Pendant le weekend

Arno Bertina notes de séminaire 4

 

en fait 7° séance (mi-chemin)
3 avril 26 (séché celui du 28) (à peine moins de monde que pour Y. Pagès – 3 à 4 f pour 1 h) – les intitulés des séminaires s’exercent début janvier et sons susceptibles d’aménagement à mesure de l’écoulement des semaines suivant les allers et retours effectués durant ceux-ci, évolutions et non improvisations mais sans doute plus réinventions
insert : dans les « apostrophe(s) » du pivot, Modiano intervint 27 fois – il semble que ce soit (que c’ait été) lui le plus invité de l’émission –

ce jour, deux livres d’abord, puis trois autres

  1. Frédéric Boyer Si petite gallimard (directeur (pris sa suite à sa mort) POL (racheté par gallima)
  2. Natacha  Appanah La nuit au cœur galliam

1 – enquête sur quoi (les séances précédentes : C. Coquio : sur les victimes – témoins de quoi ? puis ne sachant pas nommer témoin de quoi – Jean Hatzfeld génocide rwandais : pas de témoin pas le temps de voir – peut-être plus homme-oreille – Svetlana Alexeivitch : rapporter les paroles femme-oreille – statut de l’auteur : enquêteur – mise en mots, transformation le témoin devient enquêteur – cf. Charlotte Delbo et les (autres) femmes du convoi – un système qui échappe à l’expérience; des mécanismes à l’œuvre réels mais peu sensibles; déterminer la frontière qu’il y a entre un témoin et un enquêteur (la réalité de la commande pour l’enquêteur n’est pas suggérée ndc) – frontière floue, habitudes et attentes de lecture : fin dix-neuvième (L. Demanze) – dans l’enquête on se trouve à la croisée de différents récits (victime auteur référents rapporteurs témoins etc.) – pour la même histoire puis celui de la justice – structure polyphonique – la place de l’écrivain qui s’invite dans l’écriture ? pourquoi se trouver dans cette arène-là ? face au mystère tous les discours s’annulent – les autres discours sont verrouillés pas ceux de l’écrivain un peu un punk débraillé qui arrive là et dit ce qu’il veut – non autorisé d’ailleurs de la littérature : la seule peut-être légitimité de l’auteur est son art du récit – son travail c’est cet art-là – habileté à conter, raconter les passions, faire entendre dans le récit fait parles autres ce qui ne va pas – peut mettre de l’empathie, la faire intervenir en se mettant à la place de l’un.e ou de l’autre, ne pas être dans le jugement une écoute plus ouverte;surtout une écoute des effets de langue; notamment ne pas s’attendre à ce que quelqu’un s’exprime « bien »; traquer quelque chose  de juste même si les formes ne sont pas respectées (grammaire syntaxe) -porter une attention supplémentaire à ce qui se dit ce qui s’exprime – par exemple le procès de France Telecom (Sandra Lucbert (non citée – ndc) s’est désolidarisée des autres (son propre livre : on ne va pas sortir les fusils au Seuil- ndc) qui chacun portait quelque chose de ces journées du procès (réunies sous forme d’un livre : La raison des plus forts aux éditions de l’atelier – non cité – ndc)  les choses s’expriment dans la langue de la justice – la contribution de AB à ce travail : la voix des suicidés s’exprime chez ceux (celle en l’occurrence) ne va pas écouter les oiseaux – ne nage plus avec les enfants – le goût de la vie perdu – des scènes d’enquête qui accordent plus d’importance aux signes des récits (augmenté du gout pour le terrain du fait divers) – plus à ce qui se dit qu’à ce qui a été tout en portant aussi l’attention sur tout le reste mais ces signes-là : supplémentaires – ; la passion n’est pas un obstacle; concerné et touché au premier chef, assumer l’absence de méthode et le désordre  – on sait d’emblée aussi plus qu’on enquête sur les choses que sur soi-même (autofiction par exemple) ; ce qui nous rend imperméable au monde; exemple Lucie Taïeb la nature ne revient sur le désastre écologique – à la frontière allemagne pologne – dérivatif à l’enquête l’un enclenche l’autre – ici Si petite : infanticide – recommandation de lecture – densité du texte s’interroge sur le mal (métaphysique) citation « toi à qui je m’adresse en moi » – une espèce de dédoublement : le fait divers comme un vertige, une exploration de la « réalité du mal » « nous ne voulons pas croire au mal que nous infligeons aux autres » – tout parle mais on n’entend rien –  la position de l’échec – une espèce de lien magique (que l’écriture) (parfois douteux -ndc) questionnement sur le mal – glissement du réel le plus rugueux à l’interrogation de et par la littérature – un peu pythonisse : Duras (cité par le rédacteur) lorsqu’elle infligea un »coupable forcément coupable » (elle était à mon sens journaliste – pas de l’avis du public d’ici) – nepas s’en tenir aux faits – ne pas en avoir peur non plus que de notre (nous : les narrateurices – l’inclusive est de mon fait – ndc)  impuissance face à eux (la part du diable) : (interpréter (ndc) un réel insoutenable et inaudible

2 – La nuit au cœur : relate trois féminicides (deux les femmes sont mortes, le troisième Natacha Appanah elle-même) enquête sur trois moments, la vie des trois femmes différentes,deux sont mortes sous les coups de leurs maris – elle, NA, de 17 à 25 ans sous les coups de son mari – n’a survécu que par une chance –   citation de Chahinez Daoud des articles paraissent sur ces faits – sa cousine ; le tout dans le contexte de #Metoo – un contre récit précautionneux : rendre justice à ces femmes  en en parlant de manière plus juste  –> rapport au lien magique : dire le monde de ces femmes  jusqu’à croire à leur présence – le récit comme tramé de trois voix :toujours se réveiller seule – y échappe miraculeusement, mais même détresse absolue, les deux figures dans la même identification – autorisation par les faits : le chapitre « la place imaginaire » : la convocation des trois hommes de portraits  une page et demie qui se terminent tous par « on n’imagine pas… » – devenir à son tour un petit bourreau – un parti-pris frontal

3 – Les enquêteurs masqués : Jack London, Nelly Bly et Forence Aubenas  – trois journalistes les trois avec un siècle d’écart –  savent ce qu’ils font se maquillent – il et elles ont besoin de prouver ce qu’ils savent intuitivement – la différence d’avec ce qu’explique Claude Simon « être attentif à c qui se fait dans le moment de l’écriture »  – l’acte créatif dans la littérature (Derrida non loin -ndc)  usent d’un déguisement tous les trois

parole à la salle : la place du de la journaliste, doit-il elle se dire pour ce qu’iel est ? un.e enquêteurice – un.e imposteurice ? (même si l’inclusive fait braire elle reste nécessaire sinon obligatoire – ndc) – des choses se disent dans certaines circonstances moins dans d’autres – partager le sort des personnes qui lavent les toilettes des ferrys pour Florence Aubenas qui se teint les cheveux en blond afin qu’on en la reconnaisse pas – (comme si nous n’étions pas tous et toutes des imposteurices lorsque nous sommes des subordonné.es – ndc) – les deux statuts (parler à visage « découvert » pour un.e journaliste qui se définit comme un journaliste ou prendre une place de la même eau que celles et ceux qu’on enquête…) – plus loin la place de l’écriture : la différence de l’écriture au discours (ou la différence inverse)…

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