2696 Dimanche 19 avril 2026
les paroles d’une chanson (texte : Allain Leprest, musique : Romain Didier; reprise par Olivia Ruiz (un de ses livres à lire emprunter quelque part) entre autres) (seulement elle finit mal – la chanson, pas Olivia)
Amoco Cadiz, amanite, Sahel
Chrysanthème, canine, morsure, varicelle
Mygale, tarentule, épine, porte-avions
Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom
Fourmilière, aiguille, acide et calice
Le Chemin des Dames, cercueil, cicatrice
Cyclone, ouragan, camisole, typhon
Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom
Guillotine, cirrhose, nuit blanche, les Baumettes
Mirador, Stasi, syphon, baïonnette
Fleury-Mérogis, la rue Lauriston
Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom
Amygdale, pavot, vérole, aspirine
Ecchymose, ortie, sanglot, carabine
Carmélite, javel, cobra, Charenton
Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom
Camora, péplum, cyanure, mafioso
Tien-An-Men, amen, rasoir et ciseau
Ostie, Vatican, Jean-Marie, mormon
Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom
Picador, arène, dollar et cédille
Ouragan, menotte, acide, Tchernobyl
Atome et neutron, neurone et citron
Et toi, c’est quoi ton p’tit nom ?

le #12 de construire
consignette : Qui parle dans le dire je – et qu’est-ce qu’on écrit et qui écrit dans les mots écrits –
(pioché quelque part dans la vidéo ou le texte)
Toujours. Ne cessons jamais, et je ne mourrai pas
(in Les routes de poussière de Rosetta Loy (traduit de l’italien par Françoise Brun) chez Liana Lévi (ses bureaux du côté de la rue des Écoles et de Compagnie-libraire – dans le sous-sol de laquelle on avait été voir les Pinçon Charlot et leurs Ghettos du Ghota – lui vivait encore et c’est de ça dont on parle)
oui c’est ça qui parle ? et d’où ? Est-ce ce je ? Ou est-ce cet autre ? on pourrait n’en faire que des questions : pourquoi suis-je là à écrire n’importe quoi n’importe comment (mais en italique) n’importe où ? ça sert à quoi tout ça demandait un chanteur, tout ça/ne me demandez pas de vous suivre – ou encore l’habitude nous joue des tours – ou encore la mémoire s’efface et nous nous en reconstruisons une nouvelle, plus belle plus élégante plus nocive plus noire nous élaborons, nous nous traitons et nous nous re-mémorons – parce que probablement nous sommes (où donc est passé le je?) complètement cons et que nous voulons avoir de nous-mêmes (où est-il ce je) une image bellement construite – probablement – nous redevenons ce que nous étions avant que d’être âgés différents vieillis ridés (le revoilà – et l’inclusive, on en fait quoi ?) – le temps passe les yeux se ploient s’assombrissent et se voilent les os se collent aux autres, les lombaires, les cervicales, « et puis du lit au lit » disait Brel – il vaudrait mieux se taire ou se terrer – mais c’est aussi que le style a changé, on a arrêté de se servir du point, on a cessé de fermer les guillemets ou les parenthèses – la barre d’espace ne fonctionne que mal, la touche du k est récalcitrante, je reviens en arrière pour réaffirmer les espaces suivant les virgules (car j’ai gardé les virgules) (tout comme j’ai conservé les parenthèses) est-ce pour se savoir vivant ? Existant ? Et les accolades on en fait quoi, des apostrophes (le billet de cinq cents qu’on brûle, le regard sous les jupes de l’autre cinglé de Bukowski – les souvenirs (tiens ça vient juste de tomber) de Sauve qui peut la vie (le travelling en vélo magnifique) ou les s’envoyer en l’air dans la campagne de La nuit américaine – qui peut bien écrire ? – qui voudrait écrire et quoi – à la table, le clavier, le Derrida dans son grenier avec ses trois mac et ses maîtresses – quel drôle de nom pour cette drôle de place ou de fonction ou d’attitude – le film de Barbet Schroeder (quel drôle de prénom) oui, alors voilà : la convention et le conformisme – se battre, n’en pas vouloir, chercher ailleurs autre chose pour faire du neuf (qui est un carré) ou alors de l’esprit (comme ces fantômes qui ne cessent de hanter les souvenirs) se servir de l’infinitif – changer de style, poser des dialogues (les jeunes gens aiment à se poser ) insupportables et iniques – il y avait un film je ne sais plus quel dommage (qui où quand) montrant une famille au déjeuner parlant des héros du feuilleton (on ne dit plus feuilleton, on dit série) – et aussi Le jour où mourut Gary Cooper – laisser tomber une référence ou un nom propre (propre) un pseudonyme ou un hétéronyme et le marquis de Pombal son lion à ses pieds au haut de la colonne non loin de l’hôtel Intercontinental ou Ritz ou quelque chose du luxe – le cocktail Bellini sur la terrasse du Gritti (add de 7h32 : l’image suffit) – en face de la Salute, la peste, le pont qu’on lance tous les troisièmes vendredis de septembre (j’invente – qui je? – mais c’est un souvenir) entre la piazzetta et l’autre rive du grand canal – un article qui indique ou demande ou prononce ou instaure son injonction en forme de question que restera-til de Venise dans soixante quinze ans d’ici – le Moïse – la peur de la guerre atomique et le détroit d’Ormuz – et puis oublier Norma
Continuer construire déconstruire souviens-toi
J’y retourne immédiatement (je l’ai déjà dit dans un commentaire – je pourrais poser un (ou le?) lien d’entreglose)



y retourner oui…. le pourrais-je ou le saurais-je ?