2690 Samedi 3 Janvier 23025
en ce moment-même des pierres volent contre des types tentant de « maintenir l’ordre » et des hommes et des femmes tombent estropié.es blessé.es tué.es probablement (je me souviens de ces enfants, ce sont eux) (ou quelques uns des leurs) – un régime tombe – de l’autre côté du mur, un vieillard (il fêtera – peut-être – ses 80 piges et les 250 du pays qui l’élût cette année) fait sa colère, son empire vacille et sa bave, sa maladie l’emportent, ceux (moins celles) qui lorgnent sa place fourbissent leurs armes – il fait froid sur ce monde – en ce moment-même

hier soir, passant au dessus des voies de chemin de fer – en dessous, dans des centaines de tentes, des types qui fuient qui la guerre, qui la famine – c’est entendu, leur peau n’a pas la même nuance de gris que la nôtre – ils rient parlent tentent de survivre – juste en dessous

quelque chose n’allait pas hier soir avec l’appareil (c’est aussi un téléphone – mais seulement aussi)

le monde l’effervescence le gâchis de lumières

les trains s’en vont reviennent (Bruxelles s’en est allé, de retour en fin de mois pour un long voyage, il faut bien le voir, ce monde – certains, en dessous là, ont aussi cette ambition)

le froid c’est vrai – et probablement la pluie aussi ou la neige – bientôt peut-être, la chute de l’empire puisque, comme on sait, les civilisations meurent aussi – disparaîtrons-nous dans cette merveille d’effondrement qu’on nous serine à chaque sortie ou cette autre de sidération ? « en dehors de toi-même qui sait/ce qui est vrai ou faux faux faux » chantait Higelin – on l’aime toujours « beau beau ou laid/le monde est tel qu’il est »- on va avancer encore, écrire quelques mots pour Norma, quelques autres pour Aldo – continuer, rien d’autre à faire (tnppi disait contunuer) – il y avait la rue du faubourg

et droite cadre ces trois-là

les feux rouges les sens interdits les marques sur le goudron
au louxor 2 Les tigres (Alberto Rodriguez, 2025) policier, univers des scaphandriers prolétaires et du service après-vente des pétroliers – un beau couple de premiers rôles (Barbara Lennie et Antonio De La Torre) – angoissant, envoûtant, éprouvant, un beau film à l’esthétique un peu trop dronatique peut-être


leur peau n’ont pas la même nuance de gris que la nôtre et je me mets à détester mon rose terne