gamal Abdel Nasser que l’exposition de quelques machines à coudre, comme une représentation des Singer (je n’ai pas de photo) qu’on avait alors, sur des meubles, comme il en figure une

dans ce film aussi, « Yema » qu’on a  vu samedi peut-être, je ne sais plus, tu vois, je ne sais plus, et pourtant, le premier dimanche de septembre, des livres, des caisses et des cartes bleues, le monde avait tellement changé alors, pas même un an qu’elle avait disparu, mais les choses allaient comme elles allaient, alors bien sûr il y a toujours

au coin du boulevard et de la rue le fleuriste, toujours le fleuriste, et si le fleuriste est fermé je descends cette rue qui va au fleuve, je vais à la boulangerie qu’elle appelait « chez Saffray » qui a vendu, depuis, c’est autre chose, n’importe, acheter une douzaine de macarons, les lui offrir, tu ne devrais pas dépenser ton argent, non, c’est vrai mais à quoi il servirait alors ? sonner, monter, l’embrasser, il fait doux, il fait chaud, nous sommes sortis et il y avait du ravissement dans cette cour

même dans cette salle bas de plafond, il y avait la sensation d’avoir pu voir quelque chose de nous-mêmes quand bien même nous ne serions ni Egyptiens, ni Turcs ni Tunisiens, quand même nous ne serions ni Levantins ou Ottomans, je me suis souvenu d’Atatürk, son image dans la poste, et le temps est passé, de sur les plages les gens s’en sont allés, il fait doux l’écume est à la mer et aux vagues, le soleil doucement descend sur l’horizon, il fait chaud, il fait doux, avancer et continuer, tutoyer encore les saisons, les hivers, et au loin voir revenir encore le jour

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2 Comments

    Le 12 septembre, tu comblerais ainsi une lacune ?

    Tu ramèneras quelques photos-souvenirs et tes mots saurant les mettre en perspective…

  • je rapporterai (sûrement) des photos de porte de palais sur le grand canal…

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