Pendant le weekend

# construire #11

wip ou tec titré comment naquit Norma (mise en page aventureuse illisible sans doute) (pour mémoire – il existe une entrée « Norma » dans les étiquettes) (il faudrait y aller voir)

 

 

               Il aurait fallu que je me mette à sa place, que j’endosse son vêtement. Que je sache discerner dans ses pensées quelques unes qui me seraient alors apparues compréhensibles mais non. J’aurais dû trouver quelques feuilles de papier sur lesquelles il aurait écrit quelques lignes afin de justifier peut-être son existence maligne diabolique mais je n’ai rien trouvé

          J’ai derrière moi un passé trouble. Depuis longtemps sur ce territoire, ces terres séparées d’eau, longtemps j’ai cru et sans doute crois-je encore à la force, la suprématie, l’intransigeance de la foi et du sang. Je suis arrivé ici en fuite, malade, sans possibilité autre que de respirer simplement et me soigner pour attendre d’en avoir fini avec cette vie, ce passage : une escale peut-être crois-je avoir le droit d’espérer, tout au plus – tout a été détruit, tout a volé en éclat sauf le réel. Ils me cherchent et finiront par me trouver, je n’ai plus d’amis – en ai-je jamais eu ? – l’amitié n’existe pas, trop fade frêle inutile frelatée – l’humanité cette engeance trouble et néfaste

pour lui, des enfants ? Une femme ? Une famille ?
pour Norma, des enfants ? Un homme ? Une famille ?
décidément non.

il m'arrive fréquemment de regarder les actualités - ce sont choses auxquelles on ne peut rien - 
de voir qui en sont les acteurs (ce sont plutôt des constituants de la gent masculine) ceux qui
 se nomment d'eux-mêmes des transhumanistes ce genre de types souvent milliardaires qui ont une
 foi indestructible dans les étoiles (mars notamment qui n'en est pas une mais qui demeure rouge
 à nos yeux) du haut de leurs montagnes d'or (picsou disney donald) ils contemplent leurs peuplades
 et dans le meilleur des cas,ou tout au moins le plus visible, lancent leurs guerres pour tuer
 sans la moindre vergogne leurs congénères - un treize juillet, j'ai partagé un peu cette honte
 qu'ils nous imposent de souhaiter la mort de cet être immonde (et c'est ce partage-là qu'ils 
m'obligent à subir qui me les rend encore plus odieux - probablement Norma qui ne se souvient 
de rien parce que tout lui a été si violemment et irrémédiablement ôté fait-elle "la part des 
choses" (ce ne sont pas les mêmes dont prenait le parti Francis Ponge) - je n'y vois pas pardon
 mais seulement et infiniment oubli 
dans le même ordre d'idée, quelque chose comme un rétablissement des ordres, mais il n'avait pas
 encore ourdi son action, Luigi - on verra sous le lien une image qui prouve, aux yeux de ce
 donald-là, que dieu existe : aux miens simplement que décidément, parfois, dans ce monde il 
n'y a de la chance que pour la canaille

          Je me cache et je m’enfuis, mais c’est la fin, là, juste là dans cette maison verte comme si c’était une récompense. Je n’ai fait qu’obéir aux ordres (on les taira, on les oubliera, on les effacera). Faire mon travail avec rigueur sens et vigueur comme on le demande à tous les subordonnés. La discipline sans états d’âme, quels qu’ils soient. En conscience, loyalement. ainsi que tous les militaires et les hommes de foi. On dirait maintenant (mais quand est-ce maintenant ?) pro actif (quelle est donc, et d’où vient-elle, cette pourriture ? ) – jy mettais tout mon cœur, j’y mettais du cœur, n’est-ce pas ainsi qu’agit que se crée qu’on convoque une morale ? La morale ? Me délivre-t-on de quelque mal ? M’enlève-t-on ces cauchemars ? M’ôtera-t-on ces pensées, ces regards, ces décisions, celui-ci par ici cet autre par là, le choix d’une force de travail ou d’un poids pour la société (celle-là même) ? Il y avait une rationalité scientifique à atteindre, une réalité à composer et à réaliser. En toute conscience.

Non. Le type se balance sur son fauteuil, le temps est clément, il fait doux, il faut bon, ses vêtements de lin ne lui pèsent pas, il respire, ne dort pas – il ne peut plus vraiment dormir, tel est son lot, il restera sans rêve, sans provoquer la moindre pitié ni la moindre charité (Ah Norma…) seul avec sa fuite (mais non, pas seul), ses peurs ses élancements, ses articulations qui grincent, ses sphincters qui mollissent, comme n’importe quel vieillard (c’est en effet n’importe qui pour elle : n’importe quel vieillard fatigué) et la visite quotidienne de cette folle ne lui enlèvera que partiellement, peut-être quelque secondes par jour, le poids la douleur la frayeur d’une vie perdue dans des idéaux immondes

          quelques douleurs, quelques fuites, quelques grincements

à quoi sert la fiction – il y a là les nouveautés qui paraissent (on dit cinq mille titres par an – on annonce le même chiffre pour le nombre de séries possiblement visibles dans le monde – il y aura bien un chiffre qui nous sera donné sur le nombre de films produits par et pour le cinéma depuis qu’il a été créé), un chiffre est incontestable – abonder la pléthore ou la foison – incontestable un peu comme une influence des mots à la mode comme immersion comme sidération ces habitudes langagières – cette jouissance de la certitude, se rapprocher de l’amnios – une île entourée d’eau – mais non, ça ne marchera pas

Le fait est que ça ne se passe qu’en très peu de temps – ça ne peut pas s’allonger, c’est la fin, bien que ça se prépare c’est déjà la fin la nuit noire – la nuit pas tout à fait noire – puis le jour qui suit, parce qu’il faut qu’il disparaisse et d’ailleurs qu’ils disparaissent – mais que devient Norma ? ça ne peux pas être une piste – il faut bien qu’il disparaisse sans laisser d’adresse pour s’en aller accomplir un autre contrat forfait meurtre – il (y) a la nécessité de commettre un meurtre un autre puis un autre jusqu’à ce que justice soit faite, cette justice-là (mais de ces choses-là, on ne parlera pas)

         On a retrouvé des papiers dans la maison verte, dans le tiroir de la commode de la salle – la police a fouillé sans doute, mais ça n’a pas à apparaître – tout est fini, il a remis son panama et ses lunettes de soleil et s’est dirigé vers la gare – il y avait aussi une espèce de nécessité à en faire quelqu’un d’autre

Alors reprenons, depuis lors ce livre-là a été mis en images comme on dit par un réalisateur maniéré et en exil. Publié en 2017 – en livre de poche 2018 – j’aurais bien aimé me souvenir des circonstances dans lesquelles j’ai entendu parler de lui (le livre pas l’ordure) (beaucoup de mal à comprendre la démence qui a emporté ce type – est-ce de la démence ou de la simple (dé)raison prise dans les rets de l’obéissance ? ) – le monologue intérieur ne me conviendrait pas pour lui je suppose – des difficultés à faire tenir cette extension dans le portrait d’une Norma un peu différente (cette femme assez âgée qui servait dans un restaurant des bords du canal)) – le passage de vie à trépas (cette affaire est déjà toute préparée) suivant un contrat sûrement organisé (par qui ?) aurait lieu cependant dans ces heures ces moments ces temps-là (la crevure s’est noyée le 7 février 1979 sans qu’il ait été possible de mettre la main sur lui : j’ai relu le livre, depuis, et certaines circonstances ont eu raison du hasard pour qu’il échappe au sort de, un exemple au hasard à nouveau, cet autre Adolf pendu haut et court (sort qui aurait dû, en toute justice peut-être bien échoir au maréchal (nous voilà) (il y en a d’autres mais celui-là, sur son île…) et à ce maurice odieux qui vivait (si mes souvenirs sont bons), dans une espèce de pavillon sis à Gretz-Armainvilliers (il en a même été maire) – on n’en finirait pas) (on n’en finira donc jamais)

          Le sentiment que tout ça ne sert à rien – qu’ai-je à dire ? qu’ai-je à en dire ? non, ce n’est pas moi quelqu’un des miens sans doute mais pas moi – «des miens » est une illusion, rien n’est à moi, rien n’est à eux, nous agissons sans savoir vraiment ce que nous faisons puisque, si nous le savions nous ne le ferions pas – tu vois le délire… ce serait tellement plus simple si oui en effet, nous faisions ça en pleine conscience et en pleine gloire fierté grandeur et reconnaissance de ce que nous sommes et faisons pour le pays, la terre, la planète et le numéro trois de cet État promis à vivre dix siècles, au minimum, dans les siècles des siècles – pour l’argent que nous en tirerions l’or les pierres (les pierres) les diamants – lorsque nous en aurions eu fini, nous aurions établi un quatrième État, et celui-là sera assis et tiendra nos promesses durant mille fois mille ans – nous changerions d’ère – les maîtres et l’obéissance – la foi, la foi, nous y croyions nous savions avoir pour nous la force de la foi (pour ce qui est de la loi, nous savions la tordre pour qu’elle nous obéisse)

Écrire quelque chose, est-ce faire exister ? Il y avait aussi l’exigence de faire quelque chose qui dure un moment quand même – un moment un peu plus étendu, tirer faire aller jusqu’à la fin tirer à la ligne étirer continuer écrire encore et encore – et encore

          Il s’est marqué une ouverture : sa présence ce matin-là, le jour suivant – en vrai le même, mais la nuit changent les choses – le jour se lève et tout est accompli – au début elle entrait comme tous les matins et voyant la scène, elle laissait tomber son assiette ses fruits ses tramezzini – les objets sont aussi à prendre en compte : ces assiettes, ces morceaux de pain de mie, ces tranches de tomates, ces fruits, ce qu’elle apporte et qu’elle donne – oui d’où tire-t-elle tout ça ? – mais ce n’était pas la bonne sortie parce qu’il lui faut une bonne sortie à elle comme à l’autre, là, celui qui s’en est allé dans le même temps, à peu près, ce mardi matin-là – rien, ne rien dire, n’en rien dire et laisser les choses se passer et se traduire en images – et non, elle ne laisse pas tomber son assiette, elle voit sans doute ce qu’on ne dira pas, mais elle pose son offrande et s’en va – elle ne crie pas, ce n’est pas qu’elle s’y attende non plus, c’est un peu comme si c’était dans l’ordre des choses – il est sept heures et demie du matin, comme tous les matins il est sept heures et demie – le jour point et sans doute quelques volatiles s’envolent-ils dans un ciel qui s’illumine – une ouverture, elle s’en retourne chez elle et, comme l’autre là, avec son panama et ses lunettes de soleil (cet autre là qu’elle n’a jamais vu et qui n’existe pas pour elle) ce matin-là, elle disparaît

il est arrivé trois mois plus tôt (d’où venait-il ? pourquoi ici ?) et dès qu’il a été là, elle l’a su – il était installé sur son rocking-chair, la véranda au bois jointé et le vent léger et doux, il ne regardait rien mais son regard avait quelque chose d’apaisé : il n’attendait plus rien crut-elle y lire – elle, elle se trompe, sur toute la ligne, elle ne sait pas qu’il s’agit d’un bourreau, un tortionnaire et c’est certainement parce qu’elle a déjà souffert plus que possible qu’elle ne veut pas voir et ne veut pas s’attarder : elle ne veut pas (ou alors elle ne le peut tout simplement pas) se souvenir – tout, tout est neuf, tout est nouveau tout est propre et sain – tout est propre comme tous les jours, ce matin, la toilette au lever, les plis les aines les aisselles et les orifices les rides et les yeux et tout les vendredis se tondre les cheveux – paraître sur sa propre véranda, en blouse à fleurs dans les bleus dans les verts les manches longues serrées aux poignets – apporter à manger, et des fruits, nourrir ceux qu’on aime, y a-t-il au monde quelque chose de plus beau ?

en réalité (je ne sais pas bien si ça existe, quand on écrit), les trois personnages n'ont rien
 ou seulement que peu (un décor) en commun :
- un vieux débris pourri, 
- une vielle femme folle (qui,cependant,donne au tout son prénom), 
- un espion aimant la perfection et la disparition des traces (car ôter la vie au vieux salopard
 en fait disparaître l'existence même, très probablement - quoi qu'il en puisse être, il n'existe
 pas - ou il n'existe plus - ou on n'en entendra plus jamais parler) - la "panne" dont il est
 question était au centre des agissements de ces moments-là - depuis (dit le déroulant "propriétés"
 sous l'onglet) (onglet ?) le 27 janvier de cette année-ci (le texte a été écrit d'une part, il 
y a un bon moment (les ateliers d'été de 2020 dis-je au hasard), mais aussi repris quelque part 
par là (dans les pdf de ce word-press-ci il doit en rester une version) - les allongements peut-être
 en italiques (je ne parviens pas à poser dans le texte ici ceux qui figurent dans l'original - 
je pose une image du texte :peut-être aurais-je dû en faire autant pour tout le texte d'ailleurs 
mais je n'en ai pas eu l'idée : c'est trop tard...) - ça ne fait rien, c'est un atelier - 
il se peut que j'avance, pourtant (il y a quelque chose qui ne veut pas faire avancer,notamment
 cette alternance italique ou droit qui n'est pas censée recouvrir les distinctions et retours à la ligne, les marges - en faire système ne convient pas non plus)



(avec toute ma gratitude et mes remerciements)

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