Pendant le weekend

Carnet(s) de voyage #58

C’est vers le soir

qu’on se décide à aller voir la mer

la plage est là

Barceloneta, les vagues et les bateaux, les baigneurs (comme il semble loin, ce moment : quatre semaines…) le soleil en reflet sur les tours, là

un hôtel semblable à celui qu’on trouverait à Lisbonne dans le quartier du parc des Nations, construit pour l’exposition Universelle de 98, je crois alors qu’ici, nous en sommes aux Olympiades de 92, même punition même motif

les hommes ne font plus que sporadiquement des guerres, ici et ici et encore là, là et là, oui et ailleurs mais dans ce monde occidental, probablement (occident de quoi ?), les joutes sportives les remplacent, demain en Russie (les prisons y sont pleines), ensuite au Brésil (on déplace des quartiers entiers, qu’importe, la cause est bonne), puis encore ailleurs, les comités se réunissent  et les jurys délibèrent

en passant deux photos de ces femmes qui parlent sur le pas d’une porte, en chaussons

ce qu’on aime c’est l’habitude qu’elles ont prise, comme demain nous croiserons des vieux hommes sur des bancs, dehors, la douceur, oublier la dureté du temps, nous avons (mal) dormi, debout nous avons marché sur le bord du port, la statue du Commandeur (Christophe Colomb, je crois) au bas des Ramblas

(l’inutilité monumentale) puis nous marchons, jusqu’à ce funiculaire (il est enterré et n’offre pas de découverte)

jeune fille au funiculaire et au chapeau d’argent

nous montions vers la Fondation Miro (à l’intérieur photos interdites

j’en pris une quand même) à l’extérieur la ville

les collines, au loin le parc Güell d’hier, la vague rose des maisons de la ville, l’architecture du musée dans les blancs

comme j’aime l’humour de cet homme, Juan comme il en est un Gris (ou un Clemente), ses étoiles, ses sourires robinets petites mains malicieux et espiègle, puissant et batailleur, révolté et coloré, une adoration, le vingtième siècle et le surréalisme, la joie de vivre mais la haine de la guerre, puis nous avons été voir

ce qui se tramait derrière la colline (on descend tranquillement, l’ampleur légèrement ridicule des cascades (la place des cascades, le musée d’art je crois, le coureur , les 4 colonnes

le tout dû à un robot), on croise des mariés

(sourire pour la photo), prendre des photos de photographes à l’aveugle

continuer et sous les arbres boire de l’eau, j’ai aimé aussi ces quatre personnes

les 4 catalans aux quatre colonnes

assises à l’ombre comme tous les jours, riant attendant, celui-ci avec une casquette

voici le cinquième, riant, discutant les uns avec les autres

on lui ménage une place, quelque chose de la connivence, de la vie commune, semblable, proche, quelque chose de cette ville de bord de mer orientée sud est, on prend le métro pour aller visiter CosmoCaixa le musée de sciences, on y est accueilli par un sous-marin comme à la Villette, on entre c’est une merveille, une descente en hélice, une sérénité on ne sait comment dire, on regarde

un père indique quelque chose à sa fille

(oui, il vaut mieux la doubler) au loin, un aquarium d’une beauté éblouissante, des arbres, des herbes des poissons

des algues

de l’eau, puis retrouver le ciel

(contrechamp l’ancien musée, je crois)

la ligne des parasols, la ligne de l’antenne,  le ciel, une merveille, et puis, temps de partir, retourner, revenir

chercher les petites valises, reprendre le chemin de la place de Catalogne, l’autobus

se tromper de destination de terminal, changer, se faire houspiller (on ne change pas de bus pour l’aéroport aussi simplement qu’on boit un peu de vin, non), on finit par redémarrer et l’aéroport j’ai oublié comment on le nomme

qui ressemble à tous les aéroports du monde luxueux, je suppose, celui de Lagos, celui d’Aden qu’en savoir ? des endroits où se croise la crème et les voyous, sans doute, il y avait là un sportif je n’ai pas réussi à le capturer, ce n’est pas qu’on crache dans la soupe, non, car de la crème on en est, on le voit bien, on le sent même si on ne s’y sent pas bien, même si les matières et les objets y sont trop luxueux, les sourires et les gestes trop affectés ou obséquieux, on voit bien qu’on n’appartient guère à ce monde-là, et pourtant si, le veut-on, ou pas, le déni n’en fait rien, le voyage est aux riches, les hôtels et les bagages, les avions et les bus « pullman » ou « directs centre ville ».

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3 Comments

    une qui voyage plus bien contente de vous suivre (et d’aimer comme vous l’urbanité des vieux méditerranéens, Juan Miro), de partager vos idées, et de découvrir ce merveilleux musée

  • […] porte une casquette de même marque que le catalan vu la fois dernière, le soleil sur les murs, l’homme travaille à installer […]

  • […] aussi, ailleurs, des vieux qui restent là, prennent le frais, attendent, que la vie passe : CdV #58),  en avançant plus loin le coin du tabac, la rue descend vers une pizzeria où nous allions […]

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