Pendant le weekend

Carnet de voyage(s) #50

C’est un matin qu’on ira à Athènes. La veille, sur le chemin qui de la poissonnerie va à la voiture, le matin,

il m’en fallait un, on aura croisé un pope (il vit juste là, il y entre, il y va). Il y aura eu, la veille aussi, les cloches qui auront sonné à la petite église du bout de la rue

juste avant d’arriver à la plage. Il y aura eu, aussi, des excursions dans l’est de l’île, des vagues énormes, le vent du nord et la mer Egée, à peine déchaînée. La voiture, le bac.

La mer. Les bacs qui stationnent

on les repeint (nous n’aurons pas la chance d’emprunter le jaune, mais tant pis, il sera repeint de frais : devant lui, un pêcheur sur le port fera son office, on le garde pour un prochain épisode du carnet). De l’autre côté, après avoir croisé bateaux

au loin montagnes et sur la mer, les mouettes qui s’installent à des points stratégiques

un matelot gaucher aura apposé quelque autocollant (après la peinture)

on descendra, arrivés à Oropos

quand le type se sera poussé, le pont se sera abaissé complètement et qu’il nous aura fait signe de descendre. Au loin, il y aura Athènes, et le musée de l’Acropole qui n’est plus sur les hauteurs. Des uniformes

des casquettes, des bras de chemise, des marins qui viennent en visite

(j’aime cette amorce, cette robe fleurie, ces cheveux gris et le regard caméra de la jeune fille accoudée), il y aura de jolies petites sculptures de bronze, ici un lion estampillé quinze

là, deux autres fauves (sept) se partageant une brebis

et cet adorable enfant sans numéro chevauchant un dauphin

et les fonds métalliques sur lesquels apparaissent ces objets ont aussi une qualité, une présence (ici, beaucoup de gens, mais aussi des objets, et des réalités captées par des photos, on ne sait pas exactement ce qu’il en est quand on les attrape, et les voilà qui se rappellent au souvenir, ils n’y étaient pourtant pas, mais sûrement, puisque sur là dans l’image ils se trouvent, sûrement, ils y étaient aussi, sûrement, lors de la prise de vue). Au loin, on apercevra l’église Saint Georges (tout comme le château domine l’Alfama et Lisbonne)

sur la colline du Lycabette (on n’y montera pas), puis l’Acropole en travaux (on n’y montera pas non plus)

un drapeau qui se cache, l’ancien musée

et le presque regard caméra de ce visiteur

Les amies greques nous inviteront à manger (je ne sais plus le nom, des épinards et du fromage dans plusieurs feuilles semblables à des bricks – il suffit de chercher, c’est de la spanakopita – , une salade, de l’eau fraîche, du fromage et des fruits : une merveille, qu’elles soient ici remerciées), puis on reprendra le métro. Quelques détours plus loin, comme des ruelles de souks d’ailleurs, ici des figurines de lion de bois

le vendeur assis sur son tabouret et son séant (zeugme)

s’en ira plus tard

les vendeurs se trouvent au milieu des rues, on achètera quelques souvenirs avant de rejoindre le métro

c’est le jaune qui m’a plu

dans cette station du métro nommée Monastirion

(la voiture laissée garée dans un lieu éloigné du centre), y retourner et s’apercevoir de ces plantes vertes qui soulignent le quai et de cet homme, en jaune, bras croisés, qui sait qu’on prend la photo, parce qu’il est en jaune sans doute, et puis la route

il est six heures, on la reprend, on attendra un moment le bac, comme d’autres

il y aura du soleil, il y a du soleil, aujourd’hui, ce matin le tonnerre ici a grondé mais ces images-là

cet homme qui téléphone

dans le soleil, on croisera le bac, en sens inverse

puis cette plage qui scintille

où on ira ensuite, où un homme lavera quelque chose dans un sac de plastique

tandis que sa femme sur le chemin téléphone

au loin veillent les montagnes

le jour s’en va, on reviendra, là le troupeau des montons qui paissent

le signe du berger, ses mots, sa gentillesse comme une étioile, puis passer devant ce chien qui aboie sur tout ce qui bouge, sa laisse une chaîne ses cris

sa hargne, la chaleur du soir, les gens qui rentrent de la plage

cette chaleur, ce voyage, cette grâce dans les cieux, cette sensation d’appartenir à quelque chose, quelque part, une région comme une terre, ces arbres et ces parfums, cette terre rouge, cette sensation

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