Pendant le weekend

Carnet de voyage(s) #40

Il y a entre la Corne d’Or et le Bosphore un quartier nommé Béyoglu (la Turquie aime les U, K, Z et autre : Mustafa Kemal, dit Atatürk a donné à sa langue des visages gracieux, phonétiques, amusants et drôles parfois mais je ne sais dire que « au revoir pour celui qui reste » – gülé gülé – mais des formules de politesse, nenni -pardon se dit pardon en même temps, et merci aussi). Lancés sur la Corne d’or sont deux ponts, et bientôt un troisième qui, probablement remplacera le deuxième. Le premier sépare la Corne d’Or (une sorte de fjord) de la mer de Marmara, il est bleu, se nomme Galata. Ici, l’homme se penche, il regarde vers le bas où on trouve nombre de cafés restaurants, au fond de l’image, on aperçoit le nouveau pont qui précède (ici c’est invisible) un autre sur cette sorte d’embouchure.

Le bleu du pont, du ciel, de l’eau. On marche, on va ici, ou là, on avance, on mange une pide (pizza en forme de bouche semblablement agrémentée que celles qu’on trouve ici), on  marche la colline, le temps passe, la nuit tombe, et s’éclaire le pont du Bosphore

de plus près il ressemble à celui de Brooklyn, mais ici, non, de si loin, même dans le nuit le bleu, les bateaux continuent leurs manèges, vont, viennent, toujours pris d’assaut, toujours ce monde, cette humanité bigarrée, joyeuse, vivante et accorte. Au loin brille le bac qui vient d’Asie

et qui tout à l’heure partira d’Europe

sur le quai quelques voitures attendent

la nuit, le bleu et le vert, l’orange, les rues cette librairie qui évoquerait le Styx si l’humeur y portait

mais comme quelque chose n’y est pas, en empêche, l’esprit n’y est pas même si, toujours présente, cette pensée, mais non, on marche, on rentre on dort, le lendemain on se promet d’aller visiter cette citerne

réserve d’eau, basilique, qu’en sait-on, au fond du fond de cette gigantesque piscine (il semble que James Bond y jongle dans « Bons baisers de Russie » – je ne m’en souviens plus) mais le lieu est gardé

les socles de deux des trois cent trente six colonnes sont des têtes de méduse, ainsi s’explique les parcours, mais à l’entrée, moyennant quelques lires, on peut revêtir l’habit de sultan, celui de sultanne, se faire photographier

le touriste sait s’amuser, c’est bien connu, l’entrée de cette basilique vaut dix lires, on en sort, on prendra le tramway

l’Istanbul grise du matin, froide tant que les machines d’air conditionné paraissent déplacées

on s’arrêtera au bord des fortifications qui forment un mur (manque la photo), le gris les murailles qui protégeaient Constantinople, on les longera, l’autoroute à notre gauche, l’herbe qui pousse, les gens qui vont, viennent, avancent vers les portes, entrer à nouveau dans l’enceinte, dans l’emprise (j’aime ce mot depuis que je l’ai vu écrit ici ) on recherchera cette église où les mosaïques sont les plus belles de la ville et du monde byzantin, et en effet

on la trouvera, Saint Sauveur in Chora, église convertie en mosquée, puis en musée (en 1948); on y entre donc pour quinze lires, le lieu est vide, les murs, les fresques, seuls sont à admirer (admire-t-on dans un musée ? je ne sais)

 

certains loueront des casques audio-guide, on verra une représentation de celui qui a bâti là cette église ( Théodore Métochitès) en présentant une représentation à un Jésus Christ assis

une sorte d’abîme, des marbres au sol

des marbres et des fresques aux murs

une église un musée, dans un quartier un peu éloigné du centre, le mur de Constantin, on s’en ira (j’achèterai à un vieillard, devant cette église, un fez, un tarbouche, un couvre-chef, rouge muni d’une petite queue tressée noire, plus au vieillard que pour l’objet lui-même), marchant dans les rues, une ville magnifique

dans les ruelles d’un quartier, une urbanité, une gentillesse toujours

 

un monde, des enfants qui jouent, des passants parfois affairés, un air tranquille et coloré

la quiétude, en forme de parabole, au loin le Bosphore, la mer, le bleu, et ici un homme, au coin de la rue

 

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