Pendant le weekend

Journal des Frontières #samedi fin d’après midi

 

 

Pour partir, désormais en train, sacrifier à une sorte de rite idiot

1. bastille génie 260316

histoire de fonder le voyage sur de bonnes bases, ou de bons auspices, il n’est pas si tard (l’heure d’été n’oeuvrera que dans un peu moins de 9 heures)

2. GdL 260316

en gare l’air est saturé de messages, les yeux, les oreilles, les narines, tout y contribue, voie M comme Montigny (sur Loing)

3. GdL 2 260316

dans le train les gens dormiront (photo manquée), on croise le métro (là-bas, sur le pont sur la Marne, la ligne verte qui de Balard va à Créteil, en passant par la République et vice versa)

4. balard créteil 260316

l e train commence à foncer

5. dehors 1 260316

(on prend le train

6. dehors 2 260316

en ville on aime la voiture parce que on est en ville mais on ne peut l’utiliser : nous sommes trop à l’aimer, sans doute, cette affaire de liberté et de conduite intérieure) Montgeron-Crosnes est doublé

7. dehors 3 260316

jour finissant dans la qualité des bleus

8. dehors 4 260316

aiguillages traverses une blackette depuis un moment ne cesse d’invectiver quelqu’un (ça se passe au téléphone) auprès semble-t-il de quelqu’un d’autre à qui, tous les trois mots, elle donne du « mon frère »

9. dehors 5 260316

tout à l’heure sa copine de taille copieuse se coupera les ongles (les moeurs ferroviaires, les enregistrer)

10. dehors 6 260316

tout ce joli monde descendra à Melun, puis on doublera ici ou là, la capitale se souvient

11. lion avon

passent les ombres, encore un moment

12. dehors 7 260316

forêt, cieux, arbres nuages horizon infini

13. dehors 8 260316

lignes pylônes il est rare qu’on fasse le point, le train fonce bruits balancements des enfants jouent chantent rient il est tard on a soif faim un type ouvre avec un passe-partout probablement personnel la porte des toilettes

14. Moret 1 260316

on dépasse Moret

15. moret 2 260316

c’est qu’on va vers une exposition

15b. Moret 3 260316

il y aura encore des arbres des talus et des branches

16. dehors 9 260316

il fait doux, on descend du dur, on descend la rue qu va à la bibliothèque, « quelle heure est-il quel temps fait-il » (c’est une chanson qui continue et dit « j’aurais tant aimé cependant/gagner pour vous pour moi perdant/avoir été peut-être utile » mais elle est d’un autre temps, d’autres moeurs, d’autres façons de vivre, justement, tiens) montant l’escalier on tombe sur cette femme accoudée au bar

17. expo vieille dame 260316

(non pour le point, en effet, il faudrait repasser) mais c’est l’accord des rouges des gris et des noirs, un vernissage une exposition de photographies, cette sincérité dans un regard qui ne trompe pas

18. Regard caméra 1 260316

non plus que dans celui-ci

19. regard caméra 2 260316

indiquant tous les deux l’estime dans laquelle on tient l’opérateur, ici c’est sur le quai de la nouvelle Barcelone, un homme qui baille

20. bailleur 260316

là sans doute à Londres des banquiers ou quelque chose de cet ordre

21. banquiers 260316

je me suis permis de cadrer comme j’ai aimé ces photos (le photographe – François Boissonnet, qu’on remercie ici pour ses photos et sa générosité – disait, lors du discours, qu’il s’agissait là de photos d’amateur : je ne sais pas, ce qualificatif, pourquoi pas mais ce qui importe -comme on se le disait ensuite- c’est aussi ce qu’il y a dans la photo, ce qu’elle nous apporte, ce qu’elle nous donne, ce qu’on en retiendra peut-être) moi, ça a été cet enfant qui dort, sauvé c’est assez probablement certain

22. enfant samu 260316

on boit du punch (merci Sabine), on salue F. aux pieds nus, l’homme des berces de la promenade déambulation du centre social d’il y a peu, on salue la maire au nom de L’aiR Nu qu’on représente ici, on est en résidence (un salut à Sandrine) on parle on rit « tu as vu l’heure ?  » oui, non, déjà ? non, oui mais c’est le train, à heure fixe il passe, le voudrais-tu ou pas, il passe fonce avance relie freine s’arrête repart et repart encore de gare à gare de pays à pays, fonce sans s’occuper des lignes de frontière, il y a quelque chose avec les trains, évidemment depuis si longtemps

25. voies retour 1 260316

cette image pour le personnage créé par Joachim Séné, cette autre parce que il y a peu de monde vois-tu

23. gare montigny 260316

cette autre encore parce que on sait bien que loin ce n’est jamais qu’une distance, sois tranquille

24. téléphone alarme 260316

il est huit heures moins le quart, il fait doux, c’est le printemps, une voix intime de s’éloigner de la bordure du quai (la bordure du quai, la limite de la rive, la frontière entre la vie et le danger de mort), aux rails les prémisses de la rame qui fonce à toute allure

26. train passe 260316

dans la nuit presque venue passe le train et passent les secondes

27. train passe 2 260316

quelques heures au bord du temps, quelques instants de retrouvailles avec d’autres gens inconnus, on tisse, on parle on lit un peu d’eau qui sous les ponts passe s’enfuit sans jamais revenir ? un air de printemps, non il n’est pas tard et au loin, contrechamp arrive (à l’heure) le train du retour.

 

 

A la bibliothèque de Montigny-sur-Loing (sous le lien, les horaires d’ouverture), du 26 Mars au 12 avril, une exposition de photographies de François Boissonnet.

 

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