Pendant le weekend

1426 – Huit mai – de saison

 

 

j’avais compté mais le compte s’est enrayé – huit mai, le dix neuf avril, j’en étais à 1407 jours depuis la loi travail – le calendrier de Nuit Debout qui existe toujours – rien n’a changé, tout est égal (ni loi, ni travail) (longtemps je me suis demandé pourquoi, dans quelle perversion il fallait être pour en arriver à nommer au ministère du travail une femme ? ce symbolisme – payée un tiers de moins que les autres, et la deuxième journée qui commence à six heures – sous Hollande ?)

(café TEC)

c’est certain, je n’y suis pour personne – et personne ne s’en occupe non plus : du travail, rien depuis –

tu me diras on s’en fout complètement, il y a la musique – Smile par Madeleine Peyroux ça ne peut pas nuire – il y a pas mal de choses qui hantent le rédacteur (il en fait part tous les jours, c’est chez ceux qui l’en empêchent – on va faire des courses ? on attend, on pose sur son visage un masque ou un sourire, on avance ganté tout ça pour ne pas mourir, pour ne pas souffrir, pour n’être pas malade – ces trucs-là, comme tu sais c’est dans la tête – c’est dans la tête aussi je veux dire –

faire preuve de discernement, laisser le contemporain et penser au passé, au futur, à l’avenir : replanter une haie (un type hier avait laissé des plans de buis « servez-vous » était-il inscrit, on s’est on replante on se rend utile – on travaille en télé c’est à pleurer (les dénis, les imbéciles « tout comme avant », les abrutis « rien ne sera plus pareil », il va falloir s’adapter, on en laissera sur le bord du chemin, les vieux (c’est fait merci : la moitié des morts en France le sont en EHPAD), après il y a les soignants (une prime, ça ira ? )

les intermittents on n’a qu’à les prolonger et les envoyer faire les clowns dans les cours d’école où les enfants masqués nageront dans leurs rêves (ça ira les parents au travail et les vaches bien gardées) – comme avant, comme pendant, comme après – ce n’est plus de la colère c’est de la honte – l’humanité ?

je ne tousse pas, je ne prends pas ma température, je ne m’allonge pas pour compter le nombre de respirations à la minute, non (moins de 20, ça va) , je ne suis pas « peut-être » malade, je le suis de ce monde-là sans solidarité, sans entraide, sans volonté de faire aller mieux les choses – rappelle moi, on fait quoi pour l’hôpital ? on compte les lits ? on continue, virons les plus faibles, on met en place les hypothèses susceptibles de foutre à la poubelle la sécurité sociale oui – mais on compte, on les compte, on les compte on n’a pas que ça à faire, l’hôpital, quel hôpital ? Ouvrez les écoles

sur la base du volontariat : regarder Singapour, ces jours-ci – l’appli sera opé début juin t’inquiète – colère ? non vraiment pas – mal au crâne, température toux – quelle heure est-il déjà ? Dehors les oiseaux chantent, comme nos lendemains – l’autre en bras de chemise (à pleurer de rire – à ses côtés son petit commis à lunettes en costume – non vraiment) avec ses pitoyables « jours heureux » ses pathétiques « chamailleries » –  « où vas-tu, petit garçon ? je vais à l’école/ Quand reviendras-tu? Jamais… » cette chanson Areski Fontaine Saravah : magnifique auberge des années soixante dix peut-être (72) – les enseignants, les soignants, les promesses – on attend un peu encore ? On attend…

 

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6 Comments

    et je pourrais sans doute renouer avec les cours basiques, mais il y a ce fichu appel à notre res-on-sa-bi-li-té… bon vais laisser les jeunes (enfin les quadras) décider

  • « Chamailleurs », plus exactement, donc visant des manifestants du 1er Mai (il n’a pas pu les nommer car la DGSI n’a pas retrouvé le fichier)…

    Merci pour le lien vers cette chanteuse un peu passée à l’as (mais faisant partie d’eux).

    Un peu sombres, quand même tes propos, alors que tu bénéficies d’une « zone verte » apte au « déconfinement » toutes voiles dehors : prendre du recul avec les Guignols – il a bien fallu remplacer l’émission de Canal + et ils ne sont pas encore tout à fait rodés, après les épisodes mal emmanchés intitulés « Code du Travail », « Gilets jaunes », « Réforme des retraites » – et respirer le bon air qui, chez toi, n’est pas artificiel. 🙂

  • @Dominique Hasselmann : il y a beau temps que j’a foutu la télé(et canal dieu merci comme disait ma grand mère) à la poubelle – je ne vois pas tellement de clarté dans les avenirs promis par barbalakon et le minus en bras de chemise -désolé. Madeleine Peyroux : parfaite.

  • @brigitte celerier : faites ce que vous devez, vous êtes une adulte qu’on sache, et merdozabrutis

  • vous donnez à réfléchir, du grain à moudre et ça fait toujours du bien, merci Piero

  • @Elise L. : mais merci de passer… (et oui, il faut réfléchir et ne pas se laisser aller à croire tout et n’importe quoi : rester éveillé – et courage pour la suite surtout…!)