Pendant le weekend

Auto-formation

Lorsque le travail s’amoindrit, il reste au sociologue à se former : ça se passe tout le temps, évidemment, ce genre de type n’arrête pas de lire (ça lit : « Travailler à en mourir », P. Moreira, H. Prolongeau, 2009, chez Flammarion ; ou une thèse, « La poursuite du divin » obligeamment envoyée par son auteure, Clara Lamireau, croisée sur le site Scriptopolis – car le sociologue lit aussi les blogs ou les sites des autres régulièrement). Ca lit aussi le dernier Dona Leon, comme « la Bâtarde » de Violette Leduc, « Les Années » d’Annie Ernaux, ou « A petit feu » de Georges H. Johnston, ou encore « Regards sur la crise » transcriptions d’interviews menés par Antoine Mercier sur France Culture. Chez lui, dans le métro ou ailleurs.

métro11

Comme ce sociologue-ci (cessons, c’est moi) aime la photographie, et les images fixes et animées, sa curiosité l’a tout naturellement (comme disait Chirac trois fois par phrase) porté à regarder les enseignements de ce champ, et puis feuilletant les blogs, à fréquenter celui d’André Gunthert (qui suivait la bataille des étudiants l’année dernière SLRU)  et à suivre ses séminaires. Régulièrement. Nul doute que suivre les cours du Collège de France ou de l’Université de tous les Savoirs (ou les conférences du Collège de la cité des Sciences) serait le fait de personnes tout autant diverses du point de vue des âges.

gens 104
Cette fois, il s’est agi d’une « masterclass » : un lieu où des professionnels viennent parler à des professionnels (m’a-t-il semblé comprendre) (m’a fait penser à la résistance, radio Londres, et par les temps qui courent…). A l’invitation de Christian Delage, historien (de l’image), André Gunthert (encore lui) est venu présenter son travail de secrétaire de rédaction puis de blogueur (agrégateur de blogs, réalisateur d’agrégateurs, ce qu’on voudra mais dans le champ du virtuel – ici).  J’y suis allé pour l’intitulé mais aussi parce que cela se déroulait au 104 : j’aime quand les choses (me) sont accessibles  – et j’habite le 11° limite 19° : le 104, (de la rue d’Aubervilliers) n’est pas très loin. J’y suis allé, et j’y retournerai les 12 février et 5 mars. Pour de semblables « masterclass ». (ci-dessous A. Gunthert, debout devant son ordinateur, C. Delage assis lui posant une question).

Masterclass1

Internet, réseau créé par le monde scientifique (ou militaire, je ne sais plus bien) pour le monde scientifique (ou…) s’est développé plutôt dans d’autres parties du cosmos (comme dirait je ne sais plus qui), la littérature, la pornographie, les actualités, les jeux en ligne, la musique, les vidéos etc etc…  N’importe, un agrégateur de blogs, c’est aussi ce qu’est « Pendant le week end », et donc je me suis permis de poser la question du modèle économique (puisque je sais bien que celui-ci n’existe pas). Les chercheurs (ce que je ne suis pas) ne s’en embarrassent pas : la rétribution, pour eux, c’est de faire avancer leurs recherches. Je veux bien l’admettre. Et d’autant plus aisément que, sans cela, je ne me serais pas trouvé là, auditeur libre d’un séminaire masterclassisé sans doute mais à la disposition de quiconque et n’importe qui (ou presque).

Mais nous, cependant, comment faisons-nous ? Notre rétribution, certes, est d’être lus, notre chance de pouvoir nous exprimer, mais comment faire ? Et les auteurs de littérature, comment faire ? D’ateliers d’écriture en résidence ? Programme compliqué pour les artistes, comme toujours ?

Ensuite, vint un critique de cinéma (Hervé Aubron)

Delon 1

qui nous entretint de F.W Murnau : un puits de science, et c’est ça qui est important : tenter de savoir, de retenir aussi, se consacrer à ce que ceux qui sont venus avant nous ont fait.

Nosferatu

Ce matin, je suis allé voir l’exposition « Delpire et compagnie », juste une merveille mais qui se termine dimanche 24. Voilà. Lorsque le travail se termine, il continue encore : on pense, on regarde, on s’instruit.

delpire

Cet après midi, je suis allé écouter la lecture d’Anne Savelli à la Bellevilloise (c’est juste à côté de chez moi, mais dans le 20°). J’y ai rencontré quelques amis, très bien, un ténor – baryton ? basse ? – du Parti Socialiste, -moins bien mais qu’y peut-on ?-

AS Bellevilloise

Lecture au milieu de serveurs affairés, de personnes qui passent, portant trépieds, caméra, sans regard ni écoute, quelque chose comme une disjonction de l’espace et des choses, un déni des alentours, comme au cinéma… Et puis le samedi se termine (bien)…

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8 Comments

    André Gunthert, Murnau, Delpire, Anne Savelli… rien que du beau monde, un cocktail peu mondain (Nosferatu va bien ?) en somme mais l’interaction des mondes aimés et des quartiers fréquentés…

    Bien, les photos, j’ai pensé au film Solaris.

  • C’est que ça donnerait envie de retourner au 104, tiens !
    Beau billet, en tout cas…

  • Oui voilà, justement je conseillais ce livre (Stanislas Lem, ou le film aussi tiré du bouquin) il y a quelques jours… Merci de la visite, Chasse-Clou!

  • Le lieu est magnifique, toujours (j’ai passé le bonjour à la libraire…)

  • Amusant, car, à ma grande honte, je n’ai pas lu les billets précédents et celui sur Stanislas Lem : c’était donc de la rétro-fiction !

  • quelle chance, Anne Savelli pour du vrai ! (avec des vrais morceaux d’Anne Savellli dedans ?!) sans compter tout le reste avant, autour…!

  • Mais oui ! Elle était là… et éclipsait bien sûr l’ectoplasme qui descend les marches…

  • […] écoute. Déjà, cette master-class (il faut sacrifier à l’anglais) a été l’objet d’un billet : la seconde, non, mais il s’y agissait aussi de la mémoire. Ici, pour la troisième et […]

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