Pendant le weekend

Oublier Paris #100 (1791 Vendredi 7 Mai 2021)

 

 

 

 

un coin de rue – le coin d’une rue – non loin de JPBB, sur le trottoir d’en face (il semble, d’ailleurs, que le local de JPBB soit de nouveau occupé) – il y avait là, il y a quelques années, un photographe qui s’était installé, qui avait conservé un des O du Bourdon, et peut-être bien le B –

en effet – bof le type a disparu –

en face donc, on a vu ceci il y a quelques jours

et on a donc cherché un moment ailleurs – on a intitulé la rue Rapho du nom d’une agence de photographie (faudrait pas se gêner non plus) et on a été voir donc grâce à cette magnifique technologie (on agonit la technologie – on ne peut s’en passer – on tente de se l’approprier : on l’abhorre quand même) (c’est qu’on déteste être enchaîné et qu’avant l’amour même, ce qu’on aime c’est la liberté) :

or donc, voici l’état des lieux en septembre 2008 (dans ces jours-là, elle s’éteignait) – aux pieds de la palissade, rien de végétal (l’image est taillée par le wtf algorithme de merdalakon)

(en haut gauche cadre, on reconnait à peine les rideaux de fenêtres de l’école qui étaient au reflet du JPBB précédent) en septembre 2010, on a repeint

mais on s’est déjà emparé du tableau beige (quelques brins d’herbe au bas de la palissade aux pieds de béton) – on change (bim en vert) en mai 2012 (on distingue mal les affiche à dominante rouge qui vantent cependant un concours de slam qui a lieu dans le bas de la rue de Belleville, tous les ans, vers ces époques)

(cachés peut-être par la palette – le lieu, souvent, fait office de parking, pendant le week-end) deux ans plus tard, en mai 2014

(volatiles droite cadre) une petite velléité avec chlorophylle entre la palissade graffitée et le rebord de béton beige –  juillet 2014

la végétation s’étend, prend quelques aises – pour en juin 15 (c’est du propre, avoue) (nettoyée, grattée lavée frottée)

en août 2017, sarclé, lavé, on tente de fermer l’accès en bas de la palissade ( on ne comprend pas, on est assez béotien, pourquoi ? bah)

cependant en bas du béton, « je suis de la mauvaise herbe » disait Brassens – mai 2018

un ego surdimensionné, un autre un peu moins, les herbes poussent tranquillement (ça gênerait qui ?) – mai 2019 : on rehausse (peu importe, n’importe quoi, on s’en fout on rehausse)

on aperçoit encore l’herbe folle sous les ordures entreposées là – une trottinette électrique qui apparaît – puis juillet 2020 foison

la constance de la liberté – je la double (j’aperçois seulement le « il ne suffit pas de passer le pont » écrit en clair – il en reste un peu)

de plus loin, non, je ne vois plus rien, je pars, je m’en vais

du côté de la rue Rampal (Benjamin, 1812 – 1879)

 

 

 

 

 

 

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2 Comments

    « on agonit la technologie – on ne peut s’en passer – on tente de se l’approprier : on l’abhorre quand même » OUI

  • La prochaine fois, tu installes un appareil photo télécommandé, planqué dans un arbre, et qui filme en accéléré la pousse rétive à tout « sarclage » municipal…

    Au fait : la rue Rapho s’impose pour les photos – et devant la rue Rampal, on pense évidemment : « Flûte » (et Dutronc) ! 🙂

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